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À la lisière du désert, on cultive ananas, papaye, banane, canne à sucre, pistache…
Dans la préfecture de Hotan, au Xinjiang (nord-ouest de la Chine), sous des serres à la lisière du désert, et en pleine terre sableuse, papayes, bananes, fruits du dragon, ananas prennent racine et les cannes à sucre poussent haut. Aujourd'hui, plus de 50 variétés de fruits tropicaux et subtropicaux ont été introduites et testées à Hotan.
Comment ces plantes ont-elles pu fructifier dans le désert du Nord-Ouest ?
Dans le village d'Ayimake, canton de Jiahanbage, comté de Moyu, préfecture de Hotan, l'agriculture traditionnelle dominait. Aujourd'hui, grâce aux fonds de projets de lutte contre la pauvreté, le village a construit 122 serres intelligentes. Avec l'aide de l'antenne du Xinjiang de l'Académie chinoise des sciences, des fruits qui poussaient auparavant dans les régions tropicales du Sud ont pu être plantés à la lisière du désert, ce qui a permis de réaliser ainsi la « culture de fruits du Sud au Nord ». Les habitants disposent désormais d'une option supplémentaire d'augmenter leurs revenus.
Sous les serres, les ananas forment une véritable « mer d'ananas », tandis que les papayes grosses et charnues, les bananes, les fruits du dragon au feuillage abondant seront bientôt prêts à être récoltés. Par ailleurs, d'autres fruits tropicaux et subtropicaux, comme la pitaya jaune, le jujubier vert et la goyave ont également été introduits et cultivés avec succès.
Il est à noter que toutes ces serres intelligentes sont équipées de systèmes automatiques intégrés. Les employés peuvent, depuis leur téléphone portable, effectuer l'arrosage et la fertilisation, surveiller en temps réel le pH du sol et réguler l'environnement à l'intérieur des serres.
Pour cultiver des fruits sur des sols salins et alcalins, les agriculteurs commencent par répandre du fumier de bovins et d'ovins ainsi que des coques de noix, puis procèdent à une irrigation afin de laisser les mauvaises herbes germer naturellement. Ensuite, ils retournent les mauvaises herbes avec le fumier sur les billons. Après plusieurs répétitions, la surface des billons s'élargit et s'élève progressivement, formant des billons de culture à faible teneur en sel et à bonne fertilité.
Le développement de cette filière a également permis aux villageois d'acquérir des techniques de culture. La base a recruté plusieurs étudiants diplômés en agronomie pour enseigner aux agriculteurs les méthodes de culture scientifique. Actuellement, plus de 50 villageois sont devenus techniciens agricoles, accédant ainsi à un emploi stable et à des revenus accrus.
De la canne à sucre cultivée en pleine terre sableuse
À la lisière du désert, les cultures ne se limitent pas aux serres. Dans le comté de Yutian, préfecture de Hotan, plus de 24 000 plants de canne à sucre poussent également.
Produire de la canne à sucre de qualité en pleine terre sableuse représente un défi considérable. À Hotan, les températures printanières sont très irrégulières : une vague de froid tardive peut geler les jeunes plants. Après avoir introduit des variétés de canne à sucre du Guangxi (sud de la Chine), la région a sélectionné des variétés résistantes au froid, puis y a associé des techniques de fertigation intégrée. Ce n'est qu'ainsi que la canne à sucre s'est progressivement adaptée et que sa croissance s'est améliorée.
Zhang Mingzhong, producteur de canne à sucre du comté de Yutian, prévoit d'étendre l'an prochain la surface plantée à plus de 100 mu (6,67 hectares), en espérant que davantage de personnes pourront goûter à la canne à sucre produite au Xinjiang.
Des pistachiers poussent à la lisière du désert
Outre les fruits tropicaux, une autre plante prend racine et fructifie dans la terre sableuse, à ciel ouvert, à la lisière du désert du Taklamakan : le pistachier.
Le comté de Shache, préfecture de Kashgar, au Xinjiang, a commencé à sélectionner des variétés en 2005 et a réussi à mettre au point des plants de pistachiers résistants à la sécheresse et aux sols salins et alcalins ; leur système racinaire est bien développé et il ne nécessite que deux à trois arrosages par an. En pleine production, un arbre donne 20 à 30 kilos de fruits frais. Le pistachier présente à la fois une valeur écologique de fixation des sables et une valeur économique pour l'augmentation des revenus ; c'est une essence fruitière de qualité.
Derrière tout cela, il y a à la fois des atouts naturels et un soutien technologique indéniable. À la lisière du désert, les recherches quant à l'utilisation des terres ne cessent d'ouvrir de nouvelles perspectives d'explorations et de possibilités.
Ces essais ne visent pas seulement à « faire pousser » les plantes, mais aussi à « bien les cultiver, bien les vendre et en tirer des revenus ». Les chercheurs s'enracinent dans les champs, les villageois apprennent des techniques sous les serres et dans les champs de blé et accèdent à un emploi stable. Les cultures spécialisées ouvrent de nouvelles voies pour augmenter les revenus. L'action conjointe des habitants et de la technologie ajoute une touche de verdure à la lisière du désert. Le désert et la vitalité y coexistent.

