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SOMMET DE PARIS SUR LE CLIMAT : les conditions du succès (2)

La Chine au présent | 01.12.2015 15h55

L'organisme qui fait autorité sur la question du changement climatique est certainement le GIEC. Cependant, à tout point de vue, le GIEC est une institution plus politique que professionnelle. Son nouveau président, le Sud-Coréen Hoesung Lee, diplômé de l'Université nationale de Séoul et actuellement professeur à la Graduate School of Energy, Environment, Policy & Technology de l'Université de Corée, est un professeur dans les domaines du changement climatique, de l'énergie et du développement durable, mais ses spécialités sont plutôt l'économie et l'énergie. De fait, le GIEC n'est pas à proprement parler un groupement d'experts ou un centre de recherches, mais plutôt, comme les autres institutions de l'ONU, un centre de conseil politique. Un grand nombre d'experts qui y ont travaillé ont exprimé leur désaccord avec les rapports du GIEC et certaines de leurs conclusions « scientifiques ». Et il n'y a presque aucune conclusion qui n'a soulevé d'objections de la part d'experts. Il suffit de consulter les interventions, les articles ou les rapports des membres démissionnaires pour s'en convaincre.

Pour envisager les choses sous un autre aspect, on constate que les scientifiques qui préconisent une théorie alternative sur les origines du réchauffement climatique font l'objet de toutes sortes de réprimandes. L'exemple le plus frappant est le cas de Willie Soon, astrophysicien américain d'origine malaisienne, qui attribue le réchauffement climatique à l'activité solaire et critique la théorie de « l'origine humaine ». On lui a collé sans tarder l'étiquette de « climatosceptique ». En février dernier, les médias internationaux dominants l'ont accusé d'avoir accepté pour ses recherches 1,2 million de dollars de la part d'ExxonMobil Corporation, affirmant que ses articles avaient été dénoncés par des journaux suivant une politique d'investigation des conflits d'intérêt. Mais, d'après Wikipédia, bien que ce soi-disant scandale dénoncé par une organisation radicale de défense de l'environnement ait été largement repris dans les principaux médias du monde, les accusateurs de Soon n'ont pas à ce jour présenté au public la moindre preuve. Pour qui se situe en dehors de l'affaire, il est vraiment difficile d'en connaître les tenants et aboutissants.

Il faut souligner que l'on observe depuis le début des phénomènes peu ordinaires autour de la question du changement climatique. D'une part, depuis l'apparition de la théorie du réchauffement planétaire dans les années 1980, malgré la controverse qui fait rage dans les milieux scientifiques, la communication sur ce sujet destinée au grand public ressemble à un lavage de cerveau. Alors que je vivais en France, les informations télévisées ne cessaient de me surprendre : presque toutes les informations parlant de catastrophes naturelles, dans quelque région que ce soit, concluaient sur le « réchauffement climatique ». Même au sujet d'un temps exceptionnellement froid, on en faisait là aussi la conséquence du « réchauffement ». Nombreux parmi les Français de ma connaissance semblaient trembler de peur à l'évocation d'un changement climatique qui signerait apparemment la fin du monde. Il faut parler aussi du documentaire Une vérité qui dérange d'Al Gore, ancien vice-président américain, qui a joué un rôle non négligeable. Après sa projection dans différents pays, une bonne partie du public fut convaincue de deux points clés : 1. le réchauffement planétaire est avéré et il produira des effets dramatiques ; 2. les activités industrielles humaines sont à l'origine du réchauffement climatique. Nous savons tous qu'il existe jusqu'à aujourd'hui dans les milieux scientifiques une vive polémique sur ces deux questions, mais le film de M. Gore les traite comme deux vérités incontestables. Son documentaire a été récompensé de deux Oscars et Al Gore s'est vu décerner un prix Nobel de la paix partagé avec le GIEC. Que celui-ci soit accordé à un film dont les thèses ne sont pas encore définitivement prouvées montre à quel point existe un désir de favoriser les partisans du réchauffement climatique. Le fait est que dans ce documentaire, bien des points de vue ne sont pas scientifiques. Claude Allègre, célèbre géochimiste français, lauréat de la médaille Wollaston, la plus haute distinction honorifique dans le domaine de la géologie, et ancien ministre de l'Éducation nationale, a critiqué ce film, trouvant qu'il « manquait de sérieux ». M. Allègre souligne une affirmation de M. Gore dans son film selon laquelle « la fonte des glaciers des deux pôles fera monter le niveau de la mer de six mètres et Manhattan serait submergée ». Une affirmation concrète, imagée et effrayante qui bouleverse ceux qui l'entendent (plus récemment, d'autres ont affirmé que Shanghai disparaîtrait sous les eaux pour les mêmes raisons). M. Allègre considère que cette affirmation est à cent pour cent trompeuse. Tout comme les glaçons dans un verre de whisky, la banquise flotte et sa fonte ne fera pas monter le niveau dans le verre, la glace en fondant retrouve sa densité de liquide. Laquelle des deux affirmations est la plus proche de la vérité ? Il est difficile pour le grand public d'en juger.

Non seulement les documentaires, mais aussi des films de fiction hollywoodiens ont désormais pour thème les désastres naturels. Ceux qui veulent montrer les conséquences catastrophiques du réchauffement climatique se font de plus en plus nombreux et exercent une influence considérable. On peut en citer plusieurs, comme Année 2012 et Après demain. Par ailleurs, toutes sortes de moyens politiques et administratifs sont mobilisés pour colporter au public la théorie du réchauffement. Selon les révélations des médias français, 500 jours avant la tenue de la COP21 de Paris, le ministre français des Affaires étrangères a invité au Quai d'Orsay pour un petit-déjeuner les présentateurs météo des principales chaînes de télévision et des stations de radio françaises, dans le but d'influencer leurs programmes dans le sens du réchauffement climatique. Et la manipulation d'informations dans les médias se fait plus fréquente : récemment, une photo choc a fait le tour du web montrant un ours polaire squelettique réfugié sur une plaque de glace avec la légende suivante : « La fonte des glaces due au réchauffement menace désormais la survie des ours polaires ». Une photo qui a provoqué de vives réactions dans le monde et qui pourtant est un montage pur et simple. On apprend ainsi que, s'il est vrai que la vie de cet ours est menacée, ce n'est pas par le réchauffement climatique, mais parce qu'il était blessé à la patte arrière. Est-il réellement nécessaire de rappeler que dans des conditions naturelles, un ours blessé meurt de faim lorsqu'il n'est plus capable de chasser ? D'autres photos prises par le même photographe montrent des ours vivant dans la même zone et dans les mêmes conditions dans un état tout à fait normal. M. Allègre a donc raison lorsqu'il accuse une sorte de « dictature de l'opinion académique » sur les questions du changement climatique qui étouffe les avis contraires.

Un autre aspect de la question est que ceux qui élèvent des objections se trouvent face à de terribles accusations dont la plus grave est celle de participer à un « complot », celui des « climatosceptiques ». Même des gens comme M. Verdier, qui ne doutent pas de l'origine humaine du réchauffement, mais expriment seulement leur point de vue, subissent des attaques cruelles, qui révèlent la dimension politique de la question du climat. Il semblerait aujourd'hui qu'elle serait plus menaçante et plus importante que tous les autres problèmes auxquels est confrontée l'humanité, qu'il s'agisse des famines, des épidémies, du tarissement des ressources hydriques ou la guerre jusqu'au chômage, la dette publique et la récession économique. Voilà donc un phénomène vraiment curieux ! Qu'est ce qui importe le plus à un citoyen français ou chinois : un réchauffement du climat de 2, 3 ou 5°C, ou la solution de ses soucis quotidiens ? Il y a quelque temps, on ne se serait même pas posé la question. Mais aujourd'hui cette toute simple question a subi d'importants changements. Et c'est pour cela qu'aujourd'hui, pour l'Élysée, la réussite de la COP21 prime sur la baisse du taux de chômage.


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(Rédacteurs :Yin GAO, Wei SHAN)
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