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Les améliorations continues du logement en Chine permettent de contenir la dégradation urbaine

le Quotidien du Peuple en ligne 04.11.2026 13h22

Depuis deux mois, Hou Fengjun, 53 ans, se rend régulièrement sur un chantier pour voir renaître de ses ruines l'immeuble résidentiel délabré des années 1930 qu'elle partageait autrefois avec 14 autres ménages.

Le nouvel immeuble de quatre étages, achevé en seulement deux mois et prêt à être habité, marque le premier projet de reconstruction financé par les résidents eux-mêmes à Harbin, capitale de la province du Heilongjiang (nord-est de la Chine).

Elle était loin de s'imaginer que le quartier allait connaître une transformation spectaculaire. « Le nouvel immeuble est d'une si bonne qualité que j'ai décidé de revenir y vivre avec ma famille », a déclaré Hou.

Hou partageait autrefois un appartement exigu de 25 mètres carrés avec trois générations de sa famille. En 2023, les autorités locales avaient classé la structure en catégorie D, le niveau de danger le plus élevé. Après cela, les résidents de l'immeuble ont été priés d'évacuer en raison des risques pour la sécurité.

Le projet a pris forme après que les résidents se sont mis d'accord en avril pour financer la reconstruction, soutenus par une politique des autorités locales de février visant à donner le feu vert au modèle de reconstruction des bâtiments anciens. La ville a également mis en place des exonérations de charges et des mesures de soutien pour réduire les coûts de construction et aider les résidents à parvenir à un consensus en faveur de la reconstruction.

La famille de Hou a investi plus de 100 000 yuans (environ 15 000 dollars) pour leur nouveau logement, qui est environ huit mètres carrés plus grand que leur ancien domicile. L'immeuble est équipé d'un ascenseur, d'un chauffage central, du gaz de la ville, de réseaux complets d'eau et d'assainissement, ainsi que de cuisines et de salles de bains individuelles pour chaque ménage.

Huit autres projets adoptant ce modèle ont désormais été lancés à Harbin, couvrant 445 ménages à la mi-octobre de cette année, selon Shan Haibo, un responsable de l'autorité du logement de Harbin.

Le projet pilote s'attaque à des obstacles de longue date à la régénération urbaine dans toute la Chine. Les petites parcelles dispersées offrent souvent de faibles rendements pour les promoteurs commerciaux, et la nécessité de répondre aux attentes d'indemnisation des résidents a fréquemment bloqué les plans de renouvellement, a déclaré Wu Songtao, professeur à l'École d'architecture et de design de l'Institut de technologie de Harbin.

En tant que vieux pôle industriel, Harbin est une pionnière de l'urbanisation en Chine, confrontée à un important parc de logements vieillissants : environ 71 000 anciens bâtiments résidentiels construits avant 2000, dont 387 bâtiments classés dans les catégories de danger C et D, touchant 11 700 ménages.

Le projet pilote de reconstruction de bâtiments anciens ouvre une voie alternative dans la rénovation des quartiers précaires des villes chinoises, en évitant l'acquisition foncière à grande échelle et les investissements lourds des promoteurs.

À l'échelle nationale, la Chine mène de vastes programmes d'amélioration résidentielle à mesure que l'urbanisation progresse. Les données officielles montrent que le taux d'urbanisation du pays est passé de 53,1 % en 2012 à 67 % en 2024, avec un objectif de 71 % fixé pour les cinq prochaines années.

L'évolution du paysage urbain chinois a attiré l'attention de visiteurs étrangers qui ont partagé leurs impressions en ligne. Éric Garrison, un Youtubeur américain comptant plus de 33 000 abonnés, s'est rendu en Chine et a été surpris de constater que, malgré des logements vieillissants et des ruelles étroites, la sécurité, l'assainissement et les infrastructures étaient tous bien entretenus.

Sa vidéo a suscité de nombreuses discussions en ligne : « Pourquoi les bidonvilles sont-ils rarement vus en Chine ? » et « Comment la Chine gère-t-elle les logements pour les personnes à faible revenu ? »

Dans le Shanxi (nord de la Chine), province productrice de charbon, la reconstruction de 180 000 logements dans les quartiers précaires miniers de toute la province s'est déroulée entre 2006 et 2013, avec des subventions du gouvernement central, des gouvernements locaux et des entreprises.

La Chine relève les défis de la rénovation des quartiers précaires grâce à une gouvernance fine et ordonnée qui respecte les souhaits des résidents, a déclaré Liu Lanping, une responsable de l'autorité du logement de la province du Shanxi. Le financement de la rénovation des quartiers précaires provient des subventions centrales et un soutien budgétaire local.

Entre 2019 et 2024, la Chine a rénové 280 000 anciens quartiers résidentiels, au bénéfice de plus de 120 millions de personnes, selon les statistiques officielles.

Dans le cadre de son 15e Plan quinquennal (2026-2030), la Chine s'est engagée à lancer des inspections de sécurité des ensembles résidentiels urbains âgés de 20 ans ou plus et à rénover au total 115 000 anciens ensembles résidentiels.

Selon chaque cas, le plan exige que les bâtiments officiellement certifiés comme dangereux soient démolis et reconstruits, tout en promouvant la rénovation avec des équipements intelligents et adaptés aux personnes âgées dans d'autres ensembles appropriés.

La volonté politique en faveur de meilleurs logements a été présentée lors d'une conférence de presse du Bureau de l'information du Conseil des Affaires d'État en septembre. Le ministère du Logement et du Développement urbain et rural a présenté son programme de « logements de qualité », en privilégiant la construction de logements neufs de meilleure qualité, la rénovation adéquate des logements anciens et la fourniture de services de qualité.

Ces normes plus élevées sont également inscrites dans le code national révisé de la construction résidentielle, qui renforce les exigences en matière de logement selon 14 dimensions. Pour répondre à l'exiguïté des intérieurs, le code relève la hauteur standard des étages de 2,8 mètres à 3 mètres. Il exige également des ascenseurs dans les immeubles résidentiels de quatre étages ou plus afin de faciliter l'accès des résidents âgés.

À mesure que la notion de « bon logement » gagne du terrain, le secteur immobilier chinois devrait passer de la quantité à la qualité, ce qui augmente les attentes tant pour les promoteurs que pour les acheteurs.

« Grâce à ces politiques gouvernementales, non seulement nous obtenons de nouveaux logements là où nous vivons, mais la valeur de nos biens augmente aussi », a déclaré Hou Fengjun.

(Web editor: Ying Xie, Yishuang Liu)