Dernière mise à jour à 08h09 le 23/10

Page d'accueil>>Afrique

Guinée : des centaines d'élèves dans les rues de Conakry pour réclamer le retour des enseignants titulaires

Xinhua | 23.10.2018 08h13

Des centaines d'élèves sont descendus lundi dans les rues de Conakry, capitale guinéenne, pour réclamer le retour de leurs professeurs et maîtres titulaires dans les salles de classe, a-t-on constaté dans plusieurs endroits de la ville.

Scandant des slogans hostiles, les élèves en colère réclamaient les enseignants titulaires devant les enseignants contractuels que l'Etat a déployés pour combler le vide provoqué par la grève des enseignants guinéens depuis l'ouverture des écoles.

Depuis le 3 octobre, date retenue pour la reprise des cours dans les écoles du pays, le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) dirigé par Aboubacar Soumah a lancé un mouvement de grève illimitée pour réclamer un meilleurs traitement salarial pour tous les enseignants en situation de classe, avec la fixation du barème à 8 millions de francs guinéens (869 dollars américains), comme salaire de base. Le Premier ministre Kassory Fofana n'a pas accepté sous prétexte que le gouvernement a déjà réalisé une augmentation des salaire à hauteur de 40% en 2017 pour tous les enseignants.

Face à ce bras de fer, le gouvernement a ainsi décidé de recruter et de déployer des enseignants contractuels dans les écoles afin de combler le vide laissé par les professeurs titulaires en grève. Les élèves récusent en réclamant le retour imminent de leurs enseignants titulaires avec lesquels ils se comprennent mieux.

"Les enseignants contractuels ne sont pas à la hauter en classe, surtout pour les examens", a confié un élève gréviste du Lycée Donka, dans la commune de Dixinn.

Pour l'élève A.D. Camara en classe de terminale science sociale (13ème année), l'absence des professeurs titulaires risque de provoquer une perturbation dans la maîtrise des programmes scolaires.

"Si les négociations ne parviennent pas à faire revenir les formateurs titulaires dans les classes, les élèves risquent de rater l'essentiel des cours préétablis dans les programmes de formation annuelle", a expliqué AD Camara, avant de souhaiter un dénouement heureux de la grève des enseignants.

Par ailleurs, dans un communiqué du Premier ministre publié lundi, le gouvernement guinéen a tenté de rassurer les parents, les élèves et les enseignants que "des dispositions en terme de sécurisation des concessions scolaires et de mobilisation des enseignants, ont été prises pour assurer l'effectivité des cours".

Il a réitéré une fois de plus son "appel aux parents, aux élèves et aux enseignants encore réticents, pour une reprise effective des cours dès ce lundi 22 octobre, tout en exhortant la communauté éducative à oeuvrer à ses côtés pour sensibiliser chacun des acteurs afin que l'avenir de des enfants ne soit pas compromis par une année blanche".

"Le gouvernement met en garde tout fauteur de troubles appréhendé aux alentours des écoles, qu'il devra répondre de ses actes devant la justice", a indiqué le Premier ministre dans le communiqué.

Pour ce faire, il a invité les inspecteurs régionaux, les directeurs préfectoraux et communaux de l'éducation, ainsi que les directeurs d'écoles et chefs d'établissements publics et privés à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer aux enfants leur droit à l'éducation dans la quiétude.

(Rédacteurs :Gao Ke, Yishuang Liu)
Partagez cet article sur :
  • Votre pseudo
  •     

Conseils de la rédaction :