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Qinghai : le modèle gagnant des « moutons photovoltaïques »
Le pâturage des moutons sous des panneaux photovoltaïques permet aux parcs solaires de réduire les coûts de tonte, de restaurer la végétation et d'offrir aux éleveurs un meilleur fourrage ; c'est ce que les habitants appellent le modèle des « moutons photovoltaïques ».
Ce terme désigne les moutons élevés sous des panneaux solaires. Dans ce système, les panneaux produisent de l'électricité propre tout en offrant de l'ombre, en réduisant l'érosion éolienne et en créant des conditions favorables à la pousse de l'herbe. Durant la saison de croissance, les moutons se nourrissent de cette herbe, transformant ainsi les parcs solaires en espaces partagés dédiés à la production d'énergie propre, à la lutte contre la désertification et à l'élevage écologique.
Ce modèle a été mis en place dans les districts de Gonghe et de Xinghai, au sein de la préfecture autonome tibétaine de Hainan, dans la province du Qinghai (nord-ouest de la Chine).
Depuis 2022, la préfecture de Hainan encourage le développement coordonné de projets photovoltaïques liés à la lutte contre la désertification et à la création de pâturages solaires. À ce jour, 32 pâturages photovoltaïques écologiques et 56 zones de pâturage ont été aménagés sur des sites solaires exploités par diverses entreprises. Le programme implique 18 collectifs villageois et 6 330 foyers répartis dans cinq bourgs.
La préfecture a prévu l'aménagement de 609 kilomètres carrés de parcs photovoltaïques, dont 420 kilomètres carrés ont déjà été réalisés. Selon les autorités locales chargées des forêts et des prairies, le rendement moyen de l'herbe dans ces parcs atteint 174 kilos pour 0,06 hectare, générant environ 118 000 tonnes de fourrage par an. Avec un taux d'utilisation de 70 %, cette ressource permet de nourrir environ 100 000 moutons.
Pour Yeduo, un éleveur tibétain de 50 ans originaire du canton de Tiegai, les avantages ont été immédiats.
Avant de transférer son troupeau vers un parc photovoltaïque fin 2018, Yeduo faisait paître plus de 100 moutons sur son propre pâturage, où les ressources en herbe étaient limitées et la qualité du fourrage moindre. Son troupeau devait se déplacer chaque année entre différents pâturages saisonniers.
Aujourd'hui, il élève environ 300 moutons, dont la majeure partie pâture sous les panneaux solaires.
« L'herbe qui pousse sous les panneaux photovoltaïques est bien meilleure », a expliqué Yeduo, ajoutant que « les moutons prennent du poids plus rapidement et affichent un poids vif plus élevé au moment de la vente. Cela a augmenté mes revenus ».
Ce nouveau modèle de pâturage a également facilité le travail d'élevage. Auparavant, Yeduo devait conduire son troupeau sur plus de 10 km jusqu'à des pâturages saisonniers et parfois acheter du fourrage supplémentaire. Aujourd'hui, son troupeau peut rester sur place pendant une grande partie de la saison de pâturage.
L'éleveur se souvient encore de l'aspect de la zone avant la construction du parc solaire. « C'était une zone fortement désertifiée », a-t-il raconté. « Quand le vent soufflait, la poussière emplissait l'air. Parfois, le vent persistait un ou deux mois, empêchant les moutons de sortir paître. »
Selon Jiu Xiantai, directeur adjoint du bureau de l'agriculture et de l'élevage de la préfecture de Hainan, les panneaux solaires ont amélioré le microclimat local.
« Les panneaux procurent de l'ombre, atténuent le vent et empêchent le sable d'ensevelir les jeunes pousses d'herbe », a-t-il expliqué, ajoutant que « dans certaines zones désertifiées, la production annuelle de fourrage n'était autrefois que d'environ 50 kg pour 0,06 hectare. Elle atteint désormais quelque 150 à 200 kg ».
M. Jiu a par ailleurs souligné que ce modèle profite aussi bien aux entreprises du secteur solaire qu'aux éleveurs et à l'environnement : les entreprises économisent sur les frais de fauchage, les éleveurs réduisent leurs dépenses en fourrage et en déplacements vers d'autres pâturages, et la végétation qui pousse sous les panneaux aide à fixer le sable et à restaurer les prairies.

