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Français>>InternationalMise à jour 20.06.2012 15h57
Élections législatives françaises : pour la gauche victorieuse, le plus dur reste à faire

Les résultats du second tour des élections à l'Assemblée nationale française, qui ont eu lieu le 17 juin, ont été publiés tout récemment. Conformément à ce qu'on pouvait attendre, lors du deuxième tour de scrutin, le Parti socialiste (PS) et ses alliés, en tête lors du premier tour de scrutin, a remporté 314 sièges sur 577 à l'Assemblée nationale, lui donnant la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Pour la première fois depuis très longtemps, la gauche dispose aujourd'hui de tous les pouvoirs en France.

Lors de l'élection présidentielle qui s'est déroulée le 6 mai de cette année, la gauche est sortie vainqueur, avec le succès de François Hollande, élu nouveau président de la République française. Le principal parti de droite l'UMP espérait que, lors des élections à l'Assemblée nationale, il obtiendrait la victoire, ce qui aurait entraîné la nomination d'un Premier Ministre de droite, et la formation d'une situation de cohabitation des pouvoirs en France. Ce vœu pieux n'a pas été exaucé.

Les résultats des élections sont officiels, et les médias français n'ont finalement pu que constater tout naturellement que M. Hollande va obtenir l'appui d'une majorité absolue à l'Assemblée Nationale, et proclamer que le « paysage politique de la France a été profondément modifié ». Cependant, le 18 juin, l'Agence France-Presse a de son côté publié un article qui mérite réflexion : « La majorité absolue, place au projet et à la crise ».

Certes, la gauche est victorieuse. Cependant, elle doit faire face à de graves réalités économiques et sociales auxquelles sont confrontées la France et l'Europe. La situation de la France est caractérisée par de mauvaises conditions économiques intérieures, une croissance atone, un taux de chômage proche de 10 %, une dette publique qui reste un niveau élevé. Cette situation va contraindre le Gouvernement à réduire les déficits publics pour stimuler la croissance économique. Mais ce sera plus facile à dire qu'à faire. Au début de la campagne électorale pour les présidentielles, M. Hollande a fait 60 promesses électorales, dont des hausses d'impôts et l'amélioration du taux d'emploi ; la mise en œuvre de ces engagements dès que possible par M. Hollande et le Parti socialiste ne manquera pas de mettre leur crédibilité à l'épreuve. En outre, la façon dont la France va gérer au quotidien la crise de la dette en Europe et maintenir la stabilité financière et économique de l'Europe devra faire l'objet d'une grande attention.

À cet égard, il faut dire que le nouveau chef du Gouvernement français est parfaitement au courant. Informé des résultats du vote, le nouveau Premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclaré : « Il y a beaucoup de travail devant nous ». Elizabeth Guigou ancien ténor du Parti Socialiste, a également dit : « Cette grande victoire nous donne aussi des responsabilités ». Cinq années de pouvoir, selon qu'elles seront bonnes ou mauvaises, décideront de l'éventuelle réélection de M. Hollande lors des prochaines élections présidentielles, mais elles détermineront aussi l'avenir du Parti Socialiste et sa capacité à poursuivre ses initiatives après les prochaines élections parlementaires; c'est donc dire si les socialistes seront surveillés de très près.

Lors de ces élections, il y a eu un phénomène populaire qu'on ne saurait passer sous silence. Le peuple français ne s'est pas montré enthousiaste à l'idée de participer aux élections à l'Assemblée nationale. Depuis 2002, lors des trois élections consécutives à l'Assemblée Nationale qui se sont succédé, le taux de participation n'a cessé de baisser. Cette année, lors du scrutin pour l'élection de l'Assemblée Nationale le taux de participation n'a été que d'environ 57%, bien inférieur au taux de plus de 80% enregistré lors de l'élection présidentielle. Cela montre clairement qu'une partie des Français est déçue de la politique et des politiciens. En outre, après une élection présidentielle plutôt animée, de nouvelles élections parlementaires qui ont suivi peu après ont généré d'un sentiment d'ennui chez les Français.

Un autre phénomène qui ne peut pas être ignoré, c'est le retour du parti d'extrême droite français - le Front national (FN) à l'Assemblée nationale. Les élections parlementaires lui ont accordé deux sièges, faisant entrer l'extrême droite à l'Assemblée Nationale pour la première fois depuis 1997. Le Front national a depuis toujours encouragé la xénophobie, préconisant la priorité nationale. Il a également toujours affiché un mépris égal pour la gauche et la droite traditionnelles. Mais ces dernières années, avec le ralentissement économique, le taux de chômage élevé en France, la puissance de ce parti a progressivement augmenté. Lors du premier tour des élections présidentielles française, la candidate du Front National, Marine Le Pen, fille du fondateur du parti Jean-Marie Le Pen, a remporté 17,9 % des voix, faisant du Front National la troisième force politique en France. Les élections parlementaires actuelles on en outre consacré la montée de ce parti dans la vie politique française. Ce phénomène causé par la montée du populisme ne doit pas seulement faire l'objet de la vigilance des citoyens, il constitue aussi un problème pour la gauche française.
L'agitation des élections se disperse. Le nouveau président de l'Assemblée nationale va bientôt être élu. Le nouveau Gouvernement va commencer à travailler. L'UMP, principal parti de droite, va progressivement s'adapter à son nouveau rôle de parti d'opposition. C'est une conclusion à laquelle on ne peut échapper. Pour la gauche, l'heure est arrivée d'écrire une nouvelle page de son histoire. (Fin)

Auteur : Ren Yaqiu

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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