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Français>>InternationalMise à jour 17.07.2012 16h25
Les ingérences extérieures pour obtenir un changement de régime ne sont pas une solution

L'égalité souveraine, la non-ingérence dans les affaires intérieures est une ligne jaune à ne pas franchir. Autorisez une intervention extérieure pour obtenir un changement de régime, et c'est le peuple de l'État concerné qui en paiera le prix et l'ensemble du système des relations internationales qui sera touché.

En ce qui concerne la Syrie, le seul moyen de sortir de cette situation est une solution politique. Les efforts de médiation, très difficiles, de l'envoyé spécial des Nations Unes, Koffi Annan, des retards dans la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU constituent des raisons importantes qui expliquent pourquoi certains pays n'ont pas encore renoncé à obtenir un changement de régime par le biais d'une intervention exterieure.

Le destin politique du gouvernement actuel de la Syrie ne peut être déterminé que par le peuple syrien. Et qu'il reste ou qu'il parte, si c'est le peuple syrien qui le décide, la communauté internationale se doit de respecter ce choix. C'est seulement si la volonté du peuple syrien est respectée que le sanglant conflit prolongé qui déchire ce pays pourra prendre fin au plus vite, et que l'idée de réconciliation nationale pourra être durablement garantie.

Qui doit avoir le dernier mot sur la façon doit être gouverné un pays ? Le peuple ou des forces extérieures ? Cette question ne concerne pas seulement la Syrie ; c'est une question d'une portée universelle. S'affranchir de ce principe, et c'est condamner le peuple de l'Etat concerné à endurer les pires souffrances. N'oublions pas l'expérience de la guerre en Lybie : si certains ont salué l'intervention de l'OTAN, la guerre qui a mis fin au « régime de Kaddhafi » en a fait d'une certaine manière un « héros », et des dizaines de milliers de Libyens innocents y ont perdu la vie. Voir le peuple libyen essayer d'effacer ces terribles blessures ne justifie t-elle pas qu'on y réfléchisse un peu ?

Les « équipes d'action » sur la Syrie ont récemment publié un « communiqué conjoint » qui précise clairement que les « institutions de transition » en Syrie doivent être englobées dans une reconnaissance mutuelle, avec pour base le gouvernement syrien actuel, l'opposition et d'autres partis. Une solution politique pour la Syrie aurait une grande signification pratique. Mais ignorer le consensus durement gagné grâce à l'« équipe d'action », et vouloir renverser le Gouvernement actuel en renforçant le soutien militaires aux parties au conflit, est-ce vraiment un comportement raisonnable ? Pour dire les choses un peu plus légèrement, ce n'est politiquement pas très sérieux ; par essence, le poids de la catastrophe humanitaire actuelle en Syrie porte en lui les germes du soi-disant « modèle d'intervention futur ».

Pour la plus puissante alliance militaire du monde, changer le régime politique d'un petit pays par la force est chose relativement aisée. Une intervention extérieure destinée à obtenir un changement de régime, et l'utilisation de la force pour empêcher une catastrophe humanitaire, cela témoigne à première vue d'un sens de la justice et de la responsabilité d'action. Mais on peut aussi se demander si voir, dix ans après un changement de régime dans un pays, les attaques et les explosions perdurer, n'est pas une catastrophe humanitaire, alors qu'est-ce donc ? Depuis le début de ce siècle, de nombreuses guerres ont montré que la « promotion de la démocratie » et « l'humanitarisme » ont été menées par des puissances extérieures à des fins personnelles. Ne pas permettre une intervention extérieure pour obtenir un changement de régime, ce n'est pas seulement faire preuve de responsabilité à l'égard du peuple du pays concerné, c'est aussi assurer le maintien de l'ordre international actuel. L'égalité souveraine, la non-ingérence dans les affaires intérieures sont des critères de base établis par la Charte des Nations Unies. Ce principe exprime le désir des peuples « d'épargner aux générations futures de l'humanité le fléau indicible de la guerre » et porte en lui un idéal, « être de bons voisins et vivre en paix ».

Suivre les règles de base de la Charte des Nations Unies, c'est faire montre de révérence envers la sagesse humaine, et les faire appliquer est également une pierre angulaire de l'édifice des Nations Unies. Dès le printemps 2003, lors des tentatives américaines pour convaincre le Conseil de Sécurité d'autoriser des frappes militaires contre l'Irak, Kofi Annan, alors Secrétaire Général de l'institution, avait prononcé ces mots : « Je sais que certaines personnes, sur la colline du Capitole à Washington, ont un point de vue différent sur la façon de traiter le problème de l'Irak, mais ce n'est pas une chose dont je dois me préoccuper. L'Organisation des Nations Unies ne saurait donner le droit à un autre pays de changer un président d'un pays. Au sein de notre organisation, cette façon de faire n'est pas légitime ».

L'ex-secrétaire d'État Henry Kissinger, qui a une nouvelle fois écrit dans le Washington Post en juin de cette année a rappelé le Traité de Westphalie signé par les pays européens en 1648, dont les dispositions interdisent de s'immiscer dans les affaires intérieures des autres pays. C'est là une loi d'airain à laquelle le monde doit adhérer, sinon il risque de plonger tôt ou tard dans l'enfer.

Aucun traité international ne donne le droit à un chef d'Etat étranger de forcer des dirigeants d'autres pays à démissionner, ou à leur faire prendre le pouvoir. C'est cette façon de faire pour traiter les affaires du monde qui est la pierre angulaire de l'édifice des Nations Unies, et pas les ingérences extérieures et la guerre pour obtenir un changement de régime.

Respecter le principe de promotion d'un règlement politique en Syrie, afin de promouvoir la stabilité de la situation au Moyen-Orient, est la position de base de la Chine. Cela témoigne de l'attention portée aux intérêts fondamentaux du peuple syrien, et reflète également le degré élevé de responsabilité de la Chine, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, en faveur de la paix mondiale.

Et c'est un euphémisme, n'est pas un politique sérieux ; par essence, le poids de la catastrophe humanitaire en Syrie porte en lui les germes du soi-disant « modèle d'intervention futur » .

Une intervention extérieure destinée à obtenir un changement de régime, et l'utilisation de la force pour empêcher une catastrophe humanitaire, cela témoigne à première vue d'un sens de la justice et de la responsabilité d'agir.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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