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Le Pacte mondial sur la migration, un jalon historique pour la coopération internationale

Xinhua | 11.12.2018 09h43

Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, formellement adopté lundi lors de la Conférence intergouvernementale convoquée par les Nations Unies à Marrakech, au Maroc, est un document historique pour une coopération internationale renforcée sur la question migratoire.

Approuvé le 13 juillet dernier par les Etats membres sous l'égide de l'Assemblée générale des Nations Unies, ce Pacte mondial a été salué comme "une réalisation importante" et un document complet visant à mieux gérer les migrations internationales, à relever leurs défis et à renforcer les droits des migrants tout en contribuant au développement durable.

Le texte du Pacte mondial est ainsi profondément ancré dans la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

L'adoption du Pacte à Marrakech constitue aussi l'aboutissement de plus de 18 mois de consultations et de négociations intensives au sein des Nations Unies.

En effet, le texte final adopté en juillet a été le fruit d'un large consensus, et salué mondialement comme une nouvelle preuve que le multilatéralisme peut résoudre les problématiques les plus délicates de notre temps, à l'instar de la migration.

Ce Pacte mondial non contraignant repose sur des valeurs telles que la souveraineté des Etats, le partage des responsabilités, la non-discrimination et les droits de l'Homme.

Il reconnaît qu'une approche coopérative est nécessaire pour optimiser les avantages globaux de la migration, tout en atténuant ses risques et ses défis pour les individus et les communautés des pays d'origine, de transit et de destination.

Notant que "la migration a toujours fait partie de l'expérience humaine" et reconnaissant qu'elle est une source de prospérité, d'innovation et de développement durable dans un monde globalisé moderne, le Pacte exprime l'engagement collectif des Etats membres à améliorer la coopération en matière de migration internationale.

Le texte "reconnaît clairement qu'aucun Etat ne peut traiter seul les migrations". Il présente ainsi un cadre de coopération à caractère juridique non contraignant qui repose sur les engagements souscrits par les Etats eux-mêmes deux ans auparavant dans la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants.

S'exprimant par l'occasion, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Nasser Bourita, a souligné que le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières est un acte de souveraineté.

"Si certains pensent que le multilatéralisme concurrence la souveraineté, nous démontrons aujourd'hui que ce pacte est dans son essence même un acte de souveraineté, il en est l'outil et la preuve de sa résilience", a relevé M. Bourita.

Selon le ministre, "ce multilatéralisme reste l'ultime langage du dialogue et de la coopération face aux défis globaux de la migration. Il ne s'agit pas d'une affaire d'un pays, d'une région ou d'un continent, c'est un phénomène qui touche l'Afrique comme l'Europe ou l'Amérique et qui interpelle chacun d'une manière différente, mais la différence ne signifie nullement l'indifférence".

"Aujourd'hui notre responsabilité est partagée, nous sommes incontournables les uns pour les autres, nous avons fait la preuve de flexibilité en optant pour un cadre multilatéral global pour incarner cette conscience à travers l'adoption éminente du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières", a-t-il indiqué.

Pour la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU pour les Migrations internationales, Louise Arbour, elle a relevé que l'adoption de ce Pacte, fruit de 18 mois d'âpres et intenses négociations, se veut une "réaffirmation" des valeurs et principes contenus dans la Charte des Nations Unies et du droit international.

Mme Arbour, qui est également secrétaire générale de la conférence de Marrakech, a, toutefois, fait observer que c'est la mise en oeuvre de ce Pacte qui va changer à jamais la façon avec laquelle la communauté internationale gère la mobilité humaine, estimant que le Pacte de Marrakech restera la référence pour toutes les initiatives relatives à la mobilité humaine transfrontalière.

La responsable onusienne a, par ailleurs, fait savoir que la grand-messe de Marrakech focalisera, dans un esprit de créativité et de coopération, sur l'ensemble des objectifs du Pacte et sera marquée par des discussions "spécifiques" sur la mise en oeuvre de ce document, l'innovation et les partenariats, ajoutant que le débat général permettra aux Etats membres d'annoncer formellement des initiatives et de faire part de leur "engagement politique" vis-à-vis du Pacte.

A noter que l'ancien président de l'Assemblée générale de l'ONU, Miroslav Lajcak, qui a fait de la migration une pierre angulaire de son mandat, a souligné en juillet que le Pacte mondial "n'encourage pas la migration et ne cherche pas à l'arrêter". Selon lui, le Pacte "ne dicte pas. N'impose pas. Et respecte pleinement la souveraineté des Etats".

Après son adoption formelle à Marrakech, le Pacte mondial pour des migrations sures, ordonnées et régulières sera ensuite renvoyé, le 19 décembre, au niveau de l'Assemblée générale de l'ONU pour sa mise en œuvre avec l'adoption d'une feuille de route à cet effet.

(Rédacteurs :实习生2, Yishuang Liu)
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