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RDC/Ebola : le CDC Afrique juge prématuré de considérer l'épidémie comme maîtrisée malgré des signes positifs

Xinhua 04.09.2026 08h28

Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) a estimé jeudi qu'il était encore trop tôt pour considérer comme maîtrisée l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), malgré des signes de stabilisation observés ces dernières semaines.

"Il est encore trop tôt pour dire que nous maîtrisons l'ensemble de l'épidémie", a déclaré Wessam Mankoula, responsable de l'Africa CDC, lors d'un point de presse en ligne, soulignant que l'épidémie "continue d'évoluer".

Selon le dernier rapport de situation du gouvernement congolais, rendu public jeudi, la RDC avait enregistré, au 1er septembre, 6.250 cas confirmés et 3.039 décès, soit un taux de létalité de 48,6%. Au total, 1.439 patients ont été déclarés guéris. L'épidémie a touché 60 zones de santé réparties dans six provinces.

Quatre zones de santé ont interrompu la transmission après n'avoir enregistré aucun nouveau cas pendant plus de 42 jours, tandis que cinq autres se trouvent en "phase de contrôle", avec une période sans nouveau cas comprise entre 21 et 42 jours. La transmission reste toutefois active dans 51 zones de santé, selon M. Mankoula.

"Au cours des deux dernières semaines, nous avons observé une baisse du nombre de cas. Nous sommes presque dans une phase de plateau", a-t-il déclaré, tout en avertissant qu'il était "encore très tôt pour dire que nous enregistrons une baisse durable de cette épidémie".

Selon lui, ce plateau pourrait notamment refléter le renforcement de la surveillance, la détection et l'isolement plus précoces des cas, la recherche active des cas, les mesures de prévention et de contrôle des infections, ainsi qu'une meilleure prise en charge des malades.

"Nous espérons que, lorsque nous suivrons maintenant la troisième semaine, ce plateau se poursuivra avant que nous commencions à observer une baisse", a-t-il indiqué.

M. Mankoula a toutefois appelé à la prudence. "Nous avions déjà observé un tel plateau en juin, qui avait ensuite été suivi d'une augmentation. C'est pourquoi nous interprétons ces données avec prudence", a-t-il dit.

Déclarée en mai, l'épidémie actuelle est depuis devenue la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, ainsi que la deuxième plus importante au monde, derrière l'épidémie qui avait frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016.

M. Mankoula a également averti que l'Ouganda restait exposé à un risque d'importation de cas, bien que ce pays ait récemment déclaré la fin de sa propre épidémie d'Ebola, alors que la transmission se poursuit dans l'est de la RDC, près de la frontière ougandaise. Il a souligné la nécessité de maintenir une surveillance renforcée aux points d'entrée et dans les communautés frontalières afin de détecter rapidement tout éventuel cas importé.

En l'absence de vaccin ou de traitement homologué ciblant spécifiquement le virus Bundibugyo, cause à l'origine de l'épidémie actuelle, les autorités sanitaires évaluent actuellement plusieurs outils médicaux expérimentaux ou réutilisés.

Le vaccin Ervebo, homologué contre le virus Ebola Zaïre, est actuellement évalué afin de déterminer s'il peut offrir une protection contre le virus Bundibugyo. "L'efficacité du vaccin Ervebo contre le virus Bundibugyo n'a pas encore été démontrée", a déclaré Placide Mbala Kingebeni, directeur de la recherche, des essais cliniques et de l'innovation au CDC Afrique, lors du point de presse.

"Nous pensons donc pouvoir fournir très prochainement une réponse plus détaillée et plus précise sur le niveau de protection croisée offert par le vaccin disponible", a-t-il ajouté.

Dans le cadre d'un protocole d'utilisation compassionnelle, le vaccin est également administré aux personnels de santé et aux agents en première ligne. Selon du CDC Afrique, plus de 1.100 personnels de santé et agents de première ligne avaient reçu le vaccin d'Ervebo au 1er septembre.

"Les actions progressives ne sont plus efficaces. Il est temps d'intensifier l'ensemble des interventions afin de maîtriser la situation sur le terrain", a déclaré M. Mankoula dans ses remarques de clôture, appelant notamment à renforcer les ressources humaines, les fournitures médicales, les mesures de prévention et de contrôle des infections ainsi que les capacités de prise en charge.

Le directeur général du CDC Afrique, Jean Kaseya, avait déclaré mercredi que l'épidémie d'Ebola en RDC "reste extrêmement grave et continue de se propager". "Malgré les efforts considérables du gouvernement et de ses partenaires, nous ne sommes pas encore là où nous devons être", avait-il indiqué.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)