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Français>>InternationalMise à jour 13.06.2012 15h28
Quelle forme va prendre la politique étrangère du nouveau gouvernement français ?

François Hollande a prêté serment le 16 mai en tant que nouveau président de la France, et le nouveau Gouvernement français a été nommé dans la foulée, avec Jean-Marc Ayrault comme Premier ministre. Quel type de politique le nouveau Gouvernement va-t-il choisir en matière d'affaires étrangères ? Ses relations avec les autres grands pays seront très instructives à ce sujet. Cela peut être un sujet de préoccupation pour beaucoup de personnes.

Concernant la politique étrangère de la nouvelle administration, l'opinion de la France est souvent définie par cette expression : la doctrine de Gaulle - Mitterrand. Le socialiste François Mitterrand a été Président de la République pendant deux mandats entre 1981 et 1995, période pendant laquelle il a dirigé une politique étrangère héritée du président Charles de Gaulle, celle d'une politique étrangère indépendante. M.Mitterrand avait d'ailleurs exprimé des paroles qui sont restées : «S'agissant des relations avec les pays les plus puissants du monde, nous avons besoin d'être indépendants». 17 ans après la fin de l'ère Mitterrand, François Hollande, dont le Gouvernement émane aussi du Parti socialiste va-t-il poursuivre une ligne de politique étrangère indépendante ? Jetons un coup d'œil aux récentes déclarations du nouveau chef de la politique étrangère de la France, Laurent Fabius.

Dans son récent entretien avec le quotidien français « Le Monde », sa réponse à la façon de traiter la question sensible des relations avec les États-Unis, la réponse de M. Fabius a été la suivante: « S'agissant des relations avec les États-Unis, nous sommes un allié solide, mais nous ne sommes pas alignés sur eux ». Il a ajouté : « La France est un pays qui a des caractéristiques et des valeurs communes bien établies ». C'est exactement ce que revendiquaient de Gaulle et Mitterrand. Bien sûr, cela ne signifie pas que la France fera aujourd'hui ce que fit naguère Charles de Gaulle, quitter une fois de plus le commandement militaire intégré de l'OTAN. Mais il est certain que la France prendra, dans une certaine mesure, ses distances avec l'OTAN. La France, par exemple, a annoncé le retrait rapide de ses troupes de la Force Internationale d'Assistance et de Sécurité de l'OTAN en Afghanistan cette année. S'agissant de la question nucléaire iranienne, les Français vont aussi adoucir leur position, qui sera d'essayer de « convaincre », plutôt que de défendre activement l '« intervention militaire ». En outre, le ministre français des Affaires étrangères a également insisté sur la construction de l'Europe, préconise le renforcement du rôle de l'Union européenne, dont la France et l'Allemagne sont le moteur. La couleur atlantiste que le Gouvernement Sarkozy avait donné à la France est ainsi plus légère.

Exemple récent des différences entre la France et les Etats-Unis, le Ministre français des Affaires étrangères a adressé le 5 juin dernier de vives critiques au président américain Barack Obama, lui reprochant d'ignorer les faits et de mettre les problèmes économiques de l'Amérique sur le dos de la crise de la dette en Europe, oubliant que la crise de la dette de l'Europe trouve ses origines aux États-Unis. Ce qui semble être une guerre des mots ordinaire, en fait, reflète une méfiance et une différence mutuelles. Je pense que ce type de frictions risque de se multiplier à l'avenir. Mais peut-être que le lecteur est plus préoccupé par les tendances de la politique française envers la Chine dans le futur. L'auteur estime que, face à une Chine de plus en plus puissante, face à son influence grandissante sur la scène internationale, la France sera tenue d'adopter une attitude coopérative et pragmatique. Répondant à la question d'un journaliste du quotidien français « Le Monde » au sujet de la politique que le Gouvernement français poursuivra au sujet de la Chine, M. Fabius a déclaré : « Nous sommes évidemment favorables à la collaboration avec ce pays, pour l'établissement de relations étroites, et les relations mutuelles ne connaîtront pas d'autre chemin ». Cette phrase veut dire que, même si jamais les relations avec la Chine n'étaient pas meilleures que sous l'ère Sarkozy, elles ne seront de toute façon jamais plus mauvaises qu'elles ne l'ont été à cette époque.

La perception de la Chine du Parti socialiste français est depuis longtemps que sa teinture idéologique est relativement forte, qu'il aime parler des droits de l'homme, du Tibet et d'autres questions sensibles. Toutefois, selon des informations en provenance du Quai d'Orsay (l'endroit où se trouve le Ministère français des Affaires Etrangères, et par extension le Ministère en lui-même), la France devrait adopter une attitude prudente face à ces questions. Pendant les deux mandats de François Mitterrand, M. Fabius fut successivement Premier ministre et Président de l'Assemblée Nationale française. Autrement dit, il a une certaine expérience des questions concernant la Chine. Au moins sait-il que si ces questions sensibles sont mal traitées, la France en subira les conséquences. En outre, le maintien du cours normal des affaires étrangères et des relations de coopération entre les deux pays sera bénéfique tant pour la France que pour la Chine. Victime d'un ralentissement économique et d'un taux de chômage élevé, la France a besoin du marché chinois, comme elle aura besoin de l'aide de la Chine dans le règlement de la crise de la dette en Europe. Aussi, il est peu probable que le gouvernement de François Hollande persiste dans une attitude « hostile » à la Chine tant que la crise économique ne se sera pas dissipée. Les relations de la France continueront à aller de l'avant et suivre le chemin qui était le leur.

S'agissant de la tendance future de la diplomatie française, regardons ce que la diplomatique français fait. M. Fabius s'est exprimé de façon très claire. Il a dit : « Le souhait de François Hollande est de revitaliser la politique générale du pays. La politique étrangère de la France sera pleinement au service de cet objectif ». Renforcer le potentiel économique de la France, son statut diplomatique et militaire et l'impact de sa langue et de sa culture devrait être l'objectif principal du nouveau Gouvernement français dans l'avenir. Les graves problèmes économiques de la France sur le plan intérieur ne lui permettent pas d'avoir un front étendu plus longtemps. Par conséquent, dans le traitement des affaires internationales, la France va très probablement s'engager de moins en moins dans des interventions militaires directes et mettra davantage l'accent sur le règlement politique des conflits internationaux et au Moyen-Orient. La politique étrangère de la France devrait avoir tendance à être empreinte de constance et de pragmatisme.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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