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Yunnan : à la découverte des rizières en terrasses des Hani à Yuanyang
Classées au patrimoine culturel mondial, reconnues comme Système du patrimoine agricole d'importance mondiale (SIPAM) et désignées comme ouvrage d'irrigation du patrimoine mondial, les rizières en terrasses des Hani de Yuanyang illustrent parfaitement la sagesse écologique chinoise fondée sur la « coexistence harmonieuse entre l'homme et la nature ». Aujourd'hui, cette agriculture de montagne millénaire pratiquée sur des terrasses se transforme et adopte un nouveau visage.
Ces terrasses sont nichées dans les monts Ailao, le long de la rive sud du fleuve Rouge, dans la province du Yunnan (sud-ouest de la Chine). Pendant des siècles, le morcellement des parcelles, la forte inclinaison des pentes et l'étroitesse des sentiers ont obligé les agriculteurs à transporter les sacs de riz sur leur dos ou à dos de cheval. Désormais, des drones peuvent acheminer le grain directement depuis les bords des rizières jusqu'aux toits des villages, réduisant ainsi les coûts et ramenant le temps de transport de 40 minutes à moins de 10 minutes.
De nouvelles techniques de culture allègent également la charge de travail des agriculteurs. Une technologie de semis et de repiquage ponctuel utilisant un film de papier biodégradable, mise au point par la Faculté d'agriculture de l'Université du Yunnan, a été déployée dans le bourg de Niujiaozhai (comté de Yuanyang) ; elle permet aux agriculteurs d'accomplir en deux ou trois heures ce qui demandait autrefois une journée entière de travail de repiquage. Par ailleurs, les autorités agricoles locales ont amélioré les variétés de riz et introduit un système de polyculture associant riz, poissons et canards afin d'augmenter les revenus des ménages.
Si les nouvelles technologies soutiennent l'activité agricole, la pérennité de ces terrasses ancestrales repose malgré tout toujours sur l'implication des populations locales, qui entretiennent et réparent les canaux d'irrigation pour garantir un approvisionnement en eau stable et éviter l'abandon des cultures.
Pour préserver ces terrasses, il est essentiel de faire en sorte que les agriculteurs profitent des retombées du développement économique. Des coopératives locales ont stimulé les ventes de riz rouge via le commerce électronique et redistribué des bénéfices aux agriculteurs. Le village d'Azheke, situé au cœur des terrasses, a quant à lui adopté une approche originale en matière de développement touristique : les villageois ont mis en commun leurs ressources, comme leurs rizières, leurs maisons et leurs modes de vie traditionnels, créant ainsi un modèle fondé sur la participation collective et la prospérité partagée.
L'amélioration des conditions de vie a incité de jeunes ruraux partis travailler ailleurs à revenir au village. Rien que dans le village de Duoyishu, plus de 80 maisons d'hôtes sont désormais en activité, tandis que plus d'une centaine de jeunes revenus au pays travaillent aujourd'hui dans les secteurs de la restauration et du transport.
À Yuanyang, la récolte annuelle du riz représente bien plus qu'une simple bonne moisson. Elle incarne un équilibre dynamique entre la préservation d'un patrimoine ancestral et le développement moderne, garantissant la culture continue de ces rizières en terrasses millénaires, la prospérité des communautés locales et la pérennité de ce patrimoine agricole unique pour les générations à venir.


