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Mise à jour 10:02(GMT+8), 18/01/2004
MONDE  

La surexploitation des poissons de mer se poursuit

Les ressources de poissons de mer "sont de plus en plus surexploitées" en raison de flottes de pêche excédentaires et d'une volonté politique insuffisante pour les réduire, indique un rapport de l'Académie des Sciences de la France mis en ligne vendredi sur internet.

"La conjugaison de surcapacités de production et de ressources dégradées engendre des conflits entre usages comme entre usagers", déclare l'étude de 500 pages, supervisée par Lucien Laubier, directeur de l'Institut océanographique de Paris.

"Les politiques sectorielles, qui s'appuient toujours sur les instruments de régulation hérités de la période où les ressources naturelles n'étaient pas contraignantes, se révèlent inopérantes".

Ainsi la nouvelle Politique commune de la pêche, telle qu'adoptée "difficilement" par les ministres de l'Union européenne en décembre 2002, n'apportera "au mieux qu'une amélioration partielle et temporaire". Elle limite la puissance des flottes de pêche mais ne restreint l'accès à la ressource que pour quelques espèces en déclin rapide comme la morue.

La surexploitation au niveau mondial et communautaire "est devenue chronique" et pour certains stocks, "cette surexploitation atteint des niveaux graves, proches de l'épuisement des populations".

Au niveau mondial, "les espèces prisées sont les plus surexploitées", notamment "les espèces démersales" (vivant en profondeur, morue, merlu, merlan, sole ...) et "l'effort de pêche devrait être réduit de plus d'un tiers" pour restaurer durablement les stocks, note le document en citant la FAO (Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture).

Au niveau communautaire, seuls quelques stocks comme le hareng de l'Atlantique et la sardine de Méditerranée "ne paraissent pas souffrir d'une surpêche". Les autres espèces sont menacées à des degrés divers, notamment les espèces démersales dont les stocks ont chuté de 90% en 25 ans.

(Xinhua)




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