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La Ceinture et la Route : "Il faut prendre au sérieux ce projet historique", selon l'ancien PM françai

Xinhua | 16.09.2017 10h12

"Il faut prendre au sérieux ce projet historique pour lequel l'Europe est considérablement concernée et ne pas avoir peur de la discussion" a déclaré ce vendredi Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre français et président de la Fondation Prospective et Innovation qui est partenaire du Boao Forum for Asia, au sujet de l'initiative "la Ceinture et la Route" appelée également "One belt, one road" ou "Nouvelles Routes de la Soie".

"Je suis convaincu que le projet 'One belt, one road' mobilisera beaucoup de pays et nous disons à nos amis européens 'soyons à l'intérieur !'" a affirmé M. Raffarin, rappelant l'importance de la confiance réciproque : "Dans le monde incertain dans lequel nous sommes, les relations de confiance sont très importantes (...) la Chine s'ouvre, participe aux institutions internationales, propose des partenariats. Saisissons la main qui nous est tendue et défendons nos intérêts et je fais confiance à nos partenaires asiatiques pour que nous ayons une vision 'gagnante-gagnante'" a expliqué Jean-Pierre Raffarin.

L'initiative "la Ceinture et la Route" a pour but de faire "exister l'idée de réciprocité" : "il faut défendre cette idée à l'intérieur du processus et non pas de la discuter à l'extérieur car nous perdrions beaucoup de temps. La France et les autres pays ont besoin de croissance rapide c'est pour cela que je suis favorable à un engagement franc, rapide à l'intérieur du processus pour discuter", a-t-il affirmé.

Pour l'ancien Premier ministre français, les Chinois "tendent la main et disent être prêts à respecter les positions des uns et des autres". L'initiative "la Ceinture et la Route" est très importante pour l'Europe et le président français Emmanuel Macron a plusieurs fois déclaré qu'il fallait construire une nouvelle force avec l'Eurasie. "Nous devons motiver nos partenaires européens pour participer à cette initiative" a également souligné Jean-Pierre Raffarin.

"Il est très important que la France et la Chine travaillent ensemble pour rassurer les pays et les peuples qui seraient inquiets. Il faut créer un climat de confiance en mettant en avant les principes fondamentaux qui fondent ce projet : le respect, la réciprocité, l'équilibre, il faut créer de la confiance", a-t-il déclaré, ajoutant que selon lui, "la France veut promouvoir le projet "la Ceinture et la Route" en développant des relations de confiance entre toute l'Europe et l'Asie".

"Le président chinois a dit à plusieurs reprises qu'un pays aujourd'hui ne peut pas réussir tout seul, on a besoin de coopérer. Le Forum Boao est lieu de partage de stratégies, on coopère par réflexion commune. C'est une plateforme multilatérale qui concerne l'Asie et l'ensemble du monde (...) le projet "One belt, one road" est une chance de coopération qu'il faut saisir et créer des échanges nouveaux" a-t-il expliqué.

Cette initiative et la coopération qu'elle permet est "nécessaire" selon Jean-Pierre Raffarin, notamment "pour lutter contre les tendances d'excès de nationalisme et de développement de protectionnisme". "Nous pensons que l'économie doit être davantage ouverte (...) La France adhère aux perspectives d'échanges que propose la Chine, dans l'idée du "gagnant-gagnant". Le nationalisme excessif, le protectionnisme généralisé conduisent aux tensions dans le monde. La France et la Chine pensent que c'est par des échanges équilibrés, une vision multipolaire et des politiques multilatérales" a-t-il indiqué.

"Le monde aujourd'hui est très dangereux. Nous sommes inquiets de la situation dans plusieurs régions du monde. La Chine, grand pays mobilisé pour la paix, doit participer à l'équilibre du monde et elle y participe notamment par le projet 'One belt, one road' car c'est un projet de croissance pour tout le monde et qui tend à dépasser les frontières", a-t-il fait remarquer.

Interrogé sur la dimension culturelle de l'initiative "la Ceinture et la Route" par Xinhua, M. Raffarin a répondu qu'elle était "très importante" pour la France et pour la Chine rappelant la tenue du 1er Davos de la culture en mai 2016 à Beijing "avec l'ensemble des acteurs culturels" qui avait permis de réfléchir ensemble aux échanges culturels liés au projet "One belt, one road". Un 2ème forum se tiendra du 24 au 28 septembre prochain cette fois-ci en France, à Lyon (Rhône) : "il permettra de réfléchir à cette dimension culturelle, a-t-il souligné, annonçant qu'un troisième forum aura lieu en 2018 à Xi'an, dans le nord-ouest de la Chine.

"La relation entre la France et la Chine est d'abord culturelle. Les relations économiques et industrielles sont très importantes mais ce qui rapproche les deux peuples sont la haute conscience de leur civilisation et l'attachement aux valeurs culturelles et aux pratiques artistiques" ,a expliqué Jean-Pierre Raffarin.

"Comprendre la Chine pour un Français c'est aussi mieux se connaître, et pour un Chinois, comprendre la France c'est aussi mieux connaître la Chine. Nos différences stimulent notre curiosité (...) les peuples ont le goût de se connaître au-delà des relations politiques" selon lui, indiquant qu'il fallait travailler à "l'acceptabilité" des investissements chinois en France.

M. Raffarin a souligné que le Silk Road Fund, fonds souverain chinois créé en 2014, ouvrait "des opportunités nouvelles pour tous les pays d'Europe". "Je redis comme toutes les autorités française : "les investissements chinois sont les bienvenus en Europe" a-t-il conclu.

(Rédacteurs :Yishuang Liu, Wei SHAN)
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