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Sichuan : des drones survolent les prairies autrefois traversées par l'Armée rouge

le Quotidien du Peuple en ligne 15.10.2026 14h55
Sichuan : des drones survolent les prairies autrefois traversées par l'Armée rouge
(Photo/Xinhua)

Lorsque Ngorcog était enfant, au cœur des vastes prairies de la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine), elle n'aurait jamais imaginé que, un jour, de l'orge et des fruits « tomberaient du ciel ».

Pour cette jeune femme tibétaine, le transport de marchandises reposait autrefois sur les chevaux et les yacks, puis, plus tard, sur les camions. Aujourd'hui, à 25 ans, elle occupe une nouvelle fonction : pilote de drones. « Apprendre à piloter des drones a été difficile au début, mais aussi fascinant », confie-t-elle. Les services logistiques par drone se multiplient aujourd'hui dans la préfecture autonome tibétaine et Qiang d'Aba, où réside Ngorcog.

La première rencontre de Ngorcog avec les drones remonte à ses années d'université, lorsqu'elle et ses camarades en ont utilisé un pour prendre des photos de fin d'études.

Ce n'est toutefois qu'après avoir obtenu son diplôme en 2024 qu'elle a entamé une formation professionnelle. Étudiante en musique à l'origine, elle a décidé de s'inscrire à une formation au pilotage de drones après avoir vu une annonce de recrutement publiée par la société Ruoergai General Aviation Culture and Tourism Co., Ltd. Cette entreprise est la première structure dédiée à l'« économie de basse altitude » à Aba, une région de plateau située à une altitude moyenne comprise entre 3 500 et 4 000 mètres. Le district de Ruoergai constitue, par ailleurs, le premier site pilote en Chine pour le développement de cette économie de basse altitude sur les plateaux de haute altitude.

Il y a plus de 90 ans, l'Armée rouge traversait les prairies de Ruoergai et ses environs. Dans son ouvrage « La Longue Marche : l'histoire inédite », le journaliste et auteur américain Harrison Salisbury décrivait cette zone comme étant restée « intacte pendant 3 000 ans ». Marqué par des marécages, un froid extrême et un faible taux d'oxygène, ce terrain périlleux a coûté la vie à de nombreux soldats.

Ces dernières années, Ruoergai a développé son économie de basse altitude. À ce jour, son espace aérien de basse altitude couvre 9 119 kilomètres carrés, ce qui en fait l'un des plus vastes espaces aériens coordonnés de basse altitude en Chine. Situé sur un plateau de haute altitude, Ruoergai est exposé à des conditions météorologiques extrêmes, telles que des blizzards, tandis que certaines zones présentent des risques élevés de catastrophes géologiques. Lorsque les routes sont coupées par la glace, la neige ou des glissements de terrain, devenant ainsi impraticables pour les personnes et les véhicules, des drones peuvent décoller rapidement pour acheminer des médicaments, de la nourriture et des vêtements chauds vers des zones isolées.

Par ailleurs, Ruoergai intègre progressivement les drones dans les activités de surveillance et de patrouille liées à l'écologie des prairies et aux zones humides.

L'entreprise, qui a débuté ses activités l'an dernier, compte désormais parmi ses effectifs quatre femmes tibétaines locales ayant obtenu leur licence de pilotage de drones de taille moyenne et ayant officiellement pris leurs fonctions.

En tant que secteur stratégique émergent à l'échelle nationale, l'économie de basse altitude connaît un essor rapide. L'Administration de l'aviation civile de Chine prévoit que la taille du marché chinois de l'économie de basse altitude dépassera les 3 500 milliards de yuans (environ 522 milliards de dollars) d'ici 2035.

(Photo/Xinhua)
(Photo/Xinhua)
(Photo/Xinhua)
(Web editor: Ying Xie, Yishuang Liu)