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Français>>Sci-EduMise à jour 09.06.2011 15h32
Etudes à l'étranger : pour ou contre ?

Les étudiants de lycée de toute la Chine sont en train de passer le gaokao, l'examen annuel d'entrée à l'université, qui dure normalement trois jours. Chaque année à la même époque, étudiants et parents font face à une pression intense, tandis que professeurs et voisins - en fait la nation tout entière- leur apporte leur soutien. Car cette compétition féroce est de la plus haute importance.

Cette année, le nombre d'étudiants passant le gaokao est de 9,33 millions environ. C'était 9,46 millions en 2010 et 10,2 millions en 2009. Les raisons à ce déclin sont la baisse du taux de natalité et la populatité croissante des études à l'étranger.

La baisse du taux de natalité est un fait démographique froid, compte tenu de la stricte politique de planning familial de la Chine. Ce n'est pas le cas, en revanche, des études à l'étranger, un phénomène qui fait l'objet de débats animés. La raison de cette migration de jeunes n'est pour autant pas encore très claire.

Il existe en Chine un débat au sein des experts, des familles et des écoles sur le fait de savoir si les jeunes diplômés des lycées doivent ou non aller étudier à l'étranger. Pour de nombreux experts, la réponse est clairement non. Etudier à l'étranger est considéré comme risqué pour le développement normal de ces jeunes, et cela ne contribue pas nécessairement au succès futur de leur carrière professionnelle. Et de plus, cela constitue avec une quasi-certitude un fardeau financier excessif pour eux et leur famille.

Envoyer des jeunes étudier à l'étranger n'est pourtant pas chose nouvelle en Chine. Entre 1872 et 1875, la Dynastie Qing (1644-1911) a créé la Mission Educative Chinoise (MEC), qui a envoyé 120 jeunes garçons soigneusement sélectionnés, certains ayant seulement quatorze ans, pour étudier aux Etats-Unis. Nantis d'un nouveau savoir occidental, ils sont ensuite revenus en Chine pour servir leur pays. Ils devinrent diplomates, dirigeants d'affaires, officiers de marine qui se battirent pendant la guerre sino-française (1883-1885), ingénieurs comme Zhan Tianyou, qui construisit la première ligne de chemin de fer chinoise sans l'aide étrangère, ou diplomates comme Tang Guo'an, qui plus tard fonda la célèbre Université Tsinghua, qui fête son centenaire cette année.

L'expérience de la MEC s'est avérée être une réussite pour les raisons suivantes. La mission de la MEC était claire et sa mise en oeuvre précise. La qualité des étudiants était uniformément élevée. Elle était bien dotée par le Gouvernement Qing. De même, elle bénéficiait du soutien du Gouvernement américain et d'institutions comme l'Université de Yale. Les étudiants étaient chaperonnés et vivaient avec des familles américaines d'accueil attentives. Et enfin, et ce n'est pas un détail, l'exposition culturelle des étudiants était équilibrée, car durant leur séjour aux Etats-Unis, ils reçurent aussi des cours d'éducation confucéenne traditionnelle de la part de tuteurs de la MEC.

Même après 140 ans, l'expérience de la MEC peut encore servir d'exemple. L'éducation des étudiants chinois à l'étranger, et en particulier pour les étudiants de lycée, ne peut se montrer bénéfique que si des dispositions convenables sont prises. Aujourd'hui, étudier à l'étranger est un choix risqué pour les étudiants de lycée. Pour de nombreux étudiants et leurs parents, ces dispositions peuvent être mal conçues, inadéquates ou manquer de flexibilité pour s'accorder aux changements de circonstances. D'autres étudiants peuvent s'en sortir mieux, grâce à des aménagements et des prévisions adéquats destinés à faire face aux insuffisances scolaires, émotionnelles, sociales, financières et culturelles auxquelles ils peuvent faire face. Et en fin de compte, ce sont d'abord les parents qui sont les premiers responsables de ces aménagements en faveur de leurs enfants.

Aujourd'hui, beaucoup de ceux qui n'ont pas passé le gaokao sont des étudiants de très haut niveau, tandis que d'autres ne le sont pas. Les étudiants de haut niveau sont susceptibles de recevoir de multiples lettres d'admission en pré-licence de la part des meilleures universités étrangères. Quant aux étudiants de niveau moyen, ils peuvent être attirés par des institutions de bas de tableau avides de recevoir des étudiants étrangers mais qui ne sont pas capables de satisfaire à leurs besoins scolaires et personnels spéciaux.

De nombreux jeunes de 18 ans ne sont également pas suffisamment matures pour prendre soin correctement d'eux-mêmes. Ainsi, en avril, un jeune Chinois d'une famille riche a t-il été enlevé et sa Porsche a été volée, alors qu'il n'était dans une université de Boston que depuis quelque mois. Cela est en grande partie dû au fait qu'il exhibait de larges sommes d'argent et offrait de grandes tournées à ses amis aux alentours du campus. Fort heureusement, il a fini par être secouru par la police.

Et puis il y a aussi des étudiants qui ont des soucis financiers. Le même mois, un étudiant revenant d'une université japonaise a ainsi poignardé sa mère à l'aéroport de Shanghai après s'être disputé avec elle sur un problème de frais scolaires.

L'argent peut en effet être un fardeau. En avoir trop mais ne pas savoir comment le dépenser est un fardeau, ne pas en avoir assez et ne pas savoir comment procéder aux réajustements nécessaires est également un fardeau.

Passer le gaokao, entrer dans une université en Chine, travailler quelques années, puis enfin partir à l'étranger pour poursuivre ses études devrait être une approche plus solide pour un jeune plus mature. Les dispositions adéquates, toujours nécessaires, seraient alors moins difficiles à prendre que dans le cas d'études de pré-licence à l'étranger.

Passer le gaokao ou choisir d'étudier à l'étranger peuvent tous les deux être un bon choix. La question est de savoir « quand » et pour « qui ». Pour y répondre, il faut se connaître soi-même. Comme l' a fort bien résumé un expert, cette nécessaire connaissance de soi peut se résumer ainsi : "yin ren er yi, liang li er xing", que l'on peut traduire approximativement par : « utiliser différentes solutions pour satisfaire à des besoins différents. Ne faire que ce dont on est capable ».

L'auteur, Chang Chung-yue, enseigne la philosophie occidentale et chinoise à l'Université d'Etat Montclair, dans le New Jersey, aux Etats-Unis.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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