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Le corps d'une Chinoise congelé dans le cadre d'une cryogénisation avancée

le Quotidien du Peuple en ligne | 26.06.2018 17h12
Le corps d'une Chinoise congelé dans le cadre d'une cryogénisation avancée
Des médecins effectuent une procédure de congélation cryogénique à l'Institut de recherche en sciences de la vie Yinfeng du Shandong à Jinan, capitale de province du Shandong, la semaine dernière. (Fourni au China Daily)

Le corps congelé d'une femme décédée dans la province du Shandong le 17 juin est devenu le premier en Chine à subir une procédure de cryogénie complète, utilisant une technique connue sous le nom d'oxygénation membranaire extracorporelle, ou ECMO, dans une ville située à 100 kilomètres du corps de celle où il avait été congelé.

Liu Aihui, 72 ans, recevait un traitement médical à l'hôpital central de Tai'an, dans la province du Shandong, à environ 100 km de l'Institut de recherche en sciences de la vie Yinfeng du Shandong, une institution privée affiliée au Yinfeng Biological Group, une société privée basée à Jinan spécialisée dans la recherche et le développement de technologies de stockage des cellules et des organes humains.

« Il aurait été très compliqué de la transférer dans un hôpital proche de l'Institut Yinfeng, alors les experts ont décidé de procéder à l'ECMO à Tai'an et de la transporter à notre institut de cryogénie pour la suite de la procédure », a précisé Li Qingping.

Selon Aaron Drake, membre de l'équipe cryogénique de Mme Liu et associé de la Fondation Alcor Life Extension aux États-Unis, c'est la première fois qu'une ECMO mobile a eu lieu.

Yinfeng a procédé à la première procédure cryotechnique chinoise sur un corps entier en mai dernier, quand le corps d'une femme a été transféré à l'Institut Yinfeng dans les 15 minutes après que les médecins l'aient déclarée cliniquement morte.

« La plus grande différence entre la première patiente et la seconde, Mme Liu, était le calendrier de la procédure d'ECMO », a déclaré M. Drake.

« Cette fois, lorsque nous avons procédé à l'ECMO mobile, nous avons réellement pu commencer tout à l'hôpital, au chevet de la patiente, ce qui a éliminé les types de dommages qui surviennent à partir du moment où le cœur du patient cesse de battre ».

La procédure cryogénique consistait à congeler le corps à une température ultra-basse peu de temps après la mort en utilisant de l'azote liquide.

Quand le cœur de Mme Liu a cessé de battre et que les médecins l'ont déclarée morte juste après minuit, le corps a immédiatement été mis dans un système de soutien à la vie, incluant une nutrition et un soutien cardiopulmonaire. Il a ensuite été envoyé en ambulance de l'Hôpital central de Tai'an à 3h30 du matin à l'Institut cryotechnique Yinfeng, où il est arrivé à 4h53.

Le corps s'est ensuite vu injecter des produits chimiques conçus pour protéger les cellules contre les dommages pendant le processus de congélation. Après cela, il a été placé dans un récipient d'azote liquide, qui maintient une température inférieure à -190 C.

L'ensemble du processus a demandé plus de deux jours pour être achevé.

La Fondation Yinfeng pour les sciences de la vie, qui a été lancée par l'institut, a couvert la plus grande partie des dépenses de la procédure et du stockage, refusant toutefois de dire combien cela avait coûté.

Mme Liu, qui est décédée d'un cancer du poumon, s'était portée volontaire pour le projet et a obtenu le soutien de son mari et de ses enfants. « C'était une femme si gentille, elle a toujours pensé à donner son corps pour un usage scientifique », a déclaré son mari, M. Zhou, 73 ans. « Chaque chose nouvelle a besoin de pionniers. Si personne ne veut essayer, il n'y aura pas de progrès dans le domaine scientifique, c'est pourquoi il est très important qu'une personne puisse contribuer à la science après sa mort », a-t-il ajouté.

Selon Sang Benqian, professeur de droit à l'Université de l'Océan de Chine, la Chine n'a pour l'heure aucune législation sur la congélation des corps humains. Ce domaine en est encore à une étape pionnière. Il estime que la législation devrait être accélérée pour fournir une protection juridique à ce genre de recherches scientifiques.

De son côté, l'Institut a précisé que le conteneur dans lequel le premier corps a été conservé est toujours en bon état de fonctionnement après plus d'un an.

(Rédacteurs :Yishuang Liu, Wei SHAN)
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