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Vers un désert vert, l'effort de chaque génération
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| (Lang Bingbing/Xinhua) |
À la ferme forestière de Babusha, dans le comté de Gulang, dans la province du Gansu (nord-ouest de la Chine), Guo Xi, 41 ans peut désormais, sans sortir, utiliser un drone pour détecter les risques d'incendie et les ravageurs sur 5 000 hectares de terres agricoles.
En ce qui concerne l'irrigation, son grand-père transportait autrefois l'eau à dos d'âne, ses oncles à l'aide de véhicules agricoles, tandis qu'à sa génération, on utilisait des camions-citernes de 15 tonnes. « Maintenant, nous avons l'irrigation goutte à goutte », explique Guo Xi, travailleur de la lutte contre la désertification de troisième génération.
Aujourd'hui, les systèmes d'irrigation goutte à goutte intelligents peuvent être gérés à distance, rendant l'apport en eau plus précis et plus efficace, là où les camions-citernes avaient autrefois du mal à atteindre les étendues de sable isolées. « Nous devons utiliser la technologie pour rendre la lutte contre la désertification et la gestion forestière plus efficaces », a-t-il déclaré.
Guo Xi est témoin de ce changement depuis son enfance.
« Aujourd'hui, partout où l'on regarde, c'est vert. Les deux générations précédentes ont travaillé pendant des décennies pour nous laisser cette oasis. » Il espère maintenant que l'un de ses trois enfants reviendra un jour à Babusha pour utiliser une technologie plus professionnelle et plus avancée pour l'entretenir et la protéger.
Le relais générationnel a débuté en 1981, lorsque six villageois du canton de Tumen — Guo Chaoming, He Falin, Shi Man, Luo Yuankui, Cheng Hai et Zhang Runyuan, tous âgés de 50 ans ou plus — se sont réunis pour planter des arbres, fixer les dunes et aménager 5 000 hectares de sable mouvant, alors que la désertification se rapprochait des villages et des terres agricoles.
Guo Wangang, secrétaire du Parti communiste chinois et directeur de la ferme forestière de Babusha, a poursuivi l'œuvre de son père Guo Chaoming en tant que deuxième génération.
Pour Guo Wangang, aujourd'hui âgé de 74 ans, perpétuer l'héritage de son père exige de la persévérance. Il se lève encore à 5 heures du matin pour organiser l'irrigation et l'entretien de la forêt. « Une part de plantation, neuf parts d'entretien », explique-t-il. « Planter un arbre n'est que le début. Ce qui compte le plus, c'est de le maintenir en vie. »
Depuis 2019, la ferme forestière de Babusha a accompli un boisement sur 13 900 hectares et a restauré environ 10 587 hectares de forêts dégradées. La couverture végétale dans les zones de première ligne placées sous sa gestion a dépassé les 70 %, formant un brise-vent vert d'environ 10 kilomètres du nord au sud et 8 kilomètres d'est en ouest.
L'eau reste l'un des plus grands défis de la ferme.
« Sans eau, l'arbre peut disparaître d'un claquement de doigt », a déclaré Guo Wangang.
En 2024, en tant que député de l'Assemblée populaire municipale, Guo Wangang a soumis une motion pour résoudre le problème. Un réservoir de 500 000 mètres cubes a été construit, accompagné d'un réseau d'irrigation goutte à goutte, garantissant une source d'approvisionnement en eau stable pour l'ensemble de la ferme forestière.
Les progrès de la ferme forestière se reflètent également dans la vie des personnes qui y ont travaillé.
He Zhongqiang, un autre travailleur de la deuxième génération, a raconté qu'une violente tempête de sable l'avait convaincu, lui et ses pairs, de s'attaquer aux sources de sable environnantes et d'étendre la lutte à 7 600 hectares supplémentaires de terres désertifiées, un travail qui leur avait apporté un profond sentiment d'accomplissement. « Voir la terre s'améliorer et la vie des gens devenir plus sûre rend toutes les difficultés dignes d'être vécues », a-t-il déclaré.
Pour Ma Shengrong, un garde forestier de la ferme, le vent et le sable qui menaçaient autrefois d'ensevelir les récoltes locales ne sont plus qu'un lointain souvenir. Liu Wancheng, 57 ans, arrivé en 1991 de la région montagneuse du sud de Gulang, a affirmé pouvoir désormais gagner plus de 50 000 yuans par an grâce au salaire de la ferme, alors qu'autrefois il ne gagnait qu'un peu plus de 40 yuans (5,93 dollars) par mois. « Les gens avancent, le sable recule. Nous avons non seulement maîtrisé le sable, mais les gens peuvent aussi en tirer un revenu », a-t-il ajouté.
Aujourd'hui, l'économie verte de Babusha va bien au-delà de la récolte individuelle. Un élevage de poulets en liberté vend plus de 10 000 oiseaux par an, générant une production de plus de 1,2 million de yuans, tandis que six produits de la marque Babusha — incluant le bœuf, le mouton, les baies de goji et les légumes — contribuent à développer les industries agricoles locales.
Pour Wang Jiguo, directeur adjoint du centre technologique forestier du comté de Gulang et ingénieur principal, la leçon fondamentale de Babusha est que la lutte contre la désertification doit respecter les lois naturelles et les conditions locales. Une restauration à long terme exige de donner aux populations locales un intérêt direct dans la protection de l'environnement.
Selon lui, le choix des espèces à planter et la manière de développer les industries de soutien doivent être adaptées aux sols, aux précipitations et au climat locaux. « Restaurer les terres désertifiées n'est pas un projet à court terme, mais exige un engagement à long terme afin que la protection écologique devienne une mission transmise de génération en génération », a-t-il conclu.
Offrant une garantie juridique plus large à ces efforts générationnels, le Code de l'écologie et de l'environnement de la Chine, entré en vigueur samedi, comprend une section dédiée à la prévention et à la lutte contre la désertification.


