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RDC/Ebola : plus de 3.000 morts, l'ONU appelle à intensifier d'urgence la riposte

Xinhua 03.09.2026 08h23

Le bilan de l'épidémie d'Ebola en cours en République démocratique du Congo (RDC) a dépassé les 3.000 morts, poussant les Nations Unies à appeler à une intensification urgente de la riposte face à sa propagation rapide.

En date du 31 août, le pays avait enregistré 6.186 cas confirmés, dont 3.007 décès, soit un taux de létalité de 48,6%, selon le dernier rapport de situation du gouvernement. Au total, 1.409 patients ont guéri, tandis que 830 autres restent en isolement ou dans des centres de traitement Ebola.

L'épidémie a touché 60 zones de santé dans six provinces, à savoir l'Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uélé. L'Ituri demeure l'épicentre, concentrant 81,9% de l'ensemble des cas confirmés enregistrés dans le pays.

Tom Fletcher, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence, a déclaré mardi lors d'une réunion en ligne consacrée à l'épidémie que la riposte avait été renforcée, mais que le virus se propageait encore plus rapidement.

"Si nous n'intensifions pas d'urgence la riposte, davantage de vies seront perdues et la menace s'aggravera", a-t-il averti, soulignant que l'épidémie frappait un pays déjà confronté à une grave crise humanitaire et s'était propagée dans des zones où l'insécurité limite l'accès humanitaire et où les systèmes de santé sont fragiles.

Selon M. Fletcher, la réponse ne peut pas être renforcée de manière progressive face à une épidémie qui connaît désormais une "croissance exponentielle". Il a appelé à une opération durable et à grande échelle, avec davantage de capacités de traitement, d'équipes chargées des enterrements sûrs et dignes, ainsi qu'un meilleur accès pour le personnel et les fournitures humanitaires.

Plus de 40 agents de santé sont morts d'Ebola en tentant de sauver des patients, tandis que des centres de traitement et des ambulances ont été attaqués, a-t-il indiqué. Le plan révisé des besoins et de la réponse humanitaires pour la RDC en 2026 nécessite 2,1 milliards de dollars, dont 300 millions consacrés aux activités liées à Ebola. Malgré plus d'un milliard de dollars déjà mobilisés, environ la moitié du déficit de financement subsiste.

Parallèlement, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié de nouvelles orientations sur l'utilisation du vaccin Ervebo dans le cadre de l'épidémie actuelle, causée par la souche Bundibugyo du virus.

L'Ervebo est actuellement le seul vaccin homologué contre Ebola, mais son autorisation concerne la maladie causée par la souche Zaïre du virus. L'OMS souligne que l'étendue de la protection que pourrait conférer ce vaccin contre la souche Bundibugyo reste inconnue.

Selon l'OMS, aucune donnée sur l'efficacité d'Ervebo contre la souche Bundibugyo chez l'être humain n'est encore disponible. Les données actuellement disponibles restent insuffisantes pour déterminer si le vaccin offre une protection cliniquement significative contre l'infection, la maladie grave ou le décès liés à la souche Bundibugyo.

L'OMS recommande donc, à ce stade, que l'utilisation d'Ervebo se fasse uniquement dans le cadre de protocoles de recherche. Elle estime qu'un essai clinique randomisé de vaccination en anneau constitue l'approche la plus fiable pour déterminer son efficacité contre le virus responsable de l'épidémie actuelle.

Déclarée en mai, l'épidémie actuelle est devenue la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, ainsi que la deuxième plus importante au monde, derrière celle qui a frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)