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Les jeunes Chinois particulièrement instables dans leurs premiers emplois

le Quotidien du Peuple en ligne | 10.08.2018 15h07

Selon LinkedIn, les jeunes demandeurs d'emploi chinois nés en 1995 et après sont plus susceptibles que les autres de quitter leur premier emploi dans les sept premiers mois en moyenne.

Le site de réseautage social axé sur les entreprises a analysé les profils publics de 150 000 utilisateurs et a constaté que les premiers emplois n'étaient guère idéaux pour beaucoup. Généralement, plus une personne est jeune, plus la durée de son premier emploi est courte.

Les personnes nées dans les années 70 quittent en moyenne leur premier emploi après quatre ans de travail, un chiffre qui tombe à 3,5 ans pour les personnes nées dans les années 1980, à 19 mois pour la génération postérieure à 1990 et à 7 mois pour ceux des années 1995.

Le rapport indique également que les jeunes nés dans les années 1990 changent souvent de premier emploi parce qu'ils sont plus indépendants, se soucient davantage de leurs sentiments et cherchent à réaliser leurs propres valeurs plus que les générations plus âgées. Une autre raison est que ces jeunes ont un plus grand sens de l'accès aux informations et aux opportunités de carrière.

Bien loin des rêves – « Le travail n'est pas celui auquel je pensais »

Née en 1994, Guo Xia a obtenu son diplôme de l'Université d'études internationales de Xi'an en juillet dernier, et en moins d'un an elle a déjà changé cinq fois de travail.

Après l'obtention de son diplôme, Guo Xia est entrée dans une société de ressources humaines de Xi'an, et chaque jour elle faisait des heures supplémentaires jusqu'à tard dans la soirée, mais il lui fallait aussi apprendre à se débrouiller avec des gens différents. Se sentant complètement perdue, il ne lui a pas fallu bien longtemps pour prendre la décision de démissionner.

Après cela, elle a trouvé trois autres emplois à Xi'an, mais elle a continué à démissionner rapidement. Au début du mois de juin de cette année, Guo Xia a pris un train à destination de Hangzhou, où elle a choisi une société du secteur de l'Internet, mais après y avoir seulement travaillé pendant deux semaines, elle en est aussi partie. Aujourd'hui, Guo Xia est rédactrice en chef dans le secteur des nouveaux médias dans une pension de famille, son sixième emploi après l'obtention de son diplôme.

A propos du salaire – « Le salaire est trop bas, pas suffisant pour subvenir à nos besoins »

Née en 1995, Xu Na a quitté son emploi dès le quatrième jour à cause d'un salaire trop bas.

Diplômée de l'Université du Heilongjiang en juillet dernier, elle est entrée début juillet dans une compagnie d'assurance à Beijing, mais après quatre jours seulement, elle a démissionné.

« Le travail était très fatigant, il n'y avait pas de salaire de base et ce qui était proposé était à pleurer tellement c'était bas », a déclaré Xu Na.

Après sa démission, Xu Na a logé dans un petit hôtel, dans une chambre de 8 personnes. S'agissant de son lieu d'habitation, elle n'a pas d'exigences très élevées et trouve que sa vie actuelle n'est guère différente du dortoir de l'université et de ses lits superposés.

Malgré tout, Xu Na reste très optimiste quant à son cheminement de carrière. Comme elle le dit, Beijing est si grande qu'elle est sûre d'y trouver un emploi convenable.

L'impulsion – « Si vous êtes trop loin de chez vous, vous démissionnerez »

Née en 1994, Zhang Yi, après avoir été diplômée l'année dernière d'une université de la province du Shandong, est allée directement travailler pour un journal à Guangzhou, dans le sud du pays, dont elle a démissionné en mars de cette année. Parce qu'elle est originaire du Hebei, ses parents espèrent qu'elle pourra travailler dans le nord à l'avenir.

« Le problème est que si c'est trop loin de chez moi, je démissionne, et il y a aussi ce mode de vie que je trouve instable », a expliqué Zhang Yi, ajoutant que parce que l'emploi du temps quotidien de son travail au journal était très irrégulier, elle restait souvent très tard le soir, ce qui faisait qu'elle n'était pas satisfaite.

En mai de cette année, Zhang Yi est partie à Beijing y chercher un travail. « J'ai d'abord pensé à prendre un peu n'importe quel travail, et puis en fin de compte je n'ai pas pu m'y résoudre ». D'un côté elle cherchait un emploi, d'un autre côté elle habitait en location, et elle pense que ce fut la période la plus difficile de sa vie. Aujourd'hui, Zhang Yi a un emploi assez satisfaisant. « Ce travail est proche de chez moi et je pense que vais continuer ».

Réflexion - Ce genre de démission est-il rationnel ?

Certains répondants ont dit que chaque fois qu'ils ont démissionné, ils l'ont fait après mûre réflexion. Cependant, d'autres disent ne pas se montrer assez rigoureux dans la recherche d'un emploi et suivent aveuglément leur instinct, ce qui conduit à de fréquents changements d'emplois.

« Quand une entreprise embauche quelqu'un, elle prend en compte son expérience de travail, et si celle-ci est trop courte, cela aura une incidence sur le prochain emploi », a déclaré aux journalistes Mme Yao, qui travaille au service des ressources humaines d'une entreprise de médias à Beijing.

« Quand on démissionne, il faut considérer sa décision avec soin. Quand on est insatisfait, on change d'emploi, cela va avec l'évolution ne notre époque, et cela témoigne aussi de la flexibilité du marché du travail en termes de performances », a dit Zhang Chewei, chercheur à l'Institut des sciences démographiques et sociales de l'Académie chinoise des sciences sociales.

« Les étudiants ne se connaissent pas suffisamment eux-mêmes, leur plan de carrière n'est pas clair. De plus, certaines entreprises combinent l'embauche de diplômés avec des bas salaires sans mécanisme de croissance des salaires. Il est bien difficile de retenir les gens dans ces conditions », a souligné Chu Zhaohui, chercheur à l'Académie chinoise des sciences de l'éducation.

(Rédacteurs :实习生2, Wei SHAN)
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