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Le parcours d'un ouvrier d'usine devenu champion de boulangerie
Gong Xin, enseignant au Collège technique de Wuzhong, à Suzhou, dans la province chinoise du Jiangsu (est de la Chine), était le leader de l'équipe de boulangerie de la Chine lors de la 48e édition du concours WorldSkills, qui s'est achevée le 26 septembre. Maintenant âgé de 31 ans, il n'avait jamais entendu parler d'un concours international de boulangerie avant ses 20 ans.
Gong Xin travaillait auparavant comme ouvrier dans une usine à Shenzhen, dans le province du Guangdong (sud de la Chine), où il gagnait plus de 8 000 yuans (environ 1 193 dollars) par mois.
« Un soir, mes parents m'ont demandé de choisir parmi trois métiers : cuisinier, coiffeur ou décorateur de gâteaux. Ils ont dit que si j'apprenais un métier, je pourrais retourner dans ma ville natale et ouvrir ma propre boutique un jour. » Après y avoir réfléchi une seule nuit, Gong a choisi la troisième option.
Gong est parti de zéro dans un centre de formation, puis est passé d'apprenti pâtissier à gérant de magasin. En octobre 2015, à l'âge de 20 ans, il a démissionné, a quitté Shenzhen et a obtenu un poste d'enseignant au Collège technique de Wuzhong, à Suzhou, dans la province du Jiangsu (est de la Chine). Le salaire mensuel de 2 500 yuans (environ 373 dollars) lui a fait se demander s'il n'avait pas fait le mauvais choix en quittant Shenzhen.
Quelques mois plus tard, son mentor lui a demandé s'il souhaitait participer à la 44e édition du concours WorldSkills. Cette année-là, la boulangerie venait d'être ajoutée comme épreuve. Une seule place était disponible pour représenter la Chine à l'étranger, les concurrents ne devaient pas avoir plus de 22 ans l'année de la compétition et ne pouvaient y participer qu'une seule fois dans leur vie.
Pour se préparer à la compétition, Gong restait près du four, utilisant des outils faits maison pour traiter les bulles qui se formaient sur le pain. N'ayant nulle part où s'entraîner, il attendait que ses élèves soient partis et s'entraînait toute la nuit.
Après des mois de préparation intensive, Gong est finalement parvenu à la compétition nationale. Mais au moment où il a ouvert sa caisse à outils, son esprit s'est vidé. Cette année-là, il a terminé sixième au niveau national et a manqué le concours WorldSkills.
Ce dont Gong reste reconnaissant, c'est que les membres du comité d'experts ont vu sa concentration lorsqu'il faisait du pain et sa passion pour le métier, et l'ont invité à participer à d'autres concours de boulangerie.
En 2020, lors de la 10e Coupe du Monde de la Boulangerie à Paris, Gong a présenté sa création, une structure de plus de 300 « composants » de pain, exécutée en seulement huit heures. Cette fois, Gong est monté sur le podium tandis que l'hymne national chinois retentissait dans la salle. C'était la première fois que la Chine remportait le titre depuis la création de la Coupe du Monde de la Boulangerie en 1992.
En 2023, la finale mondiale du 9e Mondial du Pain s'est tenue à Nantes, en France. Surnommée les « Jeux olympiques du pain », la compétition exigeait que Gong et son équipe réalisent plus de 100 pièces de pains en 8,5 heures. Au milieu d'une série de déboires, Gong a même pensé à abandonner. « Mais j'ai alors réalisé que je ne concourais pas en individuel. Je représentais la Chine », a-t-il déclaré. « Derrière vous, il y a une équipe et tout un pays, pas seulement vous-même. » La Chine a remporté le titre, et Gong a décroché le prix du meilleur pain artistique.
Aujourd'hui, Gong travaille en coulisses, entraînant de jeunes concurrents et comptant parmi les plus jeunes membres du jury du circuit international des concours de boulangerie. Au début de chaque semestre, il partage une phrase avec ses étudiants : S'il existe un miracle en ce monde, ce n'est qu'un autre nom pour le travail acharné.

