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L'élan du marché immobilier chinois s'essouffle-t-il ?

Xinhua | 15.06.2017 08h25

Alors que le gouvernement central poursuit ses mesures de resserrement, une confrontation entre acheteurs et vendeurs semblent refroidir le marché immobilier et alarmer les promoteurs.

Les données officielles sur les ventes de logements en mai seront publiées la semaine prochaine. En attendant, les chiffres issus des promoteurs laissent entrevoir un refroidissement du marché.

Les ventes de China Vanke, le plus grand promoteur résidentiel chinois, ont reculé de 16,5% par rapport à avril pour atteindre 2,42 millions de mètres carrés en mai, avec une valeur en baisse de 14,3% en glissement mensuel à 35,89 milliards de yuans (environ 5,28 milliards de dollars), selon un communiqué de la société.

China Vanke n'est pas le seul promoteur à rencontrer des difficultés. Quelque 70% des 40 promoteurs immobiliers suivis par le centre de recherche sur l'immobilier CRIC ont rapporté une baisse de la valeur des ventes par rapport à avril. La valeur combinée des ventes de ces 40 sociétés a baissé de 10% en glissement mensuel en mai.

Selon Zhu Xu, secrétaire du conseil de China Vanke, la société prévoit une aggravation de la situation durant la seconde moitié de l'année.

Sur l'ensemble du pays, les ventes immobilières en termes de surface de plancher ont augmenté de 15,7% en glissement annuel durant la période janvier-avril. Cela représente une croissance rapide, mais moins élevée que celle de 19,5% rapportée sur les trois premiers mois, selon le Bureau d'Etat des statistiques (BES).

Ces signes d'un refroidissement du marché immobilier font suite aux mesures de plus en plus strictes du gouvernement pour mettre fin à la formation potentielle de bulles d'actifs.

La flambée des prix de l'immobilier, en particulier dans les grandes villes, nourrit les inquiétudes concernant des bulles d'actifs. "Les logements sont faits pour y vivre, pas pour la spéculation", ont déclaré en décembre les décideurs politiques.

Depuis fin 2016, plusieurs dizaines de gouvernements locaux ont adopté ou élargi des restrictions sur les achats de logements et augmenté l'acompte minimum requis pour obtenir un prêt immobilier.

L'essor du marché a également été refroidi par le relatif resserrement des conditions de liquidités, alors que la Chine s'efforce de limiter l'endettement.

Dans un contexte où la Chine s'est détournée de sa politique monétaire relativement souple, la banque centrale a maintenu inchangés les taux d'intérêt de référence, mais a utilisé des outils monétaires diversifiés pour assurer la liquidité et orienter à la hausse les taux d'intérêt sur le marché interbancaire.

La pression en matière de liquidité et le renforcement de la supervision financière ont forcé les institutions financières à resserrer l'examen des demandes de prêts, à limiter les prêts immobiliers et à accroître les taux d'intérêt de ces prêts.

Le ratio des prêts immobiliers sur les nouveaux prêts libellés en yuan a chuté à 40% en avril, après avoir atteint un pic de 100% en juillet.

Zeng Gang, économiste à l'Académie des sciences sociales de Chine, prévoit que les banques chinoises émettront cette année moins de prêts immobiliers, mais à des taux plus élevés, et se tourneront vers les prêts à court terme ou les prêts aux entreprises souffrant de conditions restrictives en matière de liquidité.

Le resserrement croissant de la politique de prêts exercera une pression supplémentaire sur les ventes de China Vanke, note Zhu Xu.

Zhang Dawei, analyste de Centaline Property, explique que la confrontation entre acheteurs et vendeurs continuera. M. Zhang prévoit qu'il faudra plus de six mois pour que les politiques restrictives engendrent une baisse manifeste des prix.

Selon des analystes, les politiques restrictives pourraient peser sur les investissements dans la promotion immobilière, freiner les activités de construction et accroître les pressions sur l'économie.

Zhao Qingming, économiste en chef de China Financial Futures Exchange, prévoit un ralentissement modéré de la croissance annuelle des investissements dans la promotion immobilière au second semestre, lesquels avaient atteint 9,3% sur la période janvier-avril.

La croissance du PIB chinois s'est élevée à 6,9% au premier trimestre de l'année, contre 6,8% au trimestre précédent et 6,7% sur l'ensemble de 2016. Le gouvernement table sur une croissance annuelle d'environ 6,5% en 2017.

(Rédacteurs :Yishuang Liu, Guangqi CUI)
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