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Français>>Vie SocialeMise à jour 15.12.2010 08h55
Malgré leurs meilleurs diplômes, les « fourmis » ont toujours la vie dure

30 % des diplômés mal payés sortent d'universités prestigieuses

Plusieurs centaines de passants ont reçu la « lettre d'amour » d'un jeune homme leur demandant : « Souffrez-vous de la pression ? »

La lettre a été rédigée et distribuée en décembre par Yang Yang, un étudiant en ressources humaines de l'Université des Sciences et Technologies de Chongqing, afin d'exprimer la frustration créée par sa recherche d'emploi.

« Mon cher, il y a longtemps que je t'attends », confie la missive. « On peut être déçu, mais jamais sombrer dans le désespoir. Il faut parfois se montrer ferme, tout en insistant sur la tolérance face à l'irrespect ».

L'histoire de Yang a sans doute intéressé les médias car elle rappelle celle de millions de jeunes diplômés, qui cherchent un emploi ou gagnent péniblement de maigres revenus dans les villes les plus riches du pays.

Ils ont plus de diplômes que d'expérience professionnelle, et se bousculent dans les métropoles dans l'espoir d'une vie meilleure, souvent pour ne trouver que du travail mal rémunéré et vivre dans des conditions de misère.

Ils forment la « tribu de fourmis » identifiée par le sociologue Lian Si dans son livre du même titre paru en 2009, et dont la suite arrivera dans les librairies la semaine prochaine.

« Ils ressemblent en tous points à des fourmis. Ils vivent en colonies dans des espaces restreints. Ils sont intelligents et travailleurs, et pourtant anonymes et bien mal récompensés », analyse Lian, chercheur à l'Université de Pékin.

Ce terme, expliquent plusieurs sociologues, reflète aussi leur impuissance dans un monde gouverné par la loi de la jungle immobilière.

Une étude menée pour le deuxième volume révèle que 30 % des « fourmis » sortent d'universités prestigieuses, près de trois fois plus que l'an dernier. La plupart ont suivi des études très demandées, comme la médecine, l'ingénierie, l'économie et la gestion.

7,2 % ont un diplôme de niveau Master, contre seulement 1,6 % en 2009.

La plupart jugent que la reprise économique n'a pas vraiment amélioré leur situation financière, et 66 % ont des revenus en deçà de leurs attentes.

Le salaire mensuel moyen des « fourmis » est de 1 904 yuans (214 euros), alors que 64 % gagnent moins que 2 000 yuans.

46 % déclarent dépenser l'intégralité de leur salaire, et 80 % n'ont pas d'économies et n'ont jamais donné d'argent à leurs parents.

L'étude a été réalisée auprès de 4 807 personnes dans sept villes sur une période de six mois.

Un autre sondage du Rapport annuel pour le développement des talents chinois, publié par les Presses universitaires des sciences sociales en juin dernier, évalue le nombre de « fourmis » dans les grandes villes à plus d'un million.

« Ils proviennent en majorité de familles rurales ou de petites villes, et leur expérience dans des universités moyennes ne les a pas suffisamment préparés à la concurrence du marché du travail des grandes villes », explique Zhang Ming, professeur de politique à l'Université du Peuple de Beijing.

« Ils ne peuvent pas dépendre de leurs parents pour trouver de meilleures opportunités dans leurs villes d'origine. Ils n'ont donc d'autre choix que de rester dans les métropoles pour gagner leur vie ».

Les conditions de vie déplorables de la « tribu » sont devenues une préoccupation sociale majeure, et le gouvernement devrait développer des villes intermédiaires prêtes à accueillir ces jeunes qualifiés, estime Zhang.

Cependant, les « fourmis » voient dans les métropoles de plus grandes opportunités de formation, ce qui leur permet de garder un esprit positif malgré leur situation.

Source: China.org.cn

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