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Mondial de l'Auto 2026 : une présence chinoise croissante qui met en lumière les opportunités de coopération sino-européenne dans le secteur automobile

le Quotidien du Peuple en ligne 30.10.2026 15h56

La Leapmotor B03, un modèle compact tout électrique, fait ses débuts à l’étranger au Mondial de l’Auto 2026, ciblant les jeunes consommateurs en Europe. (Shang Kaiyuan/Le Quotidien du peuple)

La Leapmotor B03, un modèle compact tout électrique, fait ses débuts à l'étranger au Mondial de l'Auto 2026, ciblant les jeunes consommateurs en Europe. (Shang Kaiyuan/Le Quotidien du peuple)

Les marques automobiles chinoises ont monopolisé l'attention lors du Mondial de l'Auto 2026, qui s'est tenu du 12 au 18 octobre à Paris. Sur les 59 exposants, plus de 20 étaient des entreprises chinoises, soit environ 40 % du total, un record.

Les marques ont présenté plus de 100 véhicules, dont plus d'une dizaine de premières mondiales. Leur présence à l'événement n'a cessé de s'étendre.

Les constructeurs automobiles chinois se développent en Europe avec une vision à long terme ancrée dans les marchés locaux, et visent des bénéfices mutuels et des résultats gagnant-gagnant.

XPENG, un constructeur chinois de véhicules à énergies nouvelles, a commencé la production dans une usine de Magna en Autriche. Le géant automobile chinois BYD a annoncé pendant le salon qu'il construirait deux usines supplémentaires en Europe, après l'établissement de son usine en Hongrie.

Chery, un autre constructeur automobile chinois, a indiqué qu'il rouvrirait une usine d'assemblage de véhicules à l'arrêt à Barcelone, un projet qui devrait créer plus de 1 000 emplois. Le constructeur chinois GAC a fait de la production locale une priorité dès le départ, en établissant un centre de design à Milan et en préparant la création d'un centre européen de R&D.

« En Europe, pour l'Europe » est devenu un engagement commun parmi les constructeurs automobiles chinois cherchant à bâtir une présence durable sur le marché.

Les marques chinoises s'efforcent également de séduire les consommateurs. BYD, MG — une marque détenue par le constructeur chinois SAIC Motor — et XPENG ont introduit des garanties prolongées afin de rassurer les acheteurs sur le service après-vente.

Une enquête internationale menée auprès de 2 500 Européens a révélé que 55 % d'entre eux étaient prêts à envisager une marque chinoise pour leur prochain achat de voiture, contre seulement 43 % deux ans plus tôt. En Hongrie, environ trois quarts des répondants avaient déjà inclus des marques chinoises telles que BYD dans leurs listes d'achat. Même en Allemagne, grand pays constructeur automobile, 52 % des répondants se montraient ouverts aux modèles chinois, contre seulement 37 % au début de 2024.

Li Auto expose un modèle lancé pour le marché européen. (Shang Kaiyuan/Le Quotidien du peuple)

Li Auto expose un modèle lancé pour le marché européen. (Shang Kaiyuan/Le Quotidien du peuple)

Au fond, la coopération sino-européenne dans l'industrie automobile vise à aider les deux parties à faire avancer leur transition vers l'électrification, plutôt qu'à s'engager dans une vaine compétition.

Comme l'a souligné Zhu Jiangming, président du constructeur chinois de véhicules à énergie nouvelle Leapmotor, ce n'est qu'en tenant compte des besoins des deux parties que la coopération peut produire des résultats qui dépassent la somme des contributions des deux parties.

L'industrie automobile européenne se trouve à un tournant clé, confrontée à des défis concrets, notamment des cycles de R&D longs et des coûts de conversion élevés. La participation des entreprises chinoises offre davantage de choix aux consommateurs, élargit les opportunités commerciales pour les concessionnaires et apporte une expertise technologique ainsi que des investissements à la modernisation des industries locales.

La forte complémentarité entre les deux parties a été démontrée à maintes reprises dans la pratique. Renault a achevé le développement d'un nouveau modèle en seulement 16 mois en s'appuyant sur son équipe en Chine. Une version électrique de la 2CV classique de Citroën pourrait également être produite plus rapidement grâce à la plateforme technologique de Leapmotor.

Un représentant de l'Association des constructeurs européens d'automobiles a reconnu que l'industrie automobile européenne ne peut pas achever sa transition vers l'électrification sans les capacités technologiques et la puissance des chaînes d'approvisionnement industrielles des entreprises asiatiques.

Pourtant, l'élan croissant en faveur de la coopération industrielle n'a pas été accompagné d'une évolution similaire dans le domaine politique. Alors que la coopération entre les entreprises automobiles chinoises et européennes continue de s'approfondir, certains responsables politiques européens se montrent encore méfiants à l'égard de la Chine. Le contraste entre ces deux tendances est frappant.

Cette tension a été particulièrement évidente récemment : alors même que les marques chinoises faisaient une apparition collective au Mondial de l'Auto 2026 à Paris, les entreprises chinoises n'ont pas été invitées à un dîner organisé au Palais de l'Élysée. Cet épisode rappelle que la réalité de la coopération sino-européenne dépasse les scènes animées du salon automobile. La méfiance politique continue de créer de l'incertitude pour les entreprises cherchant à travailler ensemble.

Le G9L, nouveau SUV phare intelligent de XPENG, fait ses débuts européens au Mondial de l’Auto de Paris, avec des projets de production locale en Autriche. (Shang Kaiyuan/Le Quotidien du peuple)

Le G9L, nouveau SUV phare intelligent de XPENG, fait ses débuts européens au Mondial de l'Auto 2026 à Paris, avec des projets de production locale en Autriche. (Shang Kaiyuan/Le Quotidien du peuple)

Si l'Europe veut attirer les investissements chinois pour créer des emplois et soutenir sa transition industrielle, elle doit respecter les réalités de l'investissement transfrontalier et offrir un environnement politique stable et prévisible pour une coopération commerciale légitime. Le fait de persister dans une logique à somme nulle et d'ériger à répétition des barrières commerciales et d'investissement au nom de la sécurité finira par affaiblir la volonté de coopération des entreprises et priver l'Europe des opportunités pour sa propre transformation.

L'industrie automobile est un exemple parfait d'intégration mondiale profonde, l'ouverture et la coopération restant la tendance dominante. En tant que deux des principales économies mondiales, la Chine et l'Europe ont bien plus de points communs sur le plan économique que d'intérêts concurrents. Face à une nouvelle vague de transformation industrielle, l'Europe devrait saisir l'opportunité de travailler avec la Chine pour un bénéfice mutuel plutôt que de se concentrer sur l'édification de murs et de barrières. Ce faisant, les deux parties pourront partager les fruits du développement.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)