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31 ans plus tard, une autoroute du désert dans le Xinjiang reste ouverte grâce aux efforts de végétalisation
Au cœur du désert du Taklamakan, dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang (nord-ouest de la Chine), certains disaient, il y a 31 ans, que l'autoroute du désert de Tarim finirait ensevelie sous le sable et abandonnée. Aujourd'hui, cet itinéraire est protégé par une ceinture verte de 436 kilomètres composée de plus de 20 millions de plants.
Longue de 562 kilomètres et entièrement ouverte en octobre 1995, l'autoroute a établi un corridor énergétique à travers le désert, mais il fallait de la végétation pour retenir le vent et le sable. Les conditions sont rudes avec moins de 11 millimètres de pluie par an, une eau souterraine abondante mais très salée, et une concentration en sel de 27,8 grammes par litre que la plupart des plantes ne peuvent tolérer.
Pour trouver des espèces capables de survivre, le champ pétrolifère de Tarim, un important producteur de pétrole et de gaz de la région, et l'Institut d'écologie et de géographie du Xinjiang, rattaché à l'Académie chinoise des sciences, ont lancé un programme de sélection végétale. Le tamaris, l'haloxylon et le calligonum, tous des arbustes robustes du désert, se sont révélés prometteurs. Le projet de ceinture protectrice a débuté en août 2003, en même temps que le jardin botanique de Tazhong.
Le jardin botanique a introduit près de 500 espèces végétales, dont plus de 230 ont prospéré. L'acclimatation est l'étape la plus longue : il peut falloir trois à cinq ans pour déterminer si une espèce peut survivre dans le désert.
« Les plantes qui ont été sélectionnées et acclimatées peuvent toutes être irriguées directement avec de l'eau salée », a déclaré Chang Qing, ingénieur principal à l'institut.
Lorsque le projet a été achevé en 2005, les plantes formaient une barrière écologique de plus de 70 mètres de large, avec un taux de survie supérieur à 85 %.
Maintenir cette ceinture en vie est une tâche quotidienne. Au total, 109 maisons de puits sont réparties le long de l'autoroute. Le champ pétrolifère de Tarim y affecte du personnel toute l'année.
Guan Deying passe huit mois par an à s'occuper de deux maisons de puits avec son mari, et ouvre chaque matin la vanne d'eau, laissant l'eau salée pompée à plus de 80 mètres de profondeur s'écouler par les lignes de goutte-à-goutte jusqu'aux racines des plantes. En plein été, la surface de la route peut atteindre 40 degrés Celsius, tandis que la température du sable peut dépasser 50 degrés.
En 2022, le champ pétrolifère a lancé une initiative « lutte contre la désertification et énergies nouvelles », en remplaçant les pompes diesel de ses 109 puits par l'énergie solaire. Les installations solaires, d'une capacité installée totale de 3 540 kilowatts, couvrent entièrement les besoins quotidiens d'irrigation de la ceinture verte, a déclaré Chen Wen, directeur exécutif et secrétaire du Parti de la zone de gestion pétrolière et gazière de Tazhong du champ pétrolifère.
La ceinture protectrice absorbe également environ 32 000 tonnes de carbone par an, soit l'équivalent des émissions de près de 300 000 véhicules qui empruntent l'autoroute, contribuant à faire de celle-ci un corridor de transport bas carbone.
La végétation de la ceinture protectrice atteint désormais une hauteur moyenne de plus de 2 mètres. Plus de 100 espèces d'oiseaux se sont installées le long du corridor vert, tandis que des lièvres, des gerbilles et des renards des sables y ont également élu domicile.

