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Des analystes africains appellent à un renforcement des liens avec la Chine
L'Afrique doit renforcer sa coopération stratégique, notamment avec des pays comme la Chine, afin de débloquer des investissements dans les infrastructures, les technologies numériques et l'accès à de nouveaux marchés, ont souligné des analystes.
Onyango K'Onyango, expert kényan des relations sino-africaines, a insisté sur le fait que le continent a un besoin urgent d'investissements à grande échelle dans les réseaux de transport, les systèmes énergétiques, les technologies numériques, l'industrie manufacturière et le capital humain.
« Ces besoins ne peuvent être satisfaits par les seules ressources nationales. L'Afrique a donc besoin de partenariats internationaux apportant capitaux, technologies, débouchés commerciaux et expertise, tout en soutenant ses propres priorités de développement », a-t-il également remarqué.
M. K'Onyango estime par ailleurs que l'approche pragmatique de la Chine favorise une coopération économique significative en Afrique, notant que les projets d'infrastructure financés par la nation asiatique ont stimulé la connectivité régionale et élargi les opportunités commerciales à travers le continent. « Les chemins de fer, les autoroutes, les ports et les installations énergétiques ne sont pas de simples structures physiques ; ils réduisent les coûts de transport des marchandises, relient les producteurs aux marchés et renforcent l'intégration économique régionale », a-t-il déclaré.
Il a mis en avant le rôle de la Chine en tant que pôle manufacturier et marché majeur, offrant à l'Afrique des opportunités clés pour diversifier ses exportations, attirer des investissements créateurs d'emplois et s'éloigner de la simple exportation de matières premières.
De son côté, Lee Kinyanjui, secrétaire de cabinet chargé de l'investissement, du commerce et de l'industrie, a noté que la politique chinoise de droits de douane nuls libérerait un immense potentiel pour les exportateurs kényans, notamment dans le secteur agricole, et contribuerait à diversifier la gamme des produits exportés.
Dans une déclaration récente, M. Kinyanjui a affirmé que l'industrialisation rapide, le développement des infrastructures et les progrès technologiques de la Chine offraient aux pays africains de précieuses leçons susceptibles d'être adaptées localement.
Macharia Munene, spécialiste des relations internationales, a pour sa part souligné dans un commentaire récent que l'Afrique devait privilégier un commerce équitable, le transfert de technologies et le renforcement des capacités industrielles locales. Illustrant cette tendance, l'expert kényan a indiqué qu'au moins dix pays africains avaient adhéré à l'Organisation mondiale de coopération pour l'intelligence artificielle (WAICO) lors de sa création à Shanghai, en juillet.
« La WAICO comble une lacune importante en donnant la priorité aux besoins du Sud global — notamment le développement, le renforcement des capacités et l'accès équitable — plutôt qu'aux modèles restrictifs prônés par d'autres économies », a noté Cavince Adhere, spécialiste des relations internationales, dans une tribune publiée par le journal kényan Daily Nation.
« La Chine est aujourd'hui l'une des principales sources d'investissements directs étrangers en Afrique. Les entreprises chinoises opérant sur le continent ont contribué à hauteur d'environ 20 % au développement de l'Afrique au cours de la dernière décennie. Par ailleurs, il convient d'évoquer les liens entre les peuples, qui se manifestent par une intensification des échanges entre les Africains en Chine et les Chinois en Afrique », a-t-il conclu.

