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France : de nouvelles interdictions ravivent la polémique sur le burkini

Xinhua | 18.08.2016 08h21

Deux communes françaises, Leucate (Aude) et Le Touquet-Paris-Plage (Pas-de-Calais), ont décidé d'interdire le burkini sur leurs plages, à la suite des communes de Sisco (Haute-Corse), Villeneuve-Loubet et Cannes (Alpes-Maritimes).

Ces nouvelles interdictions ravivent la polémique sur la pertinence d'interdire ou non ce maillot de bain qui couvre le corps des femmes de la tête aux pieds.

Les maires anti-burkini expliquent leur décision par le respect du "principe de laïcité" et des "règles de sécurité adaptées au domaine public maritime".

"Nous avons constaté sur nos plages une augmentation du [port de burkini] qui peut amener à créer certaines tensions", a déclaré mardi à Midi Libre le maire de Leucate, Michel Py, en annonçant l'entrée en vigueur de l'arrêté d'interdiction du burkini sur ses plages dès mercredi.

Daniel Fasquelle, député-maire du Touquet, a également annoncé mardi un arrêté interdisant le burkini dans sa ville.

Le but premier de cet arrêté est de donner aux forces de l'ordre les moyens d'assurer pleinement la sécurité sur la plage, mais aussi d'éviter "des tensions inutiles" sur la plage "en interdisant certains comportements vestimentaires qui seraient trop ostentatoires, parce que dans le climat actuel, nous voulons des relations qui soient apaisées", a expliqué le maire sur BFMTV.

Le phénomène a commencé à la fin du mois de juillet à Cannes lorsque le maire David Lisnard a décidé d'interdire par arrêté le burkini sur les plages cannoises au nom de la laïcité.

Il a ensuite été suivi par son collègue de Villeneuve-Loubet, Lionnel Luca, puis par la ville corse de Sisco à la suite d'affrontements violents le week-end dernier entre des personnes d'origine maghrébines et de jeunes corses dans une crique à la suite de tensions liées au port du burkini.

Seulement, cette décision de ces stations balnéaires ne fait pas l'unanimité. Les organisations de défense des droits de l'Homme et certains spécialistes y voient "une volonté de surfer sur les peurs suite aux attentats".

Le principe de laïcité invoqué par les maires anti-burkini "sépare les Eglises de l'Etat et ne saurait servir de fondement à une quelconque interdiction vestimentaire dans l'espace public", a indiqué dans son communiqué SOS racisme.

Selon cette association, "tout dans cet arrêté d'interdiction [...] laisse transparaître la malveillance envers les populations arabo-musulmanes".

D'après Patrick Weil, historien et directeur de recherche au Centre national des recherches scientifiques (CNRS) de France, aucune loi n'interdit les signes religieux sur les plages.

La ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a également critiqué ces arrêtés, bien qu'étant elle-même contre le burkini.

"Je constate depuis le début qu'il y a des arrière-pensées pour une partie de la droite, celle qui flirte avec le Front National et qui veut faire de l'islam le sujet des mois à venir [aux primaires et aux présidentielles]. Nous devons aborder ces problèmes en ayant en tête que ça ne concerne pas les musulmans, mais une fraction politique organisée qui veut développer un projet de société", a déclaré Mme Rossignol sur Europe1.

Toutefois, la ministre a qualifié le burkini "d'archaïque", car il a pour but de cacher le corps des femmes.

Le Collectif contre l'islamophobie en France a déposé un recours auprès du Conseil d'Etat, selon la presse, suite au rejet de sa demande de suspension de l'arrêté de Cannes par le tribunal administratif de Nice.

(Rédacteurs :Qian HE, Wei SHAN)
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