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Mise à jour 09:52(GMT+8), 26/02/2002
MONDE  

La Cour criminelle de Bangui auditionne des témoins de taille dans son audience de lundi

L'audience de la Cour criminelle de la République centrafricaine (RCA) qui statue sur l'affaire Demafouth et le coup d'Etat du 28 mai 2001, a repris ses travaux lundi 25 février par l'audition de certains témoins de taille, a-t-on appris lundi soir de sources en provenance de la capitale centrafricaine.

Parmi ces témoins figuraient en bonne place le directeur général de l'Unité de Sécurité présidentielle, le général de brigade Bombayeké, le sous-chef d'Etat des Forces armées centrafricaines (FACA), le général André Mazi, l'ancien ministre de l'Intérieur, Théodore Bikoo.

Entrant dans le débat au fond lundi dans la matinée, le président de la session criminelle de la Cour d'Appel, Zacharie N'douba, a cité à témoigner en premier lieu le général Bombayeké sur son rôle et sa responsabilité dans la protection du président Ange-Félix Patassé, dans la période du 27 au 28 mai dernier, ce qu'il a vu ou constaté, ses relations avec l'ancien chef d'Etat- major des FACA, le général François Bozizé.

Le général a répondu qu'il y a effectivement eu des signes annonçant quelque-chose. Déjà le 27 mai au matin, sur la place de défilé à l'avenue des Martyrs où les femmes célébraient la fête des mères en présence du Chef de l'Etat, a-t-il déclaré, "nous avons constaté un véhicule suspect parmi ceux de la sécurité présidentielle et qui semble être celui de l'ancien ministre de la Défense, l'accusé Demafouth. A la cérémonie de clôture au Palais, le chef de protocole militaire, le capitaine Josué Galoty, homme de main de Demafouth, a même été désarmé et prié de quitter la salle, vu son attitude suspecte et agitante.

Il a expliqué n'avoir jamais eu dans la nuit du 27 au 28 mai de contact avec le Chef d'Etat-major, le général Bozizé, qu'il a pourtant croisé dans le carré de la résidence privée du Chef de l'Etat, précisément à quelque 200 mètres, mais son rôle destiné à protéger le président Patassé le préoccupait davantage à forcer la ceinture sécuritaire dressée par les assaillants afin de prêter main forte à ses hommes, car, a-t-il ajouté, "j'ai quitté la résidence du chef de l'Etat à 1h du matin et à 2h, j'ai été surpris par des coups de feu et un coup de fil annonçait l'attaque de la villa du président Patassé".

L sous-chef major le général André Mazi, interrogé à son tour a indiqué qu'il a été sur tous les fronts à partir du 28 mai. Récupérant le Camp qui abrite le régiment de soutien, "j'ai organisé les quelques éléments qui étaient sur place, car il n'y a pas eu un quartier consigné même si un fonds a été débloqué pour les PGA, pour appuyer les éléments de sécurité présidentielle", a- t-il affirmé.

Il a également expliqué comment les forces armées se sont organisées pour reprendre aux mains des assaillants, l'important camp Kassaï avec le concours des éléments de Bemba du Mouvement de Libération du Congo-Kinshasa et ont découvert un important lot d'armes de toutes qualités au domicile du général Kolingba.

A la question de savoir la provenance des armes retrouvées au domicile du principal accusé Kolingba, il a répondu qu'il ne lui appartient pas de préciser l'origine des armes, mais il y en a une qui marque un drapeau français.

Enfin la Cour s'est intéressée au témoin Théodore Bikoo, qui a passé près de quatre ans au Ministère de l'Intérieur. M. Bikoo a reconnu et confirmé avoir adressé au président Patassé un document faisant état d'un plan de coup d'Etat dénommé "Brigade de la mort" en préparation par le général Kolingba et ses proches.

Ce plan qui date de 1999 prévoyait le recrutement des réfugiés congolais, la tenue des réunions sur la situation du pays après la Mission des Nations Unies pour la République centrafricaine ( MINURCA), l'achat et le stock d'armes de guerre en provenance de deux équipes spéciales d'opération de coup de force, la libération du général Ndjengbo.

Le même plan a en outre dévoilé les personnes à abattre, notamment le président de la République, le président de l'Assemblée nationale, et certains ambassadeurs (France, Libye) en Centrafrique, a-t-il révélé.

M. Bikoo a dit avoir informé le chef de l'Etat qui a aussitôt organisé, le 23 mai dernier, une réunion des principaux responsables des questions de sécurité dans le pays, au cours de laquelle il les a instruit de consigner les quartiers, d'enterrer leurs querelles internes et d'assumer la mission de la Défense nationale, car, a-t-il noté, "il y a toujours eu entre le ministre de la Défense de l'époque, l'accusé Demafouth, l'ex-chef d'Etat- major, le général Bozizé, le patron de la gendarmerie, le défunt général François Ndjadder, une mésentente interminable sur le problème de commandement".

Le président de la Cour, Zacharie N'douba, a ensuite rappelé à l'accusé Demafouth le fait qu'il a lui-même pris le commandement des opérations militaires. Ce dernier a répondu avoir pris le commandement des opérations militaires, parce qu'il y avait de la défaillance au niveau de certains responsables de l'Etat-major, a- t-il dit.

L'audience a été alors suspendue et renvoyée à mardi 26 février prochain, pour la suite de l'audition des témoins dans l'affaire du coup d'Etat manqué du 28 mai dernier dont Demafouth est le principal accusé.




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L'audience de la Cour criminelle de la République centrafricaine (RCA) qui statue sur l'affaire Demafouth et le coup d'Etat du 28 mai 2001, a repris ses travaux lundi 25 février par l'audition de certains témoins de taille, a-t-on appris lundi soir de sources en provenance de la capitale centrafricaine.

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