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Mise à jour 11:13(GMT+8), 12/11/2003
VIE SOCIALE  

L'euthanasie fait face aux problèmes éthiques et juridiques en Chine


Zhang Jianbo en phase terminale du cancer de la gorge
Ce serait un choix déchirant pour Zhang Jianbo lorsqu'il a décidé le 20 octobre dernier de mettre fin à ses jours en se jetant du haut du cinquième étage de l'hôpital Shuguang à Changsha ( Hunan ) où il était hospitalisé.

Le malade était en phase terminale du cancer de la gorge. Il avait imploré les docteurs de l'aider à se suicider mais en vain. Alors il a choisi de s'occuper lui-même du problème.

Le cas de Zhang n'est pas unique en Chine. Il y a beaucoup de malades qui supportent d'intenses douleurs physiques causées par des maladies incurables et qui souhaitent avoir une fin digne à leurs vies. Cependant, les hôpitaux se trouvent confrontés à une sorte de « vide » juridique au sujet de l'euthanasie.

« Notre travail est de sauver des vies et nous n'avons pas le droit de tuer par ''pitié'' », a déclaré un officiel de l'hôpital Changsha.

Le débat portant sur le droit à mourir couve sous la cendre en Chine depuis déjà plusieurs années. Un grand nombre de gens estiment qu'il s'agit d'un choix rationnel concernant la dignité humaine quand un patient se trouve en phase terminale d'une maladie et quand la douleur qu'il éprouve lui est devenue insupportable. Ces partisans affirment que le patient devrait avoir le droit de choisir de mourir. Lui retirer ce droit serait inhumain, car cela prolongera ses souffrances, exacerbera la situation financière de la famille du malade et entraînera un gaspillage des ressources médicales.

Les opposants insistent sur le fait qu'il est à l'encontre la nature humaine de recommander l'assistance au suicide. Quand les malades ont à se battre pour leur survie, ils ont besoin d'encouragements. De plus, un malade n'est pas dans la meilleure position pour prendre cette décision alors qu'il se trouve accablé par une douleur insoutenable.

Plus important encore, ils affirment que l'euthanasie est sujette à des abus. Etant donné la situation sous-développée des soins médicaux en Chine, il n'existe pas de réseau de protection pour les patients pauvres. Les équipes médicales ne sont pas assez bien formées, tant sur le plan technique que moral, pour être en mesure de prononcer un jugement. Et la loi est imprécise ou vide sur ce problème.

Pour toutes ces préoccupations, un consensus est en train d'émerger parmi le grand public. Une enquête menée par le journal « la Jeunesse de Beijing » a démontré que 80% des personnes interrogées estiment l'euthanasie comme étant un acte de pitié plutôt que de cruauté. Une autre enquête faite par le « Health News » en est venue à la conclusion que 85% sont en faveur de la légalisation de ce problème.

Malgré tout, des obstacles subsistent encore sur le chemin menant à la légalisation. Ceci se reflète dans un cas spécial qui remonte à 17 ans auparavant.

En 1986, Wang Mingcheng a imploré le docteur Pu Liansheng d'aider à mettre fin à la vie de sa mère en stade final du cancer, et le docteur accepta. Ces deux personnes furent plus tard accusées de meurtre, mais furent ensuite acquittées après avoir passé 492 jours en prison.

Dix-sept ans plus tard, Wang âgé de 49 ans fut atteint aussi d'un cancer. Sa demande d'euthanasie fut rejetée à l'hôpital. Il n'eut pas la possibilité de mourir comme sa mère. Cela se résuma à une bataille perdue pour lui, au sens propre comme au sens figuré.

De l'autre côté, la presse a reporté que beaucoup de médecins sans compassion aident toujours à des suicides. Pour éviter de tomber dans un bourbier judiciaire, ils ne laissent aucune trace de papier et préfèrent opérer dans l'ombre.

Quelques experts sont à la recherche d'un compromis. Zhu Tiezhi, un commentateur médiatique a suggéré des conditions préalables au sujet du droit à mourir : le demandeur doit être en phase terminale de la maladie et souffrir d'une douleur atroce, et le diagnostique devrait être vérifié par au moins deux médecins. Le demandeur doit disposer de toute sa lucidité en formulant sa demande, et il doit réitérer la même demande au moins deux fois pour que l'on soit sûr qu'il ne s'agissait pas d'une simple pensée passagère.

Si ce problème semble trop compliqué, certains suggèrent la dépénalisation comme étant un premier pas. Ils demandent que les tribunaux doivent être indulgents à l'égard de ces cas. Pourtant dans un pays où l'aphorisme « Sauver une vie est comme construire une tour bouddhiste de sept étages » est bien ancré, le droit de mourir restera toujours un dilemme d'ordre éthique.




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Ce serait un choix déchirant pour Zhang Jianbo lorsqu'il a décidé le 20 octobre dernier de mettre fin à ses jours en se jetant du haut du cinquième étage de l'hôpital Shuguang à Changsha ( Hunan ) où il était hospitalisé.

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