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La Présidente sud-coréenne Park Geun-hye destituée par le parlement national

Xinhua | 10.12.2016 11h23

Les législateurs sud-coréens ont destitué vendredi la Présidente Park Geun-hye, une chute aussi étonnante que rapide pour la première femme arrivée à la tête du pays, au milieu de manifestations qui ont jeté des millions de Sud-coréens dans les rues, unis dans une même fureur. Une fois dépouillée de son pouvoir, Mme Park sera remplacée par son n° 2, le Premier ministre Hwang Kyo-ahn, qui assumera la direction du pays jusqu'à ce que la Cour constitutionnelle nationale statue sur le fait de savoir si la destitution de la Présidente est définitive ou non.

L'abandon du pouvoir par Mme Park a amené le Premier ministre à ordonner au Ministre de la défense de la Corée du Sud de mettre l'armée en état de préparation accrue face à toute provocation potentielle de la Corée du Nord. Aucun mouvement suspect de celle-ci n'a cependant été signalé. La Cour constitutionnelle a jusqu'à 180 jours pour décider du sort de Mme Park. Elle sera officiellement démise de ses fonctions si au moins six des neuf juges de la cour soutiennent sa mise en accusation, et le pays devra alors organiser une nouvelle élection présidentielle dans les 60 jours.

Il n'y a pas si longtemps encore appelée la « reine des élections » pour sa capacité à faire gagner son parti, Mme Park a été littéralement assiégée dans la Maison Bleue, le siège de la présidence sud-coréenne, au cours des dernières semaines par des millions de Sud-Coréens qui sont descendus dans les rues en signe de protestation. Ils ont exprimé leur fureur face à ce que les procureurs appellent une collusion de Mme Park avec une amie de longue date pour extorquer de l'argent à des entreprises et donnant à cette confidente une emprise extraordinaire sur les décisions du gouvernement.

Chung Sye-kyun, porte-parole de l'Assemblée nationale, a déclaré que le projet de loi sur la mise en accusation de Mme Park a été adopté par un vote de 234 voix pour et 56 contre, 7 votes nuls et 2 abstentions. Ce chiffre a largement dépassé les deux tiers des voix nécessaires dans une assemblée de 300 membres, où l'opposition a même obtenu un fort soutien de membres du parti de Mme Park elle-même. Les législateurs des deux partis de l'assemblée faisaient face à une énorme pression pour agir contre Mme Park, fille d'un dictateur militaire encore vénéré par de nombreux conservateurs pour avoir sorti le pays de la pauvreté dans les années 1960 et 1970.

Néanmoins, son taux de popularité avait plongé à 4%, le plus bas parmi les dirigeants sud-coréens depuis l'instauration de la démocratie à la fin des années 1980, et même les conservateurs âgés qui avaient jusqu'à présent constitué sa base politique se sont éloignés d'elle. Un sondage d'opinion publié jeudi a montré qu'environ 78% des répondants appuyaient la mise en accusation de Mme Park. La dernière fois que les législateurs sud-coréens ont voté pour la mise en accusation d'un président remonte à 2004, quand ils ont accusé le défunt Président libéral Roh Moo-hyun de violations mineures à la loi électorale et d'incompétence. La Cour constitutionnelle avait rétabli les pouvoirs de M. Roh environ deux mois plus tard, jugeant que ses méfaits n'étaient pas suffisamment graves pour justifier sa destitution définitive. Les chances que la cour réintègre Mme Park sont en revanche considérées comme faibles parce que les charges qui pèsent contre elles sont beaucoup plus graves, mais la procédure pourrait aussi prendre de ce fait plusieurs mois.

(Rédacteurs :Yishuang Liu, Guangqi CUI)
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