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Xinjiang : les graines de l'unité et de la prospérité germent dans l'« Allée des grenades » à Daxi
Alors que la saison de la récolte du coton bat son plein dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang (nord-ouest de la Chine), Zhou Jinshan, 62 ans, a déjà terminé la récolte mécanisée de ses propres champs. Mais son travail est loin d'être terminé. A l'approche de l'hiver, après avoir organisé la récolte du coton pour son voisin, Ablekim Musa à l'aide d'une machine, Zhou Jinshan prévoit d'en faire venir une seconde pour labourer en profondeur les terres de cet agriculteur ouïgour, en vue de préparer les sols pour les semis du printemps prochain.
Pour lui, aider Ablekim Musa est tout naturel. « Nous sommes proches comme des frères, voire plus proches que de vrais frères », a-t-il confié.
Zhou Jinshan et Ablekim Musa habitent dans ce qu'on appelle l'« Allée des grenades », située dans le village de Daxi, dans le district de Yuli. Longue d'environ 800 mètres, cette ruelle abrite 18 foyers issus des ethnies Han et Ouïgoure, et elle est réputée depuis longtemps pour les relations chaleureuses qui unissent ses habitants.
Selon le dernier recensement national, la Chine compte 56 groupes ethniques : les Han et 55 minorités ethniques qui représentent ensemble près d'un dixième de la population du pays.
En Chine, l'image des grains de grenade, étroitement serrés les uns contre les autres, symbolise souvent l'unité entre les différents groupes ethniques. L'allée du village de Daxi tire son nom de cette métaphore bien connue.
Pour Zhou Jinshan et Ablekim Musa, ce nom ne représente pas un idéal à atteindre, mais une réalité qu'ils vivent au quotidien depuis des années.
Leur amitié a vu le jour il y a une vingtaine d'années, lorsque la voiture de Zhou Jinshan s'est retrouvée bloquée dans une zone isolée. Ablekim Musa, qui passait par là à vélo, lui est venu en aide.
Devenus voisins dans l'« Allée des grenades », les deux hommes se sont rapprochés davantage. Fort de sa longue expérience dans la culture du coton, Zhou Jinshan a prodigué à Ablekim Musa des conseils pratiques à chaque étape de la production.
« Zhou Jinshan m'a transmis tout son savoir », raconte Ablekim Musa. « Grâce à son aide, j'ai pu agrandir mes champs de coton, passant de 20 mu (1,33 hectare) à plus de 100 mu, et le rendement par mu a également considérablement augmenté. » Le soutien, en particulier, est réciproque. L'an dernier, lorsque le verger de Zhou Jinshan a été frappé par une maladie, Ablekim Musa a immédiatement mobilisé les autres habitants de la ruelle pour l'aider à élaguer les branches touchées et sauver ses arbres.
Pendant leur temps libre, les deux agriculteurs se rendent souvent visite, discutant de tout et de rien, des dernières avancées en matière de technologie agricole aux affaires familiales.
De tels liens de voisinage font partie du quotidien dans la « Ruelle des Grenades ». « Les habitants de la Ruelle des Grenades suivent une règle simple : quand il y a du naan, nous mangeons ensemble ; quand surviennent des épreuves, nous restons soudés », a expliqué Zhou Jinshan.
Une tradition s'est également instaurée parmi les résidents. Lors de la Fête du Printemps, ils se réunissent autour d'un repas copieux pour célébrer la plus importante fête traditionnelle chinoise et s'échanger des vœux pour l'année à venir.
Xatgul Rahman, secrétaire du Parti communiste chinois du village de Daxi, décrit la Ruelle des Grenades comme un microcosme de l'unité ethnique du village. Ces dernières années, le village a mis en place un programme de jumelage visant à renforcer les liens entre les résidents issus de différents groupes ethniques ; 318 binômes ont ainsi été formés à ce jour.
L'histoire de la Ruelle des Grenades suscite un intérêt croissant au-delà du village, attirant davantage de visiteurs. Les habitants les accueillent souvent chez eux, partageant leur expérience de la vie et du travail en commun.
« Nous sommes fiers de partager nos histoires et d'aider davantage de personnes à mieux connaître notre village », a confié Xatgul Rahman.
Zhou Jinshan voit quant à lui dans cet afflux de visiteurs une occasion d'améliorer ses revenus. Il envisage déjà d'ouvrir une maison d'hôtes avec Ablekim Musa comme partenaire commercial, bien entendu.
« Comme le suggère le nom de la ruelle, nous resterons étroitement unis, tels les grains d'une grenade, pour développer nos activités et bâtir un avenir meilleur », a-t-il conclu.

