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Français>>Vie SocialeMise à jour 02.12.2011 09h04
Le cri du « Père Loup »
Xiao Baiyou, âgé de 47 ans, vient de publier un livre sur sa technique paternelle, qui inclut de frapper ses enfants avec une canne en rotin lorsqu'ils lui désobéissent. L'homme d'affaires a suscité de nombreuses critiques. Photo : Wang Jing pour China Daily

La liste des règles dans la maison de Xiao Baiyou est sans fin : pas de coca-cola pendant que l'on surfe en ligne, pas de climatisation, même en été, pas d'argent de poche, et certainement pas de socialisation ou d'activités extrascolaires.

Ses quatre enfants n'ont même pas le droit d'ouvrir le réfrigérateur sans permission.

La punition pour une enfreinte est le plus souvent un coup de canne en rotin.

« Un père est comme un général, il y a des règles à respecter et une sanction à subir si elles sont brisées », explique cet homme âgé de 47 ans. « De nos jours, les parents chinois sont trop mous ; ils ont abandonné la méthode traditionnelle chinoise de bonne éducation ».

M. Xiao, surnommé le « Père Loup » dans ses mémoires publiés récemment, attribue même son style éducatif strict au fait que trois de ses enfants étudient actuellement à l'Université de Pékin, l'un des établissements les plus prestigieux de Chine.

Selon la philosophie de M. Xiao, les enfants de moins de 18 ans sont comme des animaux et ne peuvent distinguer le bien du mal.

« On ne peut leur apprendre que de manière brutale », a-t-il affirmé au China Daily qui l'a rencontré dans l'une de ses demeures pékinoises cette semaine.

Il affirme que son ils aîné de 21 ans, Xiao Yao, a reçu la majorité des coups de canne dispensés, et qu'à chaque fois ses trois sœurs étaient sommées de regarder.

« L'aîné devrait montrer l'exemple », souligne-t-il de sa voix forte. Xiao Baiyou a grandi à Guangzhou, capitale de la province du Guangdong dans le sud du pays, et a étudié la finance à l'université de Ji'nan. Il a ensuite bâti sa fortune grâce à des investissements immobiliers et produits de luxe.

Il se souvient avoir été fouetté des milliers de fois dans son enfance par sa mère, et affirme qu'il en est reconnaissant.

« C'est seulement en étant battu fréquemment dans l'enfance que l'on apprend la discipline et les bonnes manières », assure-t-il. « Supporter la douleur aide à renforcer l'esprit, construire le caractère et développer une volonté forte ».

L'homme d'affaires ajoute qu'il entend transmettre cette tradition à tous ses enfants, et a établi l'objectif ambitieux d'avoir plus de 12 petits-fils détenteurs de doctorats.

« En tant qu'unique mâle de la ligne familiale Xiao, je ressens une obligation de former une famille entière de maîtres », indique-t-il. « Battre les enfants lorsqu'ils enfreignent les règles est une bonne méthode ».

Depuis la publication de son livre, intitulé So, Brothers and Sisters of Peking University (« Alors, frères et sœurs de l'Université de Pékin », pas traduit en français), M. Xiao a fait l'objet de virulentes critiques des experts en pédagogie, et certains le qualifient de père « féroce et sauvage ».

« Appeler les châtiments corporels “l'essence de l'éducation traditionnelle chinoise” est tout simplement une distorsion de la vérité », souligne Zhu Qiang, professeur associé à l'Université normale de Nanjing.

En réponse aux critiques, M. Xiao a simplement rétorqué que l'Histoire lui donnerait raison.

Bien qu'il affirme avoir arrêté de frapper ses enfants qui sont maintenant à l'université, il insiste sur le fait qu'il s'immiscera encore dans leur vie, notamment au sujet de leurs études et mariages.

Ses trois aînés, âgés de 15 à 21 ans, n'ont même pas été autorisés à nouer des amitiés avant d'entrer à l'université.

« Il n'y a aucune raison pour eux de se faire des amis, sans parler d'aller à des rendez-vous amoureux », dit-il.

« Les amis sont là pour aider et servir ; c'est une chose impossible à comprendre avant d'aller à l'université ». Il prévient aussi qu'il se détournera de tout enfant ou petit enfant qui se déclarera homosexuel, car il craint que cela « ruine la réputation de la famille ».

Il n'y a pas que les experts qui sont divisés sur le style pédagogique de M. Xiao. De nombreux membres du public ont également participé au débat pour le féliciter ou le critiquer.

Liu Shibin, un chauffeur de taxi de 48 ans vivant à Tianjin, pense que la « méthode du père loup » est trop extrême.

« On passe un quart de sa vie en enfance, c'est beaucoup », déclare ce père d'une adolescente. « En tant que parent, j'espère que ma fille aura des souvenirs heureux de son enfance ».

M. Xiao, en revanche, rejette l'idée que ses enfants sont malheureux, en ajoutant que le mot « loup » décrit sa personnalité à la perfection.

« Les loups ont l'air féroces et brutaux, pourtant ils possèdent une grande sagesse et sont exceptionnellement tendres avec leurs petits », indique-t-il. « C'est exactement comme moi : ma brutalité est entièrement par amour ».

Source: China.org.cn

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