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La directrice du FMI lance une mise en garde contre les dangers du protectionnisme

Xinhua | 11.03.2017 10h30

"Les incertitudes actuelles ne sont pas économiques ou financières, elles sont politiques", estime, dans une interview publiée vendredi par le journal "Le Parisien-Aujourd'hui en France", la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, qui s'exprime également sur l'affaire Tapie, dans laquelle elle a été reconnue coupable de négligence en décembre 2016.

"Le FMI a un devoir de pédagogie qui consiste à expliquer en quoi la mondialisation a été fondamentalement nécessaire pour se relever des cendres de la Seconde Guerre mondiale et de quelle manière elle fournit des avantages, au premier rang desquels une réduction profonde de la pauvreté", considère la Française nommée à la tête de l'institution en 2011 et réélue l'été dernier pour un second mandat.

"Il ne s'agit pas simplement d'expliquer que la mondialisation a réduit les inégalités entre pays et fait sortir de la pauvreté 300 millions de personnes. Nous devons impérativement nous concentrer sur le sort de ceux qui en ont été écartés, ceux qui n'y sont pas préparés et qui, demain, risquent d'en être exclus", poursuit l'ex-ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy.

Elle refuse en revanche de se prononcer pour l'instant sur la politique du nouveau président des Etats-Unis Donald Trump. "J'attends les textes précis", déclare-t-elle. "Ce dont je suis certaine, c'est qu'une règlementation financière solide, à laquelle les acteurs de la finance ont maintenant commencé à s'habituer, est absolument nécessaire", déclare-t-elle.

Concernant les conséquences du Brexit, la directrice du FMI estime "qu'il y aura des effets qu'on ne mesure pas encore". Elle rappelle que "la Grande-Bretagne représente environ 13% des exportations de la zone euro. Donc 13% des ventes vont, tout d'un coup, se trouver sous point d'interrogation, sans qu'on sache à quelle sauce elles seront traitées". "Il y a aussi les liens financiers, la question du passeport pour les établissements bancaires implantés en Grande-Bretagne", ajoute-t-elle.

Sur le dossier de la dette grecque, la directrice du FMI plaide pour "une restructuration qui peut passer par différentes opérations : soit des allongements de maturité très importants, soit des plafonds de taux d'intérêt très bas".

L'élection présidentielle d'avril-mai prochains et les législatives qui se tiendront dans l'Hexagone en juin "joueront un rôle déterminant, quelle qu'en soit l'issue", estime d'autre part Christine Lagarde. "Parce qu'on aboutit soit à un renforcement possible du rôle franco-allemand, soit à une hypothèse lourde de conséquences non seulement pour la France, mais pour toute l'Union européenne...", poursuit-elle.

L'hypothèse d'une sortie de l'euro qu'envisagent certains candidats à la présidentielle "ouvrirait, à court terme, une période de très grave incertitude, de grand déséquilibre et d'appauvrissement de la France", juge la directrice du FMI.

Concernant l'affaire Tapie, dans laquelle elle a été condamnée pour "négligences" mais dispensée de peine en décembre dernier, Mme Lagarde considère qu'elle a "peut-être été trompée".

L'ex-ministre de l'Economie a été poursuivie par la Cour de justice de la République dans le cadre de la gestion de l'arbitrage entre l'homme d'affaires Bernard Tapie et l'ancienne banque publique Crédit lyonnais, à propos de la revente de l'équipementier sportif Adidas. Une affaire tentaculaire qui a défrayé la chronique pendant de nombreuses années dans l'Hexagone.

(Rédacteurs :Qian HE, Guangqi CUI)
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