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Français>>Vie SocialeMise à jour 06.09.2012 08h04
Les internautes sont de précieux gardiens en ligne

Les internautes chinois sont dignes de confiance car ils mettent sur le devant de la scène médiatique des informations auparavant interdites aux gens ordinaires, suscitant des vagues de critiques et mettant la pression sur le Parti communiste chinois (PCC) qui s'efforce de construire l'harmonie et de renforcer la gouvernance.

Le dernier exemple en date pourrait être l'histoire connue en Chine comme celle de « Giggly Brother » (« gros rigolard »). Et pour Yang Dacai, un responsable de la sécurité du travail dans la Province du Shaanxi, dans le Nord-ouest du pays, il n'y a aujourd'hui vraiment plus de quoi rire.

Yang a d'abord été critiqué pour avoir souri à la vue d'une scène d'un récent et tragique accident de la circulation mortel, mais les vrais problèmes sont arrivés pour lui après que les critiques en ligne se soient intéressés à la rutilante montre qu'il arborait à son poignet, visible sur des photos mises en ligne.

C'est ainsi que des internautes sagaces ont découvert pas moins de onze montres-bracelets de prix que Yang avait sur lui sur des photos différentes, et ils se sont demandé si tout cela ne constituait pas des preuves de possible corruption.

Aujourd'hui, la comédie a tourné au scandale personnel pour ce fonctionnaire, l'organisme de discipline provincial ayant promis des sanctions sévères si jamais des fautes étaient découvertes.

Ce tournant dramatique dans l'histoire de Yang est un avertissement pour les autres fonctionnaires : même la dérision féroce des internautes peut devenir fatale pour eux s'ils ne sont pas propres.

Un autre responsable actuellement sous le feu des critiques est Fang Daguo, du District de Yuexiu de la ville de Guangzhou, dans le Sud de la Chine, qui a été fortement critiqué après avoir été dénoncé par un micro-bloggeur qui l'a accusé d'avoir frappé une hôtesse de l'air. Fang a été suspendu de son poste officiel.

Les scandales de Giggly Brother et de la mauvaise humeur de Fang mettent en évidence les défis difficiles auxquels le PCC est confronté dans la construction de son crédit et la consolidation de sa gouvernance au moment où les gens cherchent des canaux pour exprimer leurs plaintes et critiques, et alors que les conflits sociaux deviennent fréquents.

Des fonctionnaires comme Yang et Fang n'avaient jusque-là jamais eu l'habitude d'être remis en cause par une personne ordinaire comme un internaute de base ou une hôtesse de l'air, mais le développement de l'Internet et des services de réseautage sociaux comme Weibo, l'équivalent chinois de Twitter, a fait la différence.

Aujourd'hui, un message posté par un obscur micro-bloggeur peut attirer de nombreuses consultations et être transféré à beaucoup d'autres personnes, aussi longtemps que les sujets touchent un « nerf sensible », en général ceux concernant la mauvaise conduite d'un responsable, l'injustice sociale ou la crise morale.

Peut-être que personne ne pouvait s'attendre à la puissance considérable qu'un message sur microblog peut comporter, mais personne n'oserait aujourd'hui négliger son impact possible, ce que les histoires de Yang et Fang ont démontré avec force.

Avec plus de 500 millions d'internautes et plus de 300 millions de micro-blogueurs, les technologie de l'information ont donné au peuple chinois une plus grande liberté d'expression.

Les internautes ont fait preuve de passion, de courage et la sagesse dans leur expression et leur critique des affaires du Gouvernement et de l'injustice sociale, constituant une force puissante utilisant l'Internet et les réseaux sociaux. Tout cela regroupe à la fois l'élite des intellectuels, des avocats, des chefs d'entreprise et la base des étudiants d'université et des jeunes employés des entreprises du pays, c'est-à-dire le groupe le plus actif politiquement.

Les nouvelles applications sont pratiques et sans danger pour les utilisateurs, elles offrent aux gens ordinaires une plate-forme d'expression importante, où ils peuvent parler et critiquer presque tout ce qu'ils estiment devoir l'être, sans se soucier d'un éventuel retour de bâton aussi longtemps que ce qu'ils disent n'enfreint pas les lois et règlements en vigueur.

Ce défi, toutefois, n'est en aucun cas une mauvaise nouvelle pour le plus grand parti politique du monde, qui compte plus de 80 millions de membres, car donner aux citoyens un accès plus large aux droits et à la liberté est l'engagement du Parti. Cela a été souligné à nouveau dans un important discours du président Hu Jintao prononcé en juillet avant le prochain congrès national clé du PCC.

Le Premier Ministre Wen Jiabao a également promis à une autre occasion que le gouvernement créerait les conditions nécessaires aux gens pour surveiller les responsables.

Une armée d'internautes citoyens à la parole libre représente un défi persistant auquel le Parti doit faire face, et il doit chercher un moyen pour maintenir son image par l'entremise de systèmes de discipline stricts et efficaces destinés à contrôler et réglementer ses cadres et ses membres. Et les critiques sont en ligne seront sûrement utiles pour cela.

En considérant les internautes comme des gardiens sans couronne, le Parti peut prendre conscience que les leaders d'opinion en ligne peuvent servir de complément à ses propres commissions de contrôle de la discipline, un mécanisme qui veille à l'intégrité des responsables.

Les autorités doivent apprendre à utiliser ces plateformes publiques pour « écouter » et recueillir l'opinion du public et chercher des moyens de neutraliser les éventuels éléments malsains, potentiellement générateurs d'instabilité.





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Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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