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L'industrie florissante de l'IA incarnée crée de nouveaux métiers en Chine

le Quotidien du Peuple en ligne 30.10.2026 15h43
L'industrie florissante de l'IA incarnée crée de nouveaux métiers en Chine
(Xu Yu/Xinhua)

De nouvelles perspectives de carrière émergent dans toute l'industrie chinoise de l'intelligence artificielle (IA) incarnée, qu'il s'agisse d'entraîner des bras robotisés ou de construire des terrains d'entraînement virtuels pour des robots d'inspection.

En septembre, le ministère chinois des Ressources humaines et de la Sécurité sociale et d'autres départements gouvernementaux ont publié 11 nouveaux métiers, dont ceux de technicien en application de robots d'IA incarnée et d'ingénieur en jumeaux numériques.

Chez Sevnce Robotics, dans la nouvelle zone de Liangjiang, dans la municipalité de Chongqing (sud-ouest de la Chine), Tang Zixiang travaille comme technicien en application de robots d'IA incarnée : il entraîne des robots à accomplir des tâches.

Tang ajuste la position et l'angle des boutons de commande afin de simuler différentes conditions de travail, puis utilise les données obtenues pour entraîner des modèles d'IA. Il déploie ensuite les modèles entraînés sur des bras robotisés pour les tester et les affiner. Grâce à des essais répétés, les robots apprennent progressivement des tâches en simulation avant de les exécuter dans des environnements réels.

« Notre travail consiste à aider les robots à passer du laboratoire à un large éventail d'applications réelles », explique Tang.

Sevnce Robotics développe des robots spécialisés pour les industries pétrolière, chimique et énergétique. Ses machines peuvent remplacer ou assister les inspecteurs humains dans des environnements dangereux.

Dans ces contextes, les robots doivent fonctionner de manière sûre pendant de longues périodes. Selon Tang, les techniciens doivent définir des exigences de vitesse et de précision, vérifier si les robots peuvent d'eux-mêmes se remettre des échecs et déterminer quand ils doivent s'arrêter ou quand une intervention humaine s'impose.

L'ingénierie des jumeaux numériques, autre métier nouvellement reconnu, contribue également à préparer les robots à leur déploiement dans le monde réel.

Jiang Lei, qui travaille dans ce domaine, crée avec son équipe des répliques numériques d'usines à l'aide de la reconstruction 3D, permettant à des robots virtuels de répéter des itinéraires d'inspection et de vérifier si leurs caméras peuvent capturer les relevés d'instruments. Une fois les tâches validées en simulation, elles peuvent être transférées sur des robots physiques.

Traditionnellement, les techniciens emmenaient les robots sur les sites des projets avant de cartographier les environs, de planifier les itinéraires et de localiser les points d'inspection, explique Jiang.

Les jumeaux numériques permettent de répéter le travail en simulation au préalable, ce qui peut réduire le temps de mise en service de deux ou trois semaines à deux ou trois jours. La simulation génère également des données pour tester et entraîner les algorithmes, ce qui réduit le temps et le coût de collecte de données dans des environnements réels.

À mesure que la chaîne industrielle se spécialise, elle ouvre des perspectives de carrière à des personnes issues de formations différentes.

Jiang Lei, qui a étudié l'ingénierie des véhicules à l'université, est passé de la recherche sur la conduite autonome au développement de robots, un domaine qui exige des compétences en modélisation 3D, en programmation et en simulation.

Tang Zixiang, qui a étudié l'informatique en licence et en master, a obtenu son diplôme cette année. Il applique l'apprentissage par renforcement et l'apprentissage par imitation à l'entraînement des robots tout en continuant d'étudier la cinématique et le contrôle des mouvements des robots.

La croissance du secteur stimule aussi la demande de spécialistes en collecte de données, en entraînement de modèles, en mise en service de systèmes, exploitation et maintenance.

Les chiffres publiés par le ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'information montrent que le pays comptait plus de 400 modèles de robots humanoïdes et en avait produit plus de 40 000 unités au premier semestre 2026.

Les efforts visant à former la main-d'œuvre du secteur gagnent également du terrain. Au début du mois, l'Université municipale de Beijing a lancé un programme de formation de professionnels hautement qualifiés en applications et pratiques de l'IA incarnée, proposant aux travailleurs du secteur cinq jours d'études intensives qui combinent enseignement théorique et travail pratique avec de vrais robots.

Tang espère que les robots compléteront le travail des humains plutôt que de simplement les remplacer. « J'espère que les robots prendront en charge davantage de tâches dangereuses, fastidieuses et répétitives », dit-il.

(Web editor: Ying Xie, Yishuang Liu)