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Un aperçu de l'industrie des véhicules à énergies nouvelles chinoise (Partie 4) : « S'internationaliser » pour bâtir de nouveaux atouts et façonner un nouvel écosystème d'exportation automobile

le Quotidien du Peuple en ligne 31.08.2026 15h26
Un aperçu de l'industrie des véhicules à énergies nouvelles chinoise (Partie 4) : « S'internationaliser » pour bâtir de nouveaux atouts et façonner un nouvel écosystème d'exportation automobile
(Ji Chunpeng/Xinhua)

Note de la rédaction : « Le développement des véhicules à énergies nouvelles est la voie incontournable pour que la Chine passe du statut de grand pays automobile à celui de puissance automobile », a souligné le président chinois Xi Jinping lors de sa visite chez SAIC Motor en mai 2014. Au cours de la dernière décennie et au-delà, sous la vision stratégique et l'impulsion du président chinois Xi Jinping, l'industrie chinoise des véhicules à énergies nouvelles (VEN) a remporté des succès remarqués dans le monde entier. Elle a redéfini l'automobile, créé de nouveaux modèles industriels, restructuré la dynamique du marché, façonné un nouvel écosystème pour l'expansion mondiale et établi de nouvelles normes industrielles. Aujourd'hui, les VEN sont devenus une carte de visite prestigieuse pour le « Made in China ».

Dans la perspective du 15e Plan quinquennal et de l'objectif à long terme de réaliser pour l'essentiel la modernisation socialiste d'ici 2035, comment stimuler le développement de haute qualité de l'industrie chinoise des VEN ? Comment les VEN chinois peuvent-ils consolider et étendre leurs nouveaux avantages à l'échelle mondiale ? Une équipe de recherche conjointe, composée de journalistes du Quotidien du Peuple et de China Automotive News, a mené une étude approfondie sur ces questions.

Cette année, le 47e Salon international de l'automobile de Bangkok s'est tenu au parc des expositions IMPACT, dans la banlieue nord de la capitale thaïlandaise. Une foule de consommateurs s'est pressée sur le stand du constructeur chinois BYD pour admirer les véhicules, s'installer à leur bord et se renseigner sur les prix.

Panida, une employée d'entreprise originaire de Bangkok, s'est installée dans une BYD ATTO 2 avec son mari et son enfant. « Les voitures BYD sont proposées à des prix raisonnables, ont de faibles coûts d'utilisation et bénéficient d'un service après-vente fiable ; beaucoup de mes amis en conduisent aussi », a-t-elle déclaré.

Les véhicules chinois à énergies nouvelles séduisent rapidement le marché mondial :

En Asie du Sud-Est, les consommateurs de pays comme la Thaïlande et Singapour n'hésitent pas à faire la queue pour acquérir des modèles populaires de VEN chinois.

En Europe, cinq constructeurs automobiles chinois ont vendu au total 138 000 véhicules dans 31 pays au mois de mai, soit une augmentation de plus de 64 % d'une année sur l'autre. Pour la première fois, le nombre d'immatriculations mensuelles de voitures neuves de constructeurs chinois en Europe a dépassé celui des constructeurs japonais.

En Amérique du Sud, le Brésil est devenu la principale destination des exportations chinoises de VEN. En juillet, l'usine brésilienne de BYD a célébré la sortie de chaîne de son 100 000e VEN.

Ces scènes animées illustrent parfaitement comment l'industrie automobile chinoise accélère la mise en place d'un nouveau modèle de développement : renforcer la « grande circulation » intérieure tout en optimisant l'interaction entre les marchés national et international. En reliant les sphères nationale et mondiale et en favorisant une dynamique de renforcement mutuel, ces deux marchés et leurs ressources respectives stimulent leur succès commun.

Une analyse des tendances à long terme révèle des données de l'Association chinoise des constructeurs automobiles (CAAM) qui témoignent de la transformation de l'industrie automobile chinoise sur la scène mondiale :

977 300 unités et 7,098 millions d'unités : tels sont les volumes d'exportation d'automobiles de la Chine en 2013 et en 2025 respectivement, ce qui représente une multiplication par plus de six. Au cours de la période du 14e Plan quinquennal, les exportations automobiles de la Chine ont connu une croissance explosive, avec des augmentations annuelles atteignant l'ordre du million d'unités. Le secteur a successivement franchi les caps des 2, 3, 5, 6 et 7 millions d'unités. De janvier à juillet de cette année, les exportations automobiles du pays ont atteint 6,14 millions d'unités, soit une hausse significative de 66,8 % d'une année sur l'autre.

La Chine s'est hissée au rang de premier exportateur mondial d'automobiles, une performance dans laquelle les VEN ont joué un rôle clé. Entre 2020 et 2025, les exportations chinoises de VEN ont bondi, passant de 69 000 à 2,615 millions d'unités, soit une multiplication par plus de 36 en cinq ans.

En juin dernier, les exportations mensuelles d'automobiles de la Chine ont dépassé pour la première fois le seuil du million d'unités, enregistrant une hausse de 75,1 % d'une année sur l'autre. Les VEN ont représenté 523 000 de ces exportations, soit plus de 50 % du total et une augmentation de 160 % par rapport à l'année précédente.

Alors que les constructeurs chinois de VEN cherchent à s'imposer sur le marché mondial :

- les pionniers tels que Chery, SAIC et BYD ont tiré parti de leurs économies d'échelle et de leurs atouts technologiques pour devenir des leaders de l'expansion internationale ;

- les constructeurs traditionnels comme Geely, Chang'an et Great Wall Motor accélèrent leurs stratégies de mondialisation, en s'implantant sur les marchés étrangers grâce à une production locale et à des partenariats avec des marques internationales ;

- et les acteurs émergents tels que Xpeng, NIO et Leapmotor utilisent leur avance technologique en matière d'intelligence embarquée comme tremplin pour pénétrer progressivement le segment haut de gamme des marchés étrangers...

Cette montée en volume s'appuie sur un bond qualitatif. Des capacités de production de pointe et des produits de haute qualité constituent les moteurs de l'expansion mondiale des VEN chinois.

En termes de gamme, les exportations se composent principalement de modèles de milieu et haut de gamme — dont beaucoup sont des véhicules phares — ayant déjà fait leurs preuves sur le marché intérieur, caractérisé par une concurrence féroce. Le 16 juillet dernier, Xpeng a organisé à Munich, en Allemagne, l'événement de lancement mondial de son modèle MONA L03 ; il s'agissait d'un modèle véritablement mondial, lancé et commercialisé simultanément en Chine et en Europe.

En ce qui concerne les prix de vente au détail, les tarifs pratiqués à l'étranger sont généralement plus élevés que sur le marché intérieur. Le BYD ATTO 3 (connu sous le nom de Yuan PLUS en Chine) est proposé à partir de 120 000 RMB sur le marché chinois, alors que son prix en Europe équivaut à plus de 300 000 RMB. La version haut de gamme de la Zeekr 001 rivalise directement avec les modèles de luxe européens traditionnels, avec un prix dépassant les 70 000 euros.

Sur le plan de l'image de marque, les VEN chinois sont désormais synonymes de « haut de gamme » et de « haute qualité », rompant ainsi totalement avec l'ancien stéréotype associant les véhicules à moteur thermique chinois au « bas de gamme » et au « bon marché ».

La commercialisation mondiale des VEN redéfinit en permanence la valeur de la marque « Made in China » sur le marché international.

Au cours de ce parcours, l'expansion internationale des VEN chinois a franchi trois étapes clés : le passage de l'exportation de véhicules complets à celle de la chaîne industrielle, pour aboutir enfin à l'exportation de l'écosystème tout entier. À mesure qu'évolue la logique de l'expansion mondiale, les constructeurs automobiles chinois accélèrent leur transition vers une « intégration systémique », en s'ancrant durablement à l'étranger à travers des dispositifs incluant l'implantation d'usines, l'adoption de normes techniques et le renforcement de la présence de la marque. SAIC a mis en place des équipes locales dédiées à la R&D, aux opérations et au service après-vente, avec pour objectif d'atteindre un volume de ventes à l'étranger de 1,07 million d'unités en 2025 et un total cumulé dépassant les 6 millions d'unités. La MG4 EV de SAIC a séduit les consommateurs au Royaume-Uni, en Allemagne, en Australie et dans d'autres pays grâce à son design marquant et à son excellente tenue de route. Un dirigeant du groupe a déclaré : « Nous appliquons le principe d'une "vision mondiale pour une action locale", en élaborant des stratégies précises et différenciées, adaptées aux réglementations, aux conditions routières et aux habitudes de consommation de chaque région ».

Les activités de Chery s'étendent désormais à plus de 130 pays et régions. En Amérique du Sud, où le relief est accidenté et montagneux, les consommateurs recherchent une puissance élevée ; les ingénieurs de Chery ont par conséquent optimisé les performances d'accélération et de franchissement de côtes. Au Moyen-Orient, où les déserts prédominent et où les particules de sable peuvent endommager les composants, les ingénieurs ont spécifiquement renforcé l'étanchéité de l'habitacle. Fin juin de cette année, une usine en coentreprise exploitée par Chery et le groupe espagnol Ebro Motors a inauguré une nouvelle ligne de production.

De son côté, BYD a mis en œuvre une stratégie soutenue et approfondie visant à devenir un « co-bâtisseur et acteur » des chaînes industrielles locales dédiées aux nouvelles énergies.

BYD a pleinement intégré ses activités de R&D, de fabrication, de vente, de service, de chaîne d'approvisionnement et même ses modèles économiques au marché brésilien. Ses opérations englobent non seulement la fabrication de véhicules complets, de bus électriques et de châssis de camions, mais aussi le développement de capacités de production intégrées — telles que la transformation de matériaux pour les batteries au lithium-fer-phosphate (LFP) — ainsi que le développement d'un vaste réseau de fournisseurs locaux. D'ici 2027, la part des fournisseurs locaux dans les activités de BYD devrait dépasser les 50 %.

Sur les marchés matures d'Europe et des États-Unis, des multinationales adoptent et adaptent de manière proactive les approches technologiques chinoises. Stellantis s'est associé à Leapmotor pour des systèmes de propulsion électrique et mène des pourparlers avec Huawei et JAC en vue de lancer des modèles développés conjointement sous la marque Maserati ; cette initiative marque la première intégration de la technologie propriétaire complète (« full-stack ») de Huawei dans l'écosystème d'une marque de luxe européenne historique.

En juillet dernier, CATL et Octopus Energy — le plus grand fournisseur d'énergie du Royaume-Uni — ont annoncé la création d'une coentreprise visant à introduire en Europe la technologie chinoise d'échange de batteries « Qiji ». Ce partenariat a pour objectif de construire des « super-hubs » d'échange de batteries, avec la mise en service d'une première série de stations de démonstration prévue au Royaume-Uni pour l'année prochaine. Il s'agit d'une nouvelle étape clé dans l'expansion de l'industrie chinoise des véhicules à énergies nouvelles au sein des écosystèmes mondiaux.

L'expansion à l'international ne se fait jamais sans heurts ; ces dernières années, le paysage politique mondial s'est révélé particulièrement instable. En 2023, la Turquie a imposé un droit de douane supplémentaire de 40 % sur les véhicules électriques chinois ; en 2024, l'Union européenne a instauré des droits compensateurs pouvant atteindre 35,3 % sur ces mêmes véhicules, tandis que les États-Unis ont imposé une taxe de 100 % ; enfin, pour 2026, le Mexique prévoit des droits de douane allant jusqu'à 50 % sur les voitures particulières provenant de pays n'ayant pas d'accord de libre-échange. Barrières commerciales, coûts de conformité et différences culturelles : autant de défis redoutables.

« Faire face à des problématiques variées selon les régions est une étape inévitable pour les entreprises chinoises qui s'internationalisent ; c'est à la fois un test d'envergure et une précieuse opportunité de croissance », a commenté Luo Hao, directeur général adjoint de la division Marque et Relations publiques du groupe BYD.

La capacité à enregistrer une forte croissance malgré ces vents contraires s'explique par le fait que la stratégie d'expansion mondiale adoptée par les constructeurs chinois de VEN ne se résume jamais à une simple pénétration de marché à sens unique ou à un jeu à somme nulle ; elle privilégie au contraire le bénéfice mutuel et la prospérité partagée.

« Notre philosophie repose sur l'idée d'agir localement pour la communauté locale : nous voulons contribuer au développement du territoire en créant des emplois, en formant des talents, en générant des recettes fiscales et en élevant le niveau de l'industrie locale », explique Yin Tongyue, président de Chery Automobile.

Chang'an construit actuellement une base de production de VEN écologiques et intelligents à Rayong, en Thaïlande. En intégrant des technologies telles que la production d'énergie photovoltaïque et des systèmes de récupération des eaux, l'installation parvient à un rejet d'eaux usées quasi nul et réduit considérablement la consommation d'énergie par unité produite.

Geely a pris une participation dans Proton, une marque nationale malaisienne, et l'a dotée de technologies, d'une expertise en gestion et de ressources pour sa chaîne d'approvisionnement. Ce soutien a permis à l'entreprise de transformer ses pertes en bénéfices et de revitaliser la marque.

Les constructeurs chinois de VEN ont constamment prôné une mondialisation économique inclusive, offrant aux populations du monde entier — en particulier dans les pays du Sud global — des véhicules de haute qualité et abordables, adaptés à leurs réalités économiques, à leurs modes de vie et à leur pouvoir d'achat.

À Rio de Janeiro, au Brésil, Lucas, employé de bureau, achetait auparavant des voitures d'occasion. Après être passé à une berline chinoise à énergies nouvelles, il a trouvé l'agilité du véhicule idéale pour circuler dans les rues étroites des quartiers anciens de la ville, tandis que les coûts de recharge extrêmement bas ont considérablement allégé sa charge financière.

En Afrique du Sud, Shane, entrepreneur dans le secteur de l'assistance routière, dépend énormément de son véhicule au quotidien. Ses anciens véhicules tombaient souvent en panne, mais depuis qu'il a opté pour un véhicule chinois à énergies nouvelles, la robustesse et la fiabilité de ce dernier ont totalement résolu ses problèmes de transport, permettant à son activité de se dérouler sans accroc. Selon les données de l'Organisation internationale des constructeurs d'automobiles (OICA), près de 80 % du potentiel de croissance du marché automobile mondial se concentre dans le Sud global. Tirant parti de leur avantage de précurseur dans l'électrification et les technologies intelligentes, ainsi que de l'efficacité des coûts sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, les constructeurs chinois de véhicules à énergies nouvelles ont non seulement rendu accessible le rêve — autrefois lointain — de posséder une voiture pour de nombreuses familles ordinaires du Sud global, mais ils ont également offert aux pays en développement une voie écologique vers une mobilité intelligente et électrique.

Les constructeurs automobiles chinois avancent à grands pas dans leur volonté de bâtir des entreprises automobiles de classe mondiale.

Vers la fin de l'année 2025, l'industrie automobile chinoise a franchi trois étapes majeures, chacune impliquant le chiffre « 30 millions » : FAW-Volkswagen a vu sortir de ses chaînes son 30-millionième véhicule ; Chang'an Automobile a produit son 30-millionième véhicule sous une marque chinoise ; et le volume annuel de production et de ventes d'automobiles du pays a dépassé les 31 millions d'unités.

China Chang'an Automobile Group Co., Ltd. — une nouvelle entreprise publique centrale établie à Chongqing en juillet 2025 — a lancé son initiative « Haina Baichuan » (qui signifie « tout englober » ou « vaste ouverture »). Ce plan définit un nouveau positionnement stratégique ainsi qu'un objectif majeur : bâtir un groupe automobile de classe mondiale, doté de technologies clés propriétaires et d'une compétitivité à l'échelle internationale.

« Nous accordons la priorité à la mise en place de centres de service, de centres de pièces détachées et de centres d'appels afin de bâtir un écosystème de services robuste ; nous voulons nous ancrer durablement sur ces marchés », a noté Jia Lishan, directeur général adjoint de Chang'an Automobile. L'entreprise prévoit d'ouvrir plus de 1 000 points de vente et de service en Europe d'ici 2030.

En 2025, BYD a dépassé Tesla pour devenir le premier vendeur mondial de véhicules électriques à batterie (VEB). Le 9 juin de cette même année, Wang Chuanfu, fondateur et président de BYD, a réaffirmé son objectif ambitieux lors de l'assemblée générale des actionnaires : atteindre la première place mondiale en termes de volume d'activité d'ici cinq ans. Il est également à noter que BYD a inauguré cette année sa première ligne « SkyRail » (monorail) à l'étranger et prévoit d'achever le déploiement de 6 000 stations de recharge rapide hors de Chine d'ici mars prochain.

Jia Jianxu, président de SAIC Motor, estime que la proposition de valeur sous-tendant l'expansion internationale des constructeurs automobiles chinois a évolué : il ne s'agit plus simplement de conquérir des parts de marché, mais de bâtir une communauté industrielle mondiale.

« Chacun excelle à sa manière tout en prospérant aux côtés des autres ; les fruits de la transformation de l'industrie automobile chinoise profitent au monde entier », a de son côté déclaré Liu Yan, conférencier principal au Centre de recherche sur la stratégie et les politiques automobiles de Chine. Alors que les VEN circulent de plus en plus sur les routes du monde entier et que les expériences de mobilité intelligente et connectée bénéficient aux populations de nombreux pays en développement, l'expansion des VEN chinois sur les marchés internationaux témoigne non seulement du succès de la croissance industrielle, mais aussi, de manière éclatante, d'un développement vert et bas carbone ainsi que de la philosophie de la civilisation écologique.

(Par Xu Lijing, Xie Rongbin, Du Haitao, Gui Junsong, Wang Zheng, Shen Qian, Ge Mengchao et Feng Yingjie)

(Web editor: Ying Xie, Yishuang Liu)