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Français>>Sci-EduMise à jour 31.03.2011 14h27
Qui de Baidu ou des internautes viole vraiement les droits d'auteur ?

Après que cinquante écrivains l'aient accusé de violer les droits d'auteur, Baidu a fini par s'excuser et promis de faire disparaitre des oeuvres incriminées. Mais du communiqué de la société, nous pouvons voir qu'elle s'en tient toujours à sa vieille logique, c'est à dire clamer que Baidu ne viole pas les droits d'auteur, mais qu'elle se contente d'offrir une plateforme aux internautes pour le partage de fichiers. En d'autres termes, c'est pas moi, c'est l'autre... ce sont les internautes qui violent les droits d'auteur, pas Baidu. Avec l'aide de cet argument et du principe légal correspondant de « port sûr », Baidu a une fois de plus échappé aux sanctions.

Bien sûr, les internautes qui chargent ou téléchargent des fichiers non autorisés devraient supporter les conséquences de leurs actes. Les écrivains et les compositeurs ont eux aussi des familles à nourrir, comme le célèbre bloggueur et écrivain Han Han le dit. L'argument selon lequel les livres sont trop chers ne tient tout simplement pas la route. Si tout le monde refusait de payer pour avoir un livre, plus personne n'en écrirait. En dépit de cette vérité évidente, cela prendra du temps pour éduquer les gens et leur faire prendre conscience de la valeur des droits d'auteur, en particulier ceux qui ont pris l'habitude de télécharger des fichiers gratuitement.

Mais si la question est de savoir si les internautes sont les seuls à blâmer, la réponse est non, définitivement. Baidu devrait assumer la responsabilité de ses actes, et cesser de jouer les innocents.

D'après Baidu, la bibliothèque en cause (Wenku en chinois) a été créée sur la base de l'« esprit de partage » d'internet et Baidu n'a pas cherché à tirer le moindre bénéfice économique d'elle. Regardons tout de même de plus près. Baidu n'est pas une oeuvre de bienfaisance, c'est une entreprise à la recherche de profits. Et Wenku rapporte d'énormes bénéfices publicitaires qui sont directement liés au nombre de clics sur le site.

Et contrairement à son communiqué selon lequel elle ne compile ni n'édite aucun des fichiers chargés, Baidu, en fait, classe les fichiers et donne des conseils. Et elle encourage les internautes à charger des fichiers en limitant les droits de téléchargement à ceux qui ont accumulé suffisamment de points en chargeant des fichiers. Ce qui en clair veut dire que Baidu ne se contente pas de jouer le rôle de fournisseur de services internet (ISP, Internet Service Provider), mais se comporte également en fournisseur de contenus internet (ICP, Internet Content Provider), ce qui bien sûr veut dire que le principe de « port sûr » ne s'applique pas dans ce cas.

Et par dessus tout, la plus grande différence entre Baidu et les internautes ordinaires qui utilisent Wenku, c'est que Baidu agit pour faire des bénéfices, tandis que la seule motivation des internautes est de télécharger des fichiers pour une utilisation personnelle. En ce sens, c'est Baidu qui a, et qui continue, à violer les droits d'auteur.

La question est à présent celle-ci : Baidu va t-elle continuer à agir ainsi ?

L'auteur, Gong Wen, est un universitaire invité à l'Ecole de Journalisme et de Communicaiton de l’Université Tsinghua.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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