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La baisse des investissements étrangers effectivement utilisés signifie-t-elle que les capitaux étrangers « se retirent » de Chine ?
Les données du ministère du Commerce indiquent qu'entre janvier et juillet 2026, 37 711 nouvelles entreprises à capitaux étrangers ont été créées à l'échelle nationale, soit une hausse de 4,4 % d'une année sur l'autre ; parallèlement, le montant des investissements étrangers effectivement utilisés s'est élevé à 438,33 milliards de yuans, enregistrant un recul de 6,2 % d'une année sur l'autre. D'un côté, le nombre de nouvelles entreprises à capitaux étrangers continue d'augmenter ; de l'autre, le volume des investissements étrangers utilisés a fléchi. À première vue, cette situation semble contradictoire et est aisément instrumentalisée pour alimenter le discours d'un « exode des capitaux étrangers » hors de Chine. Toutefois, une baisse des investissements étrangers utilisés équivaut-elle réellement à un « retrait » ? Pour y répondre, il ne suffit pas de se concentrer sur le chiffre global ; il convient également d'examiner l'origine des capitaux et leur destination.
L'indicateur des « investissements étrangers effectivement utilisés » mesure le montant des capitaux étrangers réellement perçus sur une période donnée ; ce chiffre est fortement sensible à des facteurs tels que le calendrier de lancement des grands projets, les modalités de financement des entreprises et les données de référence des périodes antérieures. À l'inverse, le « retrait » d'une entreprise étrangère implique la cessation de ses activités, le rapatriement de ses capitaux, de son personnel et de ses chaînes d'approvisionnement, ainsi qu'un abandon total du marché chinois. Il s'agit de concepts fondamentalement différents. Par ailleurs, le nombre de nouvelles entreprises à capitaux étrangers établies en Chine a continué de croître au cours des sept premiers mois de l'année. Si le marché chinois avait véritablement perdu de son attrait, pourquoi autant d'entreprises étrangères chercheraient-elles encore à s'y implanter ?
Plus significatif encore que le volume global est la profonde mutation structurelle à l'œuvre dans les investissements étrangers. Au cours des sept premiers mois de l'année, les investissements étrangers effectivement utilisés dans les secteurs chinois de haute technologie ont atteint 182,31 milliards de yuans -soit une hausse de 32,7 % d'une année sur l'autre- représentant 41,6 % du total national. Plus précisément, les investissements dans les services de R&D et de conception ont progressé de 72,1 %, ceux dans les services de commercialisation de technologies de 62,2 %, et ceux dans le secteur de la fabrication d'équipements électroniques et de communication de 39,9 %. En d'autres termes, alors que le volume total des investissements étrangers effectivement réalisés à l'échelle nationale a reculé de 6,2 %, les investissements étrangers dans les industries de haute technologie ont bondi de plus de 30 %. Il ne s'agit pas d'une fuite des capitaux étrangers, mais plutôt d'une reconfiguration de leur présence sur le marché chinois.
Par le passé, les multinationales s'implantaient en Chine principalement pour bénéficier d'une main-d'œuvre bon marché et de coûts fonciers réduits, considérant le pays essentiellement comme un centre de production manufacturière. La situation a changé : une chaîne industrielle complète, un vaste vivier d'ingénieurs, des scénarios d'application en évolution rapide et un marché du milieu et du haut de gamme en pleine expansion : voilà les nouveaux facteurs qui attirent les capitaux étrangers. Les modalités d'implantation évoluent également. Si l'accent était autrefois mis sur la création d'usines de transformation et de réseaux de distribution, la priorité est désormais donnée à l'installation de centres de R&D, au développement de plateformes d'innovation et à la création de sites de production haut de gamme. Ce que recherchent aujourd'hui les investisseurs étrangers, ce n'est pas seulement la réduction des coûts de production en Chine, mais la capacité d'y mener des activités de R&D, de valider des concepts et de monter en puissance plus rapidement.
En termes d'origine géographique, l'intérêt pour le marché chinois demeure soutenu. Au cours des sept premiers mois de l'année, les investissements réels en provenance d'Arabie saoudite ont bondi de 343,7 %, tandis que ceux de la France et de la Corée du Sud ont progressé respectivement de 36,1 % et de 15,8 %. Ces pays, issus de régions et de stades de développement différents, accroissent tous leurs investissements en Chine, démontrant ainsi que l'attractivité du marché ne se limite pas à quelques nations ou secteurs spécifiques. Les capitaux saoudiens recherchent des opportunités dans la transition énergétique et la diversification industrielle ; les entreprises françaises privilégient la coopération dans les secteurs de la consommation, de l'industrie manufacturière et des technologies vertes ; quant aux entreprises sud-coréennes, elles entretiennent des liens étroits avec les chaînes d'approvisionnement chinoises dans les domaines de l'électronique, de l'automobile et de l'industrie manufacturière de pointe. La logique sous-tendant cette hausse des investissements est simple : les capitaux affluent naturellement vers les régions dotées de bases industrielles solides, d'un vaste potentiel de marché et d'une capacité à générer des rendements à long terme.
Ces évolutions s'appuient sur les opportunités de marché sans cesse croissantes de la Chine et sont portées par l'ouverture institutionnelle et la dynamique d'exploration du pays. Ces dernières années, en s'appuyant sur des plateformes clés d'ouverture de haut niveau, telles que les zones franches pilotes et le port franc de Hainan, la Chine a ouvert la voie à de nouvelles approches en matière d'investissement étranger. Ces mesures ont notamment consisté à réduire la liste négative pour l'accès des investissements étrangers, à améliorer les services aux investisseurs, à affiner les règles régissant les activités économiques et commerciales internationales, et à favoriser un environnement d'affaires axé sur le marché, fondé sur l'État de droit et conforme aux normes internationales. Ces efforts ont renforcé la confiance des investisseurs étrangers et leur volonté d'investir en Chine.
Un rapport publié cette année par la Chambre de commerce américaine en Chine indique que 52 % des entreprises interrogées classent la Chine parmi leurs trois principales destinations d'investissement mondiales, tandis que 57 % prévoient d'y accroître leurs investissements. Par ailleurs, le réinvestissement des bénéfices par les entreprises à capitaux étrangers est en hausse. Les données du ministère du Commerce montrent qu'au cours des cinq premiers mois de l'année, le réinvestissement des bénéfices par ces entreprises en Chine a augmenté de 35 % d'une année sur l'autre, témoignant de la confiance persistante des multinationales envers le marché chinois.
Attirer les investissements étrangers ne s'est jamais résumé à une simple question de chiffres. Lorsqu'on observe une économie aussi vaste que celle de la Chine, qui traverse une transformation profonde, on ne peut mesurer les nouveaux développements à l'aune de critères obsolètes. Aujourd'hui, on assiste à une multiplication des nouvelles entreprises à capitaux étrangers, à un nombre croissant de multinationales implantant leurs activités de R&D et d'innovation en Chine, ainsi qu'à une accélération des investissements étrangers dans les secteurs de haute technologie ; autant de tendances qui démentent clairement le discours sur une « fuite des capitaux étrangers ».
Pour être précis, le paysage de l'investissement étranger en Chine est en train de changer de dynamique plutôt que de subir un exode. La Chine demeure aujourd'hui encore une destination de choix pour les capitaux mondiaux en quête d'opportunités de marché, tout en s'affirmant comme un pôle d'innovation majeur où les entreprises internationales se préparent à la prochaine vague de transformation industrielle.

