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Français>>InternationalMise à jour 07.03.2012 11h03
Le rééquilibrage des relations extérieures de la Russie

La position géopolitique de la Russie, pays qui compte 10 fuseaux horaires et qui s'étend sur plus de 11 000 kilomètres d'Est en Ouest, lui impose une approche équilibrée quant au développement de ses relations Euro-Atlantique et Asie-Pacifique.

Historiquement, les cultures européenne et chrétienne orthodoxe ont formé les fondements de la civilisation russe, mais des éléments venant d'Asie, y compris l'influence culturelle de nombreuses nations turques voisines, ainsi que des grandes civilisations chinoise, indienne et iranienne, ont finalement par se mêler de façon organique à la culture russe, et dans leur manifestation commune dans le pays sont aujourd'hui perçus comme autochtones à la Russie.

La question de l'identité euro-asiatique de la Russie est d'une importance capitale. Elle joue un rôle important dans l'élaboration de stratégies de politique intérieure et étrangère. Souligner l'identité européenne de la Russie se traduirait par une orientation euro-centriste de sa politique intérieure, une attitude quasi-coloniale quant au développement des régions de la Russie de l'Est et une attention insuffisante portée à ses relations avec ses voisins asiatiques.

Un simple coup d'œil à une carte montrant le réseau de pipelines de pétrole et de gaz courant de la Sibérie à l'Europe et le seul oléoduc vers l'Orient est la preuve du parti pris politique et commercial précédent en faveur de l'Europe.

Cette approche orientée vers l'Europe a été rompue après l'élection de Vladimir Poutine au poste de président en l'an 2000. « La Russie est un Etat important et complexe situé à la fois en Asie et en Europe. La Russie s'est toujours appuyée et s'appuiera toujours sur ses deux ailes d'Europe et d'Asie, et cela d'autant plus lorsque nous parlons par exemple d'un pays puissant comme la République populaire de Chine », avait-il dit, peu de temps après avoir été élu président à l'époque.

Au cours de sa toute récente campagne électorale, Vladimir Poutine a publié une série d'articles sur les questions de politique étrangère et intérieure, dans lesquels il souligné à maintes reprises les priorités de la Russie en matière de d'orientation de sa politique étrangère et a insisté sur la nécessité d'un développement équilibré des relations de la Russie avec l'Europe et l'Asie, y compris avec les Etats voisins du Sud et d'Asie centrale.

Dans un article intitulé « la Russie et le monde en mutation », Vladimir Poutine a pour la première fois mis en avant les relations avec la région Asie-Pacifique. Il a souligné avec force que la Chine est le plus grand voisin de la Russie et son voisin ayant la croissance la plus dynamique et que l'émergence de la Chine n'est pas une menace mais plutôt un défi stimulant. Dans l'esprit de Vladimir Poutine, la coopération russo-chinoise apportera de grandes opportunités à l'émergence de la Russie.

L'accent mis par Vladimir Poutine sur les relations avec la région Asie-Pacifique est prédéterminée par les faits suivants : premièrement, l'Asie de l'Est, en fait l'ensemble de la région Asie-Pacifique, s'affirme de manière de plus en plus efficace en tant que nouveau centre politique et économique mondial représentant plus de 50 % de la croissance du PIB mondial. Deuxièmement, l'influence croissante de la région en fait une occasion particulièrement opportune pour construire le potentiel économique des régions orientales de la Russie. Par conséquent, Vladimir Poutine et son équipe concentrent toujours leur attention sur la nécessité d'accélérer la croissance économique de la Sibérie et de l'Extrême-Orient russe, et de développer de façon globale les relations de la Russie avec ses voisins d'Asie, en particulier avec la Chine, qui est devenue une force majeure de stabilisation de la croissance économique mondiale et un partenaire fiable.

Dans ce contexte, il est intéressant de noter la valeur des relations économiques russo-chinoises, qui sont passées d'un peu plus de 5 milliards de Dollars US en 2000 à plus de 80 milliards de Dollars US en 2011. Lors de leur 16e réunion, les 11 et 12 octobre 2011, les premiers ministres russe et chinois ont évoqué les mesures destinées à développer davantage les relations commerciales et économiques entre les deux pays. L'objectif est d'arriver à un volume de commerce bilatéral de 100 milliards de Dollars US d'ici à 2015 et de 200 milliards de Dollars US d'ici à 2020. La réalisation de ces objectifs permettra aux deux pays d'utiliser plus efficacement la synergie de leurs deux économies, qui sont complémentaires, et d'élaborer des mécanismes mutuellement acceptables et efficaces de co-développement économique.

Sur les questions internationales, la coopération russo-chinoise a contribué à empêcher une escalade grave des tensions dans la péninsule coréenne et de promouvoir activement l'intégration en Asie-Pacifique par le biais d'un dialogue politique. La Russie et la Chine ont également coopéré de façon productive dans le cadre de l'ONU sur les crises du Moyen-Orient et d'autres problèmes mondiaux. Conséquence de leur interaction stratégique et de leur partenariat, la Russie et la Chine élaborent activement des plans et des actions coordonnées pour assurer la sécurité mutuelle et la stabilité internationale. Ceci est amplement démontré par leurs positions sur leur intégrité territoriale mutuelle et sur leurs approches sur la question du nucléaire en Iran et en République Populaire Démocratique de Corée. Les deux pays restent toujours en faveur de la construction d'un système ouvert, transparent et équitable de sécurité et de coopération dans la région Asie-Pacifique, et la réalisation de l'initiative conjointe russo-chinoise sur la coopération dans le renforcement de la sécurité en Asie-Pacifique, présentée par les deux présidents en septembre 2010,.

Tout ceci laisse penser que la Russie fera toujours et fermement faire avancer la construction et le développement, éprouvés par le temps, des relations de bon voisinage, d'amitié et de partenariat avec la Chine.

L'auteur est Président de l'Association pour l'Amitié Russie-Chine et Directeur de l'Institut d'Etudes d'Extrême-Orient, affilié à l'Académie des Sciences de Russie.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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