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Français>>Vie SocialeMise à jour 12.05.2011 16h28
Comment traiter les traumatisms post-séisme

Le troisième anniversaire du tremblement de terre de Wenchuan, qui avait fait plus de 80 000 morts, plusieurs dizaines de milliers de blessés et causé des pertes directes évaluées à environ 845,1 milliards de Yuans (130,16 milliards de Dollars US), est un moment pour se souvenir des morts et compatir avec les survivants. Mais le 12 mai est aussi un moment pour célébrer la résistance du peuple et la construction d'une nouvelle Wenchuan sur les ruines de l'ancienne.

En 2008, le Gouvernement chinois avait annoncé la reconstruction de Wenchuan en trois ans. Mais, ainsi que l'a annoncé le Premier Ministre Wen Jiabao lors de la Quatrième Session du 11e Congrès National Populaire en mars dernier, la tâche a été accomplie avant le délai imparti.

De fait, la reconstruction matérielle de Wenchuan a été achevée dans l'ensemble vers le deuxième anniversaire du séisme, a dit Zhang Jianxin, Directeur adjoint de l'Institut de Psychologie, affilié à l'Académie Chinoise des Sciences. « Les gens investissent le 'nouveau' comté et leur vie quotidienne revient à la normale », a dit M. Zhang, qui a récemment visité Wenchuan.

Mais en dépit de la reconstruction matérielle, de nombreuses personnes sont encore hantées par les souvenirs de la dévastation. Ces personnes ont besoin de conseils psychologiques appropriés pour pouvoir surmonter leur douleur. « Et la reconstruction psychologique est une tâche de longue haleine », a dit M. Zhang, qui a été en charge du programme de reconstruction psychologique de l'Institut de Psychologie ces trois dernières années. Il dirige les cinq stations de travail que l'Institut possède dans les zones touchées par le séisme.

M. Zhang et ses collègues ont commencé à élaborer leur plan de conseil à long terme pour les millions de survivants du séisme juste après la catastrophe. Certaines personnes sont fortes moralement et peuvent accepter la perte de leurs proches, a dit M. Zhang. Mais d'autres ne le sont pas et souffrent de problèmes mentaux à différents degrés.

Les plus forts peuvent récupérer, mais ceux qui ne le peuvent pas ont besoin d'un soutien psychologique et de beaucoup de temps pour retrouver une vie normale. Remettre leur vie sur les rails est particulièrement difficile pour ceux qui ont perdu leurs épouses et/ou leurs enfants. Et les occasions de réunions de famille, comme la Fête du Printemps, peuvent être particulièrement pénibles pour eux, car elles réveillent des souvenirs de leurs proches disparus et accroit leur douleur.

Depuis trois ans, certains d'entre eux se sont remariés et/ou sont devenus parents à nouveau, ce qui devrait les aider à soulager leur douleur. Mais ce n'est pas nécessairement le cas pour tous, car nombre d'entre eux sont toujours inquiets de l'avenir et pleurent ce qu'ils ont perdu.

De nombreuses études ont été conduites après le séisme pour déterminer le taux de trouble lié au stress post-traumatique (TSPT) chez les survivants, et elles montrent que de 10 à 45,5% d'entre eux souffrent de ce désordre.

La construction matérielle est achevée, et les gens sont relogés. Mais au lieu d'apporter du confort, cela est devenu une source d'angoisse pour beaucoup. Il est dans la nature humaine de pleurer le passé, peu importe à quel point il a pu être générateur de troubles. Le relogement des habitants survivants a conduit beaucoup d'entre eux à comparer leur nouveau logement avec l'ancien et avec ce que les autres ont à présent, accentuant leur colère.

M. Zhang a dit que les stations de travail de l'institut furent d'abord installées près des abris temporaires construits pour les survivants. Mais au lieu d'offrir immédiatement leurs conseils, les membres du personnel de son institut ont d'abord surveillé la zone pour identifier les besoins des survivants. Et c'est seulement après cela qu'ils se sont concentrés sur leur tâche principale.

De nombreux experts ont suggéré que la Chine apprenne de l'expérience de pays comme le Japon ou les Etats-Unis, qui ont traité de nombreux cas de TSPT. Mais le problème est que les programmes mis en oeuvre au Japon et aux Etats-Unis pourraient ne pas réussir en Chine.

Aux Etats-Unis, par exemple, les Gouvernements proposent généralement un cadre de travail et jouent le rôle de l'instructeur, tandis que les organisations sociales et les organisations non gouvernementales se chargent des tâches de reconstruction. En Chine, les choses sont différentes. En Chine, les gouvernements à tous niveaux doivent coordonner et combiner leurs efforts pour la reconstruction pos-désastre. Ce qui fait que l'administration doit diriger les opérations de secours et les activités de reconstruction.

C'est pourquoi le personnel de l'Institut de Psychologie a dû aussi s'assurer le soutien des responsables à la base pour réussir sa tâche. A Wenchuan, par exemple, le séisme a également bouleversé les vies de ces responsables de base. Mais nombre d'entre eux ont dû faire l'impasse sur leurs propres pertes personnelles pour accomplir leur devoir et aider les autres. Ils savaient parfaitement bien ce dont les survivants avaient besoin. Aussi, en les conseillant et en allégeant la pression qui pesait sur eux, les membres du personnel de l'institut ont pu gagner leur soutien pour étendre leur réseau de soutien.

L'Institut de Psychologie peut se targuer de nombreux succès, mais le plus grand, comme le dit M. Zhang, a été de faire prendre conscience aux survivants du besoin de reconstruction mentale, en même temps que la reconstruction physique et matérielle.

Le traitement des patients atteints de TSPT sur une échelle aussi large est sans précédent dans l'histoire de la Chine. Et bien que le Gouvernement central attache une grande importance au traitement des traumatismes mentaux, le sujet n'est pas encore reconnu comme étant une partie importante des secours d'urgence, a dit M. Zhang.

Sans un mécanisme adapté, les survivants ne peuvent avoir un accès aisé au traitement des TSPT. Les Ministères de la Santé, des Affaires Civiles et de l'Education ont organisé les opérations de secours, parmi lesquelles le conseil psychologique, mais leurs budgets ne comprennent pas de fonds spécifiquement destinés au traitement des cas de TPST.

C'est du fait du manque de ce genre de mécanisme qu'il n'y a pas assez de professionnels formés pour satisfaire la demande dans les zones ravagées par le séisme. Après le séisme de Wenchuan, des équipes médicales, comprenant des psychologues, ont été envoyées dans les zones touchées. Mais ces psychologues venaient d'hôpitaux situés dans tout le pays et ne sont restés sur place que pendant un court laps de temps.

Quelques institutions éducatives, en particulier des universités, ont envoyé des experts en thérapies mentales dans les zones touchées, mais eux aussi ne sont restés que brièvement. De plus, les ONG qui peuvent envoyer ce genre de thérapeutes vers les zones touchées par des catastrophes font aussi face à des problèmes budgétaires, un problème qui n'est pas facile à surmonter.

Mais même si les institutions éducatives et les ONG arrivent à envoyer suffisamment d'experts, elles traiteront les survivants selon des critères différents faute d'un mécanisme officiel, ce qui est susceptible de ne pas satisfaire les besoins des survivants.

Aussi M. Zhang propose t-il de mettre en place un mécanisme national pour le traitement des TPST, combinant des efforts administratifs et sociaux. Et puisque le 12e Plan Quinquennal (2011-2015) a mis l'accent sur la santé mentale de la population, M. Zhang a également suggéré d'en faire une partie de l'agenda législatif.





Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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