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L'IA stimule la transformation numérique des soins primaires en Chine

le Quotidien du Peuple en ligne 03.11.2026 15h40

La Chine introduit des outils assistés par l'IA dans les centres de santé communautaires afin d'accélérer la transformation numérique des soins de santé de proximité, d'améliorer les soins primaires, de favoriser un accès équitable et de renforcer le bien-être public.

Des assistants d'intelligence artificielle (IA) qui prennent en charge les consultations vocales, la gestion automatisée des dossiers médicaux, le dépistage des risques liés aux médicaments, les rappels de suivi et l'éducation sanitaire font leur apparition dans les centres de santé communautaires. Ils deviennent un élément clé de la transformation numérique des soins de santé de proximité.

Cette dynamique intervient alors que les médecins de famille en Chine assument un large éventail de tâches, souvent accablés par une lourde charge administrative et un personnel limité.

En mai, le district de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la Chine), a lancé l'application « Ant Afu », permettant aux résidents de consulter leurs dossiers médicaux, d'obtenir des interprétations assistées par l'IA, de s'inscrire aux services de médecins de famille et de relier les informations de santé des membres de leur famille.

Dans le district de Fengtai, à Beijing, le centre de services de santé communautaire de Majiapu a déployé un médecin de famille IA et un gestionnaire de santé IA. Ce système prend en charge la gestion des maladies chroniques, la surveillance via des dispositifs portables et des alertes automatiques en cas de risque ; les cas à haut risque sont transmis aux médecins de famille attitrés.

À Wuxi, dans la province du Jiangsu (est de la Chine), l'IA a été utilisée dans une campagne de dépistage du cancer à l'échelle de la ville. Les résidents ont rempli des formulaires d'auto-évaluation des risques via une application mobile ou un questionnaire vocal assisté par l'IA, et des modèles de mégadonnées ont identifié les groupes à haut risque pour un dépistage de suivi dans 49 établissements équipés de systèmes d'imagerie, d'échographie et d'endoscopie assistés par l'IA.

Selon la Commission municipale de la santé de Wuxi, le dépistage assisté par l'IA a nettement amélioré la détection du cancer, les cancers du foie et du poumon étant détectés à des taux grandement supérieurs à ceux de la population générale.

Des acteurs du secteur estiment que le changement le plus important est que l'IA n'est plus une fonction additionnelle. Les systèmes antérieurs obligeaient souvent les médecins à ouvrir des applications distinctes pour la lecture d'images ou l'aide au diagnostic. Les nouveaux systèmes d'IA sont intégrés aux systèmes d'information hospitaliers et aux plateformes de bilans de santé, de sorte que les commandes de l'IA apparaissent dans les interfaces que les médecins utilisent déjà.

« L'IA semblait autrefois inaccessible et sans lien avec les soins primaires, mais aujourd'hui, nous pouvons constater qu'elle a pris racine au niveau local », a déclaré Nie Chunlei, vice-président de l'Association chinoise de santé communautaire.

Avec une demande croissante et des déploiements concrets en expansion, encore plus d'entreprises technologiques entrent dans le secteur, dynamisant davantage la mise à niveau numérique des services de santé de proximité.

L'entreprise Ant Group, de l'application de santé Ant Afu, a déployé son modèle « agent IA + médecin humain » dans plus de 40 villes. Des dizaines de milliers de médecins de proximité utilisent la plateforme, qui aura servi plus de 5 millions de résidents à la mi-août de cette année.

Cette dynamique ne se limite pas à Ant Group. JD Health, Runda Medical et d'autres acteurs intensifient également leurs investissements dans l'IA pour les soins primaires, chacun en s'appuyant sur ses propres atouts.

Le soutien politique est devenu plus explicite. En octobre 2025, cinq agences nationales ont publié des orientations identifiant l'aide intelligente à la décision clinique, les services de médecins de famille assistés par l'IA et la gestion coordonnée des maladies chroniques comme domaines prioritaires. Ces orientations fixent l'objectif d'établir une couverture quasiment complète du diagnostic et du traitement assistés par l'IA dans les établissements de soins primaires d'ici 2030.

Toutefois, des acteurs du secteur mettent en garde : généraliser l'IA dans les soins primaires exige une adaptation prudente. L'IA ne peut pas être simplement transposée dans les soins primaires ; elle doit être adaptée aux besoins du terrain, intégrée aux flux de travail quotidiens et incorporée à des applications reproductibles, évolutives et régulables — des défis qui prendront du temps à être résolus.

Sun Dehui, directeur de la R&D au Centre d'innovation industrielle de robotique médicale de Beijing, a déclaré que l'IA pour les soins primaires constitue une orientation claire à long terme pour la santé publique. Avec un soutien politique de plus en plus axé sur la proximité, le secteur devrait connaître une croissance rapide au cours des prochaines années, offrant un potentiel de marché important tout en continuant d'alléger la charge des cliniciens de première ligne et de bénéficier aux résidents atteints de maladies chroniques.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)