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Les avocats kényans empruntent la voie de la politique tarifaire zéro vers la Chine
Dans la station de conditionnement de Vertical Agro Group, à la périphérie de la ville kényane de Naivasha, au milieu des travailleurs qui font le tri de légumes frais destinés à l'exportation, Hasit Shah, directeur général de l'entreprise, a conduit un groupe de hauts responsables gouvernementaux, de diplomates étrangers, de dirigeants du secteur et d'universitaires. Ils sont venus en mission pour découvrir comment la politique chinoise et la modernisation des infrastructures ont ouvert de nouveaux marchés aux entreprises kényanes de produits frais.
En août 2022, à la suite du protocole phytosanitaire conclu entre le Kenya et la Chine, Sunripe, qui fait partie de Vertical Agro Group, est devenue l'une des premières entreprises kényanes à expédier des avocats frais vers le marché chinois.
« La Chine est le plus récent et le plus dynamique des cinq marchés étrangers, à savoir le Royaume-Uni, l'Europe, le Moyen-Orient, l'Asie et les États-Unis », a déclaré Hasit Shah.
Depuis six décennies, Vertical Agro Group exploite deux stations de conditionnement à Naivasha ; les produits sont cueillis, triés, stockés en chambres froides, emballés selon les spécifications des clients et transportés vers le port sec, parcourent près de 600 kilomètres de voies ferrées pour ensuite être livrés au port de Mombasa en vue de leur expédition vers l'étranger.
Le port sec de Naivasha s'étend sur 45 000 mètres carrés, avec une capacité de manutention de 2 millions de tonnes de marchandises par an, et dessert l'Ouganda, le Soudan du Sud, le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo.
L'extension prévue de la ligne ferroviaire du SGR (Standard Gauge Railway) de Naivasha à Kisumu, puis jusqu'à Malaba, à la frontière ougandaise, permettra aux entreprises horticoles kényanes de pénétrer le marché régional, a déclaré M. Shah.
Lorsque la politique tarifaire zéro, couvrant 53 pays africains, est entrée en vigueur le 1er mai, M. Shah a été l'un des exportateurs kényans d'avocats à saluer cette mesure, affirmant qu'elle encouragerait les entreprises locales à valoriser ce fruit hautement nutritif.
Le Kenya est le troisième fournisseur d'avocats de la Chine, après le Pérou et le Chili. En 2025, le pays a enregistré 175 millions de dollars de revenus grâce à ses exportations totales d'avocats, dont 6,6 millions de dollars à destination de la Chine, a déclaré Paul Kipronoh Ronoh, secrétaire principal au Département d'État chargé de l'Agriculture.
« Parmi les autres produits présentant un fort potentiel d'exportation vers la Chine figurent les fleurs et les noix de macadamia », a déclaré M. Ronoh.
M. Ronoh a fait remarquer que Naivasha est l'un des principaux pôles horticoles du Kenya, les exportateurs locaux utilisant de manière fluide à la fois le SGR et le dépôt intérieur, ce qui se traduit par des coûts logistiques plus faibles, une meilleure connectivité aux marchés et une empreinte carbone réduite.
Guo Haiyan, ambassadrice de Chine au Kenya, a déclaré que le SGR Mombasa-Nairobi-Naivasha, projet phare de l'Initiative « la Ceinture et la Route », a stimulé la croissance dans l'arrière-pays rural grâce à une connectivité renforcée.
M. Guo a déclaré que la politique tarifaire zéro de la Chine a élargi le marché chinois pour les avocats kényans, le café ougandais, le piment rwandais et le poria congolais.
Les statistiques officielles indiquent que la Chine a importé 3 762 776 kilogrammes d'avocats du Kenya d'une valeur de 43 157 326 yuans (environ 6,1 millions de dollars) de mai à août 2026, en hausse de 63,22 % en valeur sur un an, contre une augmentation de 59,65 % au cours de la même période en 2025.
Pour le café torréfié, la Chine a importé 1 707 818 kilogrammes du Kenya d'une valeur de 98 314 108 yuans (environ 13,8 millions de dollars) sur les quatre mois, en hausse de 139,66 % sur un an, contre une progression de 97,33 % un an plus tôt.
Philip Mainga, directeur général de Kenya Railways Corporation, a déclaré : « Grâce au SGR et au dépôt de conteneurs intérieur, des investisseurs ont créé des zones de transformation pour l'exportation afin de valoriser les produits agricoles, ce qui renforce notre compétitivité à l'exportation, notre croissance et notre intégration régionale ».

