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Les Suisses rejettent une initiative pour une définition constitutionnelle plus stricte de la neutralité
Les Suisses ont rejeté dimanche, à 70,15%, une initiative populaire fédérale visant à ancrer dans la Constitution une conception plus stricte de la neutralité. Tous les 26 cantons ont dit non à l'initiative, qui n'a pas obtenu la majorité des cantons ni du peuple, selon les résultats définitifs.
L'initiative "Sauvegarder la neutralité suisse", également appelée initiative sur la neutralité, vise à inscrire dans la Constitution le principe d'une neutralité "perpétuelle et armée".
Le texte prévoit d'interdire à la Suisse d'adhérer à une alliance militaire ou défensive ni de coopérer avec une telle alliance, sauf en cas d'attaque militaire contre le pays ou en cas d'actes préparatoires à une telle attaque, et de participer aux conflits militaires entre Etats tiers ni de prendre de sanctions contre un Etat belligérant, sous réserve des sanctions des Nations Unies et des mesures visant à éviter le contournement de sanctions.
En outre, le texte prévoit d'exiger que la Suisse utilise sa neutralité à son avantage dans son rôle de médiateur.
Les auteurs de l'initiative estiment que la Suisse, en reprenant les sanctions de l'UE contre la Russie après l'escalade de la crise ukrainienne en février 2022, n'a pas été assez stricte dans l'application de la neutralité et qu'elle a ainsi pris part au conflit. C'est dans ce contexte que l'initiative a été lancée, selon les explications du Conseil fédéral.
"Ce résultat n'est pas un vote contre la neutralité. La Suisse était neutre hier, l'est aujourd'hui et le sera à l'avenir", a promis dimanche le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, lors d'une conférence de presse.
Selon lui, le rejet de l'initiative permet à la Suisse de continuer à décider au cas par cas des sanctions économiques et de coopérer avec des partenaires si cela renforce la sécurité du pays, tout en restant neutre et sans adhérer à une alliance militaire.

