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Français>>SportsMise à jour 12.02.2012 10h30
CAN-2012 : de l'union sacrée autour des Eléphants de Côte d'Ivoire à la récupération politique (SYNTHESE)

Une lézarde inattendue est apparue dans le bel unanimisme national autour de la sélection ivoirienne de football qui dispute dimanche la finale de la coupe d'Afrique des nations, pro-Gbagbo et pro-Ouattara tirant vers eux la couverture d'une éventuelle victoire des Eléphants.

Le président Alassane Ouattara s'est envolé samedi pour Libreville en vue d'assister au match Côte d'Ivoire-Zambie à la faveur d'une "visite d'amitié et de travail" qu'il effectuera au Gabon.

En 1992, alors le Premier ministre, M. Ouattara avait assisté à la victorieuse finale des Ivoiriens au Sénégal et était entré au pays avec les champions.

Alassane Ouattara a promis, cette fois aussi, de revenir "sans faute" avec la coupe à Abidjan.

UNE PROBABLE VICTOIRE QUI FAIT POLEMIQUE

Pour la députée Affoussy Bamba (proche d'Alassane Ouattara), une victoire des Eléphants dimanche va être "une belle preuve de démonstration que la Côte d'Ivoire est revenue sur le plan international avec les prouesses qu'a faites le président de la République (Alassane Ouattara) et ce que font les Eléphants dans leur domaine".

"Non à la récupération politique de la victoire des Eléphants", a réagi Damana Pickas, ex-leader de la jeunesse pro-Gbagbo en exil, dans un communiqué.

Soupçonnant le président Ouattara de vouloir "tirer des dividendes politiques de la probable victoire", il rappelle que l' équipe ne s'est pas construite en neuf mois.

Alassane est parvenu au pouvoir le 11 avril dernier après la chute du président sortant Laurent Gbagbo et les affrontements meurtriers consécutifs à l'élection présidentielle de novembre 2010.

Damana Pickas dénonce "un vaste projet de communication" qui est en train d'être élaboré par les "stratèges" de M. Ouattara pour "faire de la victoire de l'équipe nationale de football de Côte d'Ivoire en finale de la Can 2012, un catalyseur de sa propre victoire".

"L'équipe nationale actuelle, pour en arriver là, pour avoir ce niveau de performance, n'est pas tombée du ciel. Elle est le fruit d'un long travail, d'un encadrement suivi, d'une motivation sans faille, d'une volonté de construire, d'un travail plein de patience, conduit par le président Gbagbo, Jacques Anouma, ex- président de la FIF (Fédération ivoirienne de football) et toute leur équipe depuis environ 10 ans", fait-il savoir.

"Parachever l'oeuvre de Gbagbo et Anouma", titre à sa une samedi Notre Voie, le quotidien du Front populaire ivoirien (FPI, de M. Gbagbo) qui apporte de l'eau au moulin de Damana Pickas.

"En arrivant au pouvoir (en 2000), Laurent Gbagbo avait vu juste en mettant les moyens à la disposition de Jacques Anouma pour des Eléphants forts et conquérants", écrit le journal qui pense que leur consécration dimanche ne sera "tout simplement qu' un aboutissement du travail entamé depuis huit ans".

Le parti de M. Gbagbo avait insisté sur cette "réalité" dans une déclaration publiée avant le match des demi-finales de la Côte d'Ivoire mercredi contre le Mali.

"Le FPI tient à saluer et remercier tous ceux qui, depuis huit ans, avec clairvoyance et détermination, ont patiemment construit et modelé cette équipe afin de lui permettre d'atteindre le niveau de maturité qui est le sien aujourd'hui et qui ont toujours crû en ses capacités à nous ramener un jour la victoire finale", indiquait la déclaration.

GAGNER POUR RECONCILIER

La performance de l'équipe nationale à la CAN de cette année reste tout de même l'événement majeur qui rassemble l'ensemble des Ivoiriens qui veulent en faire un symbole de réconciliation après une décennie de crise politico-militaire ponctuée par les sanglants événements post-électoraux.

Pour l'imam Cissé Djiguiba, une victoire des Eléphants sera "un moment de catharsis pour les Ivoiriens, un moment de se retrouver spontanément en train de s'embrasser et de se saluer".

L'abbé Jean-Baptiste Kouakou pense également que "cette coupe va résoudre de nombreux problèmes, (que) tous ceux qui ne se parlaient pas, vont se parler".

Le Premier ministre Guillaume Soro ne dit pas le contraire.

Pour le chef du gouvernement, la victoire de la Côte d'Ivoire sera d'un atout essentiel pour une vraie réconciliation entre les Ivoiriens.

"Cette coupe, au-delà de l'aspect festif et sportif, va contribuer à resserrer les liens entre les citoyens ivoiriens et contribuera fortement à la réconciliation nationale", soutient-il.

Source: xinhua

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