C'était une journée ordinaire à l'école expérimentale de Tongxin pour les enfants de travailleurs migrants, avec les élèves qui font des exercices dans la cour de récréation après l'école, et leurs parents qui attendent au portail extérieur pour les amener à la maison.
Tongxin est une sorte de « produit dérivé » du système actuel d'éducation, qui lui-même a reçu l'héritage du système du hukou (户口) chinois qui ne date pas d'aujourd'hui, mais a été renforcé par Mao Zedong dans les années 1950 pour contrôler la migration des zones rurales vers les villes.
Depuis les réformes économiques des années 1980, les travailleurs migrants ont afflué dans les zones urbaines, mais n'ayant pas de permis de résidence local (hukou), ils étaient habituellement exclus des prestations sociales dans leurs villes adoptives, y compris la gratuité de l'éducation pour leurs enfants.
Sun Heng, ancien travailleur migrant, qui est désormais chanteur et travailleur social, a trouvé une somme de 75 000 yuans en 2005, pour créer l'école Tongxin sur le site d'une usine abandonnée à Picun, un village près de l'aéroport International de Beijing.
"Les travailleurs migrants travaillent dur toute l'année, et veulent que leurs enfants reçoivent une éducation, pour qu'ils puissent avoir une vie meilleure", explique Sun. "C'est pourquoi j'ai décidé d'ouvrir cette école."
Une école de 3 000 m2 de surface, avec des salles de classe qui ont l'air d'être miniaturisées, la cour d'école, une cafétéria et un dortoir, accueille environ 400 enfants.
Les étudiants de Tongxin payent 400 yuans par semestre pour maintenir l'école financièrement viable. Pourtant, ces frais de scolarité relativement bas forcent beaucoup d'enfants à rester chez eux. Tongxin repose largement sur un petit nombre de bénévoles dévoués et près de 20 jeunes enseignants fraîchement diplômés de l'école, dont la plupart ne restent pas longtemps en raison de la faible rémunération.
Mademoiselle Zhu, une jeune fille d'environ 20 ans, originaire de la province du Guangxi, a travaillé à l'école comme enseignante à temps plein pendant deux mois. "Je suis venue à Beijing avec mon petit ami. Il étudie à l'université de Beijing", dit-elle. "Je gagne 800 yuans par mois, ce qui est à peu près suffisant pour joindre les deux bouts."
"J'adore les enfants ici, mais il faut être réaliste. Si je reçois une autre offre, sauterais sur l'occasion et quitterai cet emploi", a-t-elle ajouté. Alors qu'elle était en train de parler, plusieurs enfants venaient lui dire au revoir.
Beijing, la maison d'accueil pour 500 000 enfants de travailleurs migrants sur les 20 millions ou plus dans tout le pays, a examiné des propositions d'inscription de ces enfants dans le système d'éducation public, mais n'a pas réussi à adopter des réformes radicales.
Actuellement, il y a environ 300 écoles pour enfants migrants à travers Beijing. Une fois diplômés, environ 1/3 de ces enfants retournent dans leurs villes natales pour poursuivre des études supérieures, 1/3 entrent dans les établissements techniques de la capitale, et les autres arrêtent simplement l'école pour chercher du travail.
"Les enfants de Tongxin ont de la chance", dit Sun "Sans cette école, ils auraient passé leurs journées dans la rue sans recevoir d'éducation correcte."
Source: le Quotidien du Peuple en ligne