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Des robots fraîchement sortis de « l'école » passent à l'action
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| En mai à Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est de la Chine), un robot sert du café dans la salle d'exposition de la base pilote nationale pour les applications d'IA incarnée. (Fan Yuqing/Xinhua) |
Dans une « école » de Hangzhou (est de la Chine) des « enseignants » télécommandent à la main et enregistrent chaque mouvement à l'aide de capteurs, et ces « élèves » répètent sans cesse la même tâche jusqu'à ce qu'ils la maîtrisent parfaitement.
Ces « élèves » sont en réalité des robots. Inaugurée le 16 mai, cette installation nationale dédiée à l'intelligence artificielle incarnée, également surnommée le « centre de formation professionnelle national » pour robot, a pour but de faire passer les machines à un usage quotidien. Ici, plus de 140 robots sont actuellement en formation dans plus de 40 scénarios professionnels, tels que le travail dans une cuisine intelligente, des entrepôts, des fermes et même une reconstitution d'une galerie de mine sombre.
Les robots chinois ont fait sensation auprès du public avec des saltos arrière, de la boxe et des chorégraphies. Mais le véritable défi consiste désormais à savoir s'ils peuvent effectuer des tâches quotidiennes de manière fiable, car ce casse-tête revient souvent : les robots performent en simulation mais échouent souvent face au désordre des environnements réels. Afin de pallier ce problème, la base fournit des espaces partagés où les technologies peuvent être testées, affinées et validées avant d'être déployées massivement.
L'institut fonctionne selon une double approche, combinant à la fois formation en situation réelle et simulation virtuelle haute-fidélité. Dans les scénarios physiques, les techniciens humains téléopèrent les robots pour qu'ils effectuent des tâches en boucle. Par exemple dans la simulation d'une cuisine intelligente, Hangzhou Big Data Cloud AI Technology enseigne depuis novembre aux robots un cycle complet de restauration : prendre les commandes, aller chercher les ingrédients, faire sauter un plat en trois à quatre minutes, puis le dresser et enfin débarrasser la vaisselle. Chaque mouvement réussi est enregistré par des capteurs comme un « matériau pédagogique brut » pris en compte comme modèle.
La question du coût est cruciale. Yang Jiandang, cofondateur de Hangzhou Big Data Cloud AI Technology, ainsi que Zhang Haiwei, fondateur de la société de motion capture (capture de mouvement) Chingmu, sont d'accord sur ce point. Et comme la base fournit déjà une partie des infrastructures et des capacités techniques nécessaires, ils peuvent déjà commencer un test de faisabilité à moindre coût.
En termes d'efficacité, la base contribue aussi à rapprocher les professionnels dans le domaine. La société de logistique Transfar et le fabricant de robots Unitree travaillent conjointement sur un scénario d'entrepôt où des robots humanoïdes à roues prélèvent, scannent et transportent des objets de formes variées. Ailleurs, des chariots élévateurs intelligents empilent des charges avec une précision allant jusqu'à 1 mm, et des robots récoltent des fruits mûrs 24 heures sur 24.
L'autre point positif majeur de cette base se trouve également dans le fait qu'elle rassemble tout. Zhou Chen, PDG de DexRobot le confirme en disant : « La base est comme une bibliothèque de livres mais pour la robotique. On y vient parce que tout ce dont on a besoin est sur les étagères. » Chingmu et DexRobot, spécialiste des mains dextres, situés dans le même bâtiment, ont d'ailleurs créé un laboratoire commun. Avec autant d'entreprises rassemblées au même endroit, les entreprises peuvent réaliser des évaluations préliminaires et réduire les coûts de décision.
Li Xingteng, directeur général adjoint de Hangzhou Embodied Intelligence Pilot Base Technology (l'exploitant de la base), renforce l'idée que l'objectif de la plateforme est de mettre en relation les acteurs de toute la chaîne robotique et de transformer les forces spécialisées des entreprises en solutions intégrées.
La formation bénéficie également du soutien des institutions. En juin, le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information et la Commission de supervision et d'administration des actifs d'État ont lancé une initiative 2026 visant à promouvoir la formation en situation réelle et le déploiement régulier des robots et autres produits d'IA incarnée. La première réglementation locale chinoise dans ce domaine est également entrée en vigueur à Hangzhou le 1er mai.
La base n'est qu'un maillon d'une dynamique plus large. Hangzhou abrite désormais plus de 700 entreprises liées à la robotique, et son pôle d'IA incorporée a généré, selon les données officielles, une production de 106,8 milliards de yuans en 2025, soit près de 15,73 milliards de dollars américains.
Li Xingteng, directeur général adjoint, indique que les produits d'IA incarnée matures formés à la base seront déployées dans des communautés expérimentales, où les problèmes seront identifiés et résolus par une utilisation concrète dans le monde réel.


