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Français>>InternationalMise à jour 08.05.2012 08h22
Pourquoi Hollande a remporté la présidentielle française ? (ANALYSE)

Alors que Nicolas Sarkozy a reconnu sa défaite et que François Hollande s'est engagé à servir de son mieux le pays, la présidentielle française semble être une affaire conclue, même s'il faudra encore attendre quelques jours pour obtenir les résultats officiels détaillés.

Au second tour de la présidentielle, le 6 mai, François Hollande l'a emporté avec environ 51,6% des voix (dernier résultat fourni par le ministère de l'Intérieur), devant son adversaire, le président sortant Nicolas Sarkozy.

Le candidat du Parti socialiste (PS) français, François Hollande, a donc été élu président dimanche, marquant le retour de la gauche au pouvoir dans l'Hexagone, après 17 ans de domination de la droite à l'Elysée.

François Hollande, dont c'était la première candidature, devient ainsi à 57 ans le septième président de la Ve République, et le deuxième président de gauche, 31 ans après l'élection de François Mitterrand à l'Elysée en 1981.

L'inquiétude des Français par rapport à la morosité économique ambiante et aux perspectives d'austérité annoncées, la personnalité "bling-bling" de Nicolas Sarkozy, qui a déplu à beaucoup, ainsi que son incapacité à tenir les promesses faites pendant la campagne présidentielle de 2007, sont autant de facteurs ayant contribué à faire entrer le leader socialiste à l'Elysée, d'autant plus que celui-ci s'est attaché au cours de sa campagne à se présenter comme étant tout le contraire de son rival, estiment les analystes.

Si l'on examine le mandat de Nicolas Sarkozy au cours des cinq dernières années, la récession économique mondiale à partir de 2008, puis la crise de la dette souveraine dans la zone euro à partir de 2009 ont forcé le président à abandonner sa posture de réformateur et à se transformer en "pompier", avant d'être finalement évincé, tout comme dix autres leaders européens depuis l'éclatement de la crise.

La croissance stagne, la dette publique a grimpé en flèche, et surtout, le taux de chômage a atteint 10%, un taux record en 13 ans, qui contraste fortement avec les 5% promis par M. Sarkozy.

Pour ajouter l'insulte à l'injure, le comportement tapageur de M. Sarkozy, souvent rapporté en détails par les médias internationaux, lui a valu la colère de nombreux électeurs, y compris certains de ses plus anciens partisans, qui ont fini par lui tourner le dos, faisant de M. Sarkozy le premier président à ne pas être réélu en plus de 30 ans.

"Je vote pour Hollande, non parce que je suis pour lui, mais parce que je suis contre Sarkozy", déclare ainsi Marjorie Besson, 29 ans, travailleuse sociale et électrice inscrite à Paris.

M. Hollande a bien compris que l'élection était en quelque sorte un référendum pour ou contre M. Sarkozy, ce qui n'a au final pas été une mauvaise stratégie, commente Eddy Fougier, un expert de l'IRIS, un centre de recherche français sur les questions internationales et stratégiques.

"Du point de vue du public, Sarkozy n'a pas convaincu en termes sociaux et économiques, et son style personnel est inapte à incarner la fonction présidentielle", a déclaré M. Fougier dans une interview accordée à Xinhua.

Exploitant au mieux le désavantage de son rival, M. Hollande a réussi à promettre la justice sociale et la croissance économique, tout en se présentant comme l'exact opposé de M. Sarkozy, ou selon sa propre formulation, comme "un président normal" .

L'avance de M. Hollande au premier tour du scrutin avait posé des bases solides en termes de moral et de stratégie. Le leader d'extrême-gauche Jean-Luc Mélenchon ne s'étant classé que cinquième, François Hollande n'a pas eu à courtiser les électeurs d'extrême-gauche et à risquer de perdre les voix des centristes.

M. Sarkozy, de son côté, s'est retrouvé confronté au dilemme de devoir soit courtiser l'extrême-droite, dont la leader Marine Le Pen avait remporté 18% des voix au premier tour, soit sécuriser les votes centristes.

En termes de performances pendant la campagne électorale, M. Sarkozy a déclaré sa candidature très tard et n'a pas présenté de programme spécifique pendant une longue période, tandis que M. Hollande s'est montré actif du début jusqu'à la fin. Sa position a encore été renforcée après le premier tour par le refus de Mme Le Pen et du centriste François Bayrou de soutenir M. Sarkozy au second tour.

Comme l'a déclaré M. Hollande pendant sa campagne, il n'a jamais sous-estimé M. Sarkozy, alors que le président sortant a fait l'erreur de sous-estimer son rival.

M. Hollande devient ainsi le premier chef d'Etat socialiste depuis François Mitterrand, qui a quitté ses fonctions en 1995, rejoignant une minorité de gouvernements de gauche en Europe.

En tant que plus grand parti de gauche en France et important moteur de la vie politique française depuis plus d'un siècle, le Parti socialiste s'est toujours présenté comme le gardien des droits des citoyens, de la démocratie, de la liberté et de l'égalité. Le PS semble ainsi une bonne option pour de nombreux électeurs, rendus inquiets par la crise économique et sociale et par les promesses d'austérité de l'UE.

Selon le professeur Phillipes Moreau Defarges, un politologue français, l'ambition principale de François Hollande était de "détruire le centre-droite, afin d'imposer le Parti socialiste comme un parti dominant dans la vie politique française".

"La crise actuelle a, de fait, amélioré les chances de M. Hollande", a-t-il ajouté.

S'adressant dimanche soir à une foule de partisans, le président sortant Sarkozy a déclaré qu'il était "entièrement responsable de sa défaite", et qu'il souhaitait à M. Hollande "bonne chance".

Source: xinhua

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