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Français>>Vie SocialeMise à jour 10.08.2010 15h35
La Chine est toujours un pays en développement, d'après deux sondages

Deux enquêtes séparées menées auprès des habitants de sept grandes villes de Chine viennent de révéler que la plupart d'entre eux croient que la Chine est encore un pays en développement, et qu'elle fait face à des menaces militaires de la part des grandes puissances. Ils ont également dit que le problème des disparités de revenus resterait le plus grand défi à la stabilité sociale dans les dix ans qui viennent.

Ces résultats proviennent de deux rapports basés sur deux sondages de citoyens chinois de sept grandes villes : Beijing, Shanghai, Guanzhou, Chengdu, Shenyang, Xi'an et Changsha, qui ont été conduits par le Global Poll Center.

Ce Centre, inauguré jeudi à Beijing, a publié deux rapports lors de la cérémonie, qui analysent les résultats des enquêtes.

L'un, contenant les opinions de 1 296 personnes âgées entre 8 et 64 ans, s'est concentré sur le point de vue des gens sur le statut international de la Chine. Il a découvert que 78% des personnes interrogées pensaient que la Chine n'était pas un pays développé, mais un pays en développement.

Près de la moitié d'entre eux pensent qu'il faudra encore vingt ans pour rattrapper les Etats-Unis, bien qu'il ait été rapporté que la Chine avait dépassé le Japon pour devenir la deuxième plus grande économie du monde.

Dai Yuanchu, Directeur du centre, a dit qu'il était important d'avoir une conscience claire du statut de la Chine, faute de quoi le pays risquerait d'être perdu entre les louanges et les critiques.

Zhang Shengjun, Vice-doyen de l'Institut des Relations Internationales à l'Université Normale de Beijing, a déclaré au Global Times que les résultats reflétaient un jugent sobre et rationnel du statut international de la Chine, en dépit de l'adulation souvent constatée dans les médias étrangers.

Le PIB de la Chine en 2009 s'est monté à 4 900 milliards de Dollars US, mais le PIB par tête n'était que de 3 700 Dollars US, bien loin des pays développés.

Cependant, le public pense que l'influence de la Chine à l'étranger grandit. Près de 76% pensent que la Chine a désormais son mot à dire sur les problèmes internationaux.

Han Xudong, Professeur à l'Université de la Défense Nationale, fait toutefois remarquer que le public confond les notions de « avoir son mot à dire » et « le droit de parler ».

« La Chine, avec sa puissance économique croissante et son statut international montant, reçoit davantage d'attention qu'auparavant et sa voix devient plus forte. Cependant, elle n'a pas encore son mot à dire, c'est à dire jouer un rôle moteur dans la situation politique internationale », a dit le Professeur Han.

Pour Shen Dingli, Vice-doyen de l'Institut d'études Internationales à l'Université Fudan, l'influence réelle ne vient pas de la puissance économique, mais de valeurs et de pensées acceptées de manière commune, qui sont absentes en Chine.

Une menace militaire ?

La plupart des sondés ont confiance dans la puissance militaire de la Chine, et 76% disent que la Chine pourrait se protéger elle-même contre des attaques étrangères. Cependant, plus de 66% expriment des inquiétudes au sujet de la situation de la sécurité de la Chine, et disent que le pays fait face à des menaces militaires de grandes puissances.

Dans le même temps, le public a tendance à soutenir les souhaits du pays d'ouvrir des bases miltaires à l'étranger, 47% soutenant cette idée. Et ce sont les plus jeunes et ceux qui ont les plus hauts revenus qui sont les plus favorables à cette idée.

Zhang Shengjun, cependant, affirme que ces sentiments sont quelque peu exagérés et sont exacerbés par les récentes disputes entre la Chine et les Etats-Unis au sujet de la Mer de Chine Méridionale et par les exercices américano-coréens en Mer Jaune.

« Ce n'est pas encore une véritable menace militaire. Je dirais plutôt que les Etats-Unis essaient de contenir ou d'exercer une pression sur la Chine », a dit le Professeur Zhang.

Dans le même temps, 55% des sondés pensent que Taiwan et le Continent seront réunifiés d'ici vingt ans, tandis que les plus éduqués et ceux qui ont les plus gros revenus pensent que cela se fera d'ici quarante ans.

Pour Shen Dingli, ces points de vue représentent une réaction émotionnelle du public et manquent de compréhension envers une situation nationale compliquée.

Des soucis pour la stabilité

Dans l'enquête sur le point de vue du public sur la stabilité sociale, 88% ont exprimé une forte confiance dans le fait que la Chine sera une société sociablement plus stable dans dix ans.

En termes de défis à la stabilité sociale, les disparités de revenus et la corruption sont les deux principaux éléments que le public considère comme les plus dangereux pour la stabilité sociale dans les dix ans qui viennent.

Le système de sécurité sociale, le séparatisme ethnique, le ralentissement économique et le prix des logements sont également d'autres soucis.

« Ce résultat reflète authentiquement la situation actuelle, car ces deux éléments ont provoqué un fort mécontentement dans le public ces dernières années », dit Ding Yifan, chercheur au Centre de recherche sur le développement au Conseil des Affaires d'Etat.

De plus, suivant une série de grèves pour de meilleurs salaires et plus d'avantages dans la première moitié de l'année, les disparités de revenus sont devenues un sujet sensible dans les médias, dans le public et chez les décideurs politiques.

Zhang Jianguo, de la Fédération des Syndicats de la Chine Entière, a déclaré en mai dernier que les salaire ne représentaient que 36,7% du PIB de la Chine en 2005, en forte baisse par rapport aux 56,5% de 1983, avait rapporté l'agence de presse Xinhua.

D'après les chiffres 2009 de la Banque Mondiale, l'Index Gini de la Chine (un indicateur des inégalités de revenus) était de 0,47, un niveau considéré comme « alarmant ».

Cependant, les sondeurs ont aussi découvert que seuls 26% des sondés exprimaient des perspectives optimistes sur l'amélioration du problème des disparités de revenus, suivi par la stabilisation des prix et la corruption.

Par contraste, 80% des sondés ont déclaré que la sécurité sociale serait meilleure dans les dix prochaines années.

Le rapport a montré clairement que près de la moitié des sondés (42%) attachaient davantage d'importance à la stabilité sociale qu'au développement économique, et que 39% pensaient que les deux étaient de la même importance.

Wang Xiaodong, chercheur au Centre Chinois de recherché sur la Jeunesse, a declaré pour sa part que ce point de vue reflétait un changement par rapport à une enquête similaire qu'il a faite il y a déjà sept ans.

« De nombreux Chinois avaient l'habitude de considérer le développement économique comme une priorité, mais cela a changé progressivement avec les années, avec davantage de personnes attachant de l'importance à la stabilité et autres problèmes sociaux », a dit M. Wang.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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