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Français>>SportsMise à jour 01.04.2012 09h42
Ce n'est pas Anelka qui pourra sauver le football chinois

Les 16 clubs de la première ligue de football chinoise ont dépensé cette année près de 3 milliards de Yuans (476 millions de Dollars US) pour acheter des joueurs étrangers, dont la star française Nicolas Anelka. A l'évidence, personne ne s'attendait à ce que la Super League Chinoise bénéficierait d'une injection aussi impressionnante de capitaux alors même que la répression de la corruption dans ce sport est à peine terminée.

La Super League chinoise a certes attiré l'attention du monde entier, pas pour la qualité de ses matches, mais bien plutôt en raison des énormes quantités d'argent dans lesquelles elle a baigné. Aujourd'hui, les deux plus gros acheteurs de la Super League viennent tous les deux de la riche province du Guangdong et sont sponsorisés par des promoteurs immobiliers. Et c'est probablement l'argent qu'ils ont gagné sur un marché immobilier surchauffé depuis 2008 qui leur permet aujourd'hui de soutenir l'émergence de leurs clubs.

La Super League chinoise a été classée parmi les dix meilleures du monde cette année en termes du montant d'argent dépensé pour des joueurs étrangers. Mais revers de la médaille, peu de joueurs chinois ont été vendus à des clubs étrangers.

J'ai commencé à regarder la Super League en 1994, à ses débuts. A l'époque, les frais de transfert pour les joueurs étrangers étaient d'environ 100 000 Dollars US et seuls quelques clubs pouvaient se permettre d'acheter des joueurs étrangers.

La loyauté des fans à leur club se fondait alors sur leur attachement à leur ville natale. On considérait alors qu'être un fan de football né dans une ville ayant un club était une chance. Maintenant, il est presque impossible de dire d'où viennent les fans d'une équipe tant l'argent a complètement changé le paysage de la ligue.

Un gros investissement peut faire d'un lieu désolé sur la carte du football en Chine une puissance footballistique, comme Guangzhou, tandis que le manque d'argent peut reléguer une ville comme Qingdao, qui a pourtant une longue histoire, dans la catégorie des perdants.

Dans les années 1990, les riches entreprises d'État ont commencé à parrainer quelques clubs, lors de la première série de gros investissement dans la Super League, ce qui a eu pour effet que les clubs ont pu se permettre d'acheter des joueurs étrangers pour 1 million de dollars.

Depuis lors, des centaines de joueurs étrangers sont venus en Chine pour y chercher fortune, comme l'Italien Damiano Tommasi, l'Allemand Carsten Jancker et l'Anglais Paul Gascoigne. Mais aucune de ces stars n'est restée plus de six mois, tout simplement parce qu'ils n'ont pas pu s'adapter au faible niveau des matchs. Les seuls joueurs qui restent en Chine pendant des années sont ceux qui sont prêts à garder leur emploi en faisant montre d'un niveau de compétence légèrement supérieur à celui de leurs homologues chinois. La question est de savoir de quelle manière le football chinois peut bénéficier de ces deux types de joueurs étrangers.

A l'évidence, l'argent serait mieux dépensé dans la formation des jeunes, si les riches hommes d'affaires qui possèdent les clubs s'engageaient à aider le football chinois, comme ils le disent.

A cet égard, nous pouvons apprendre du football japonais. Les clubs japonais ont commencé à acheter des joueurs étrangers dans les années 1990, mais ils ont également mis en place un système de formation des jeunes, incluant également des écoles. La plupart des clubs chinois n'ont vraiment commencé la formation des joueurs jeunes qu'il y a deux ans, lorsque les autorités du football en ont fait une exigence obligatoire pour les clubs, mais peu d'entre eux la prennent au sérieux. Et, bien que les autorités du football chinois aient lancé des programmes de promotion du football dans les écoles, l'argent investi a été insuffisant.
Ce qui fait qu'aujourd'hui, la Chine ne dispose que de 8 000 joueurs inscrits, par rapport à 50 000 au Vietnam, 600 000 au Japon et 1,46 million en France.

En fait, les clubs chinois ne font que copier la stratégie des clubs des pays du Moyen-Orient riches en pétrole, qui dépensent d'énormes quantités d'argent pour acheter des joueurs étrangers célèbres. Même certains critiques chevronnés du football chinois exultent à la vue des grands noms qui viennent jouer dans la Super League chinoise.

Mais cette mentalité d'étalage d'argent n'aidera en revanche pas l'équipe nationale de Chine, qui se morfond actuellement dans les tréfonds du classement mondial de la FIFA, à la 90e place.

Les autorités du football chinois devraient être lucides et se rendre compte qu'aucun sport ne peut survivre sans sang neuf et qu'il doit y avoir une base solide pour la formation des jeunes.

C'est dire si je suis heureux de voir que l'Ever Grand Football Club de Guangzhou a lui pris le taureau par les cornes et fait la promotion de la formation des jeunes par des actes concrets. Il a ainsi déclaré le 28 mars qu'il créera une école de football pour les jeunes Chinois à Qingyuan, dans la Province du Guangdong, en coopération avec le club espagnol du Real Madrid, l'Université Normale de Chine du Sud et des fondations caritatives. Cette école, qui devrait ouvrir ses portes en septembre prochain, va recruter 3 150 jeunes dans toute la Chine et embaucher 140 entraîneurs chinois et 15 entraîneurs étrangers du Real Madrid, ainsi que 150 enseignants de l'université. Les étudiants issus de familles pauvres pourront fréquenter l'école gratuitement et obtenir des aides financières.

Ce n'est que lorsque la Chine commencera à exporter ses propres grands noms que le football chinois pourra enfin garder la tête haute.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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