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Français>>TourismeMise à jour 26.07.2012 15h15
Les Grottes de Mogao à Dunhuang, un trésor de la Chine

Nul n'ignore que la Chine est un pays qui possède de très nombreux sites culturels et naturels uniques et connus dans le monde entier ; rien d'étonnant à cela compte tenu de sa très longue histoire et de sa culture aussi riche qu'ancienne. Comme tout le monde, vous connaîssez sans doute la Cité Interdite, le Palais d'Eté, la Grande Muraille, mais connaissez-vous les Grottes de Mogao à Dunhuang ? Non ? Je vais vous les présenter...

Ces « grottes » -j'utilise les guillemets à dessein car en fait, plus que de « grottes », il s'agit de cavités creusées de la main de l'homme il y a plus de mille ans pour les plus anciennes- dont on trouve des exemplaires similaires à Datong, dans le Shanxi, et à Dazu, dans le Sichuan, sont des cavernes creusées, sculptées et peintes, présentant des thèmes d'inspiration bouddhiques. Longtemps oubliées, elles furent « re-découvertes » à la fin du 19e siècle par un moine chinois, quant celui-ci découvrit par le plus grand des hasards une petite cavité renfermant des dizaines de milliers de manuscrits précieux et d'un grand âge, pour la plupart extrêmement bien conservés. Catalogués en grande partie grâce aux travaux d'un sinologue français, Paul Peillot, ils sont aujourd'hui abrités dans des musées du monde entier, notamment en France et en Grande-Bretagne. Donc, n'espérez pas voir le moindre de ces précieux volumes si jamais vous allez là-bas. Est-ce à dire que le voyage n'en vaut pas la peine alors ? Si bien sûr, parce que ; fort heureusement, les grottes sont pour l'essentiel préservées et offriront à vos yeux émerveillés une multitude de peintures toutes plus extraordinaires les unes que les autres et des statues polychrome qui ne le sont pas moins, et qui mesurent de quelques centimètres à plus de 30 mètres pour la plus grande. C'est dire si les amateurs de culture, et notamment de culture bouddhique, seront aux anges, si je puis m'exprimer ainsi...

Ces grottes sont situées à quelques kilomètres de la ville de Dunhuang, paisible bourgade de quelques dizaines de milliers d'habitants, située dans l'ouest de la Province du Gansu, pas très loin du Xinjiang, donc dans l'Ouest de la Chine. Presque le bout du monde, donc. Mais le voyage en vaut la peine, et tout visiteur ne peut manquer d'être émerveillé par ces sourires millénaires et ces couleurs éclatantes qu'il verra. Mais nous allons y revenir...

Comment aller à Dunhuang ? Là est, il faut bien le dire, le problème majeur. Le Gansu, c'est loin. Et arriver dans une région proche du Xinjiang, ça l'est encore plus... deux choix s'offrent à vous, soit l'avion, soi le train. Inutile de vous dire que la première est la plus commode, et de loin. Avec toutefois pour défaut d'être chère –et il n'y a que trois vols directs par semaine entre Beijing et Dunhuang, sinon il faut changer à Lanzhou. La seconde n'est à conseiller qu'aux amateurs de voyages à la dure... plus de 30 heures d'après ce qu'un ami qui vit là-bas m'a dit, et encore avec un changement. L'aéroport est situé à une douzaine de kilomètres de la ville ; il est petit, mais pratique et le service y est rapide et efficace. La gare, elle, est, fait étonnant, située à proximité, donc loin de la ville. Immense et majestueuse, elle semble le plus souvent déserte et sur-dimensionnée pour cette petite ville.

La ville quant à elle est une petite ville qui ne compte guère plus de 40 000 habitants intra-muros, et où les rues sont quasiment toutes rectilignes. Dunhuang ressemble à un damier... la ville en elle-même ne présente aucun intérêt touristique majeur, rien ne reste de la ville ancienne si ce n'est quelques pans de mur en terre battue abandonnés. Mais quand on arrive d'une ville comme Beijing, surpeuplée, polluée, bruyante et souvent trop sale et en désordre, se reposer quelques jours à Dunhuang, une ville propre, ordonnée et plutôt calme, ça fait du bien...

La première vision de Dunhuang que j'ai eue a été une vue d'avion, impressionnante : une oasis de verdure plantée en plein désert, et bordée par les gigantesques dunes de sable du Désert de Gobi voisin. Quand bien même vous ne seriez pas venus en avion, la fine couche de poussière qui recouvre les feuilles des arbres de la ville vous rappelera ce fait incontournable.

Revenons donc aux Grottes de Mogao, qui sont le but de visite principal de l'immense majorité des touristes –relativement peu nombreux- qui viennent dans cette cité. Elles sont situées à une quinzaine de kilomètres de la ville, en plein désert, creusées dans une falaise. Ces grottes, ou plutôt donc des cavités creusées de la main de l'homme, sont au nombre de 492, et ont été aménagées entre la Dynastie Sui (386-581) et la Dynastie Yuan (1279-1368). Si vous connaissez déjà les grottes de Dazu ou celles de Datong, la première vision que vous aurez de celles de Dunhuang risque de vous décevoir un peu : en effet, la falaise a été en plus grande partie couverte d'une muraille de protection, destinée à remplacer les structures en bois qui se trouvaient à l'origine à l'entrée de chaque grotte, et qui ont quasiment toutes disparu. Les quelques exemplaires qui restent vous donneront une petite idée de la splendeur du site il y a plusieurs centaines d'années. Fermez les yeux, oubliez cette (petite) déception et rêvez un peu... faites l'effort de comprendre cette sage décision prise par les autorités chinoises, qui veillent jalousement et avec soin sur ce site extraordinaire, et reconnaissez aussi que ce travail de protection a été bien fait et est assez discret, les tons des matériaux utilisés se fondant bien dans le paysage.

La deuxième déception que vous ressentirez est que toute photo est absolument interdite dans les grottes ; quand on sait à quel point ces peintures merveilleuses sont fragiles, et quand on sait aussi que les touristes –chinois surtout, c'est malheureux à dire- sont trop souvent irrespectueux du patrimoine, il n'y a là, en y réfléchissant bien, guère de quoi s'étonner. Tout ce que vous verrez sera donc pour vous seul et vous laissera un souvenir inoubliable –et égoïste...

Troisième déception enfin, sur les 492 grottes, vous n'en verrez que dix ou onze tout au plus ; les grottes sont ouvertes par roulement, et aucune n'est ouverte en permanence. Ce qui veut dire que si l'envie vous prenait de visiter ces grottes tous les jours pendant votre séjour à Dunhuang, vous ne verriez pas les mêmes grottes chaque jour. Là encore, oubliez votre déception initiale, car vous vous rendrez compte que visiter une dizaine de grottes vous demandera près de deux heures, sous la conduite d'un guide qui seul détient les clés de ces cavernes fabuleuses.
En fin de compte, passé la –relative, car toutes ces limitations sont on ne peut plus compréhensibles- déception initiale, vous ne pourrez qu'être émerveillés par toutes ces splendeurs.

Est-ce tout ce qu'il y a à voir à Dunhuang ? Non bien sûr, mais à condition de pouvoir se déplacer, car nombre de sites sont très éloignés de la ville, comme les Portes de Yumenguan et de Yangguan, vestiges de fortifications de la Dynastie Han, tellement abîmés par les ans qu'on à peine à imaginer ce qu'elles furent il y a près de 2 000 ans. Les amateurs de cinéma pourront se laisser tenter par la « vieille ville » de Dunhuang, située en plein désert à une vingtaine de kilomètres de la ville. Il s'agit en fait d'un décor de cinéma, une reconstitution de la ville telle qu'elle devait être il y a des centaines d'années, avec ses ruelles, ses boutiques et son temple, le tout inséré dans ses murailles. Y aller, c'est faire un saut dans le temps ; dommage que, quand j'y suis allé, il n'y avait personne autre qu'une demi-douzaine de touristes... si cette « ville » était peuplée de figurants en costumes occupant les boutiques et les maisons, nul doute que ce serait une attraction d'un autre niveau. Faute de cela, cette « vieille ville », avec ses rues et échoppes désertes, ses reliques de costumes anciens abandonnés un peu partout et desséchés par le soleil, vous donne plus l'impression d'une ville-fantôme du Far West américain que d'une cité vivante de la Chine ancienne...

Autre site immanquable de Dunhuang, les Dunes de Mingsha, portes du Désert de Gobi. Désert mais pas vide, sans compter que l'entrée est payante... mais si vous n'êtes jamais allés dans un désert, c'est l'occasion d'y faire vos premiers pas, et de se souvenir avec nostalgie des déserts d'Afrique ou du Moyen-Orient pour ceux qui les connaissent. Si vous franchissez l'immense portail d'entrée, faites vous plaisir et offrez-vous un petit tour (une bonne heure tout de même !) à dos de chameau, chaussé de curieuses bottes en toile orange chargées de protéger vos chaussures, et sous la conduite d'un chamelier. Et essayez de monter, si vos forces vous le permettent, l'extraordinaire dune de sable, haute de 250 mètres et du haut de laquelle vous pourrez voir la ville.

Si tout cela ne vous a pas mis sur les rotules, ne manquez pas de rendre une visite au Musée de Dunhuang, tout récent. Très bien conçu, passionnant, riche, peu fréquenté et, cerise sur le gâteau, gratuit, c'est un régal. Après votre visite, vous n'ignorerez plus rien du riche et long passé de Dunhuang.

Enfin, pour finir, finissez votre soirée au marché de nuit de Dunhuang, situé près de la mosquée. Parmi les spécialités à essayer absolument, les nouilles jaunes à la viande d'âne (驴肉黄面), les célèbres nouilles au boeuf de Lanzhou (兰州牛肉拉面), autrement plus goûteuses que celles que vous mangez à Beijing, et le poulet aux poivrons et aux oignons (大盆鸡) servi dans un immense plat. Histoire d'essayer des nourritures plus terrestres après toutes ces nourritures qui vous auront enrichi l'esprit... bon voyage !



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Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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