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Français>>InternationalMise à jour 29.02.2012 15h40
Pourquoi l'Europe nourrit-elle une telle haine implacable contre la Syrie ?

La Syrie se trouve actuellement dans l'abîme des crises et face à cette situation plusieurs puissances européennes traditionnelles, dont principalement la France et la Grande-Bretagne, se font une fois de plus remarquer en se lançant en avant pour donner l'assaut, ce qui est complètement différent de l'ancienne pratique de l'intervention internationale selon laquelle les Etats-Unis se chargeaient de prendre la décision en tant que chef de file, tandis que l'Europe suivait de près fidèlement.

Ces dernières années, la France, la Grande-Bretagne et d'autres puissances occidentales se font de plus en plus remarquer en donnant des coups de poing et des coups de pied par-ci par-là hors de l'Europe, ce qui était rarement vu dans le passé. La réalité c'est que l'Europe, qui souffre énormément de la crise de la dette, est en train de la faire retomber sur autrui. Dans la situation où les sources de biens et des avoirs se tarissent et sont en voie d'épuisement, les bons moments où les pays européens subsistaient en faisant des emprunts commencent à disparaître et arrivent à leur fin. Quant aux Etats-Unis, ils connaissent à peu près les mêmes problèmes et les mêmes difficultés que l'Europe. Du plus grand et plus important pays industrialisé du monde d'alors, ils sont devenus à l'heure actuelle la plus grande entité économique capitaliste fictive. Le souhait et le désir communs de l'Europe et des Etats-Unis sont de préserver et de maintenir leur hégémonie monétaire et de faire valoir leur puissance militaire pour pouvoir contrôler et dominer les principales zones mondiales de l'économie réelle, ainsi que les principales régions riches en ressources naturelles et les principales voies de distribution.

Dans cette situation-là, les ressources pétrolières et gazières du Moyen-Orient sont devenues pour eux d'une importance primordiale. Pour l'Europe, il est nécessaire pour elle non seulement d'assurer un approvisionnement stable et garanti du pétrole et du gaz de la région du Moyen-Orient vers l'Europe, mais en plus elle doit promouvoir la combinaison de lesdites ressources avec l'euro. Pour les Etats-Unis, ce qui l'importe le plus, c'est de profiter du changement du pouvoir politique pour transformer la structure géopolitique du Moyen-Orient, ce qui leur permettra alors de contrôler et de maîtriser les ressources de pétrole et de gaz ainsi que les voies stratégiques de toute la région et de garantir ainsi que ces ressources n'échappent et ne se détachent pas du système financier du dollar américain.

Il existe en fait une autre raison non négligeable, à savoir que la structure géopolitique de la région du Moyen-Orient connaît ces dernières années une évolution de plus en plus défavorable pour les pays occidentaux. Cette situation défavorable est traduit principalement par le comportement de certains pays de la région, lesquels ou bien disposent de riches ressources de pétrole et de gaz ou bien se trouvent sur des nœuds importants de communication, qui commencent à agir en complicité sur le plan économique et à entretenir des intelligences sur le plan politique, tandis que leurs échanges avec des pays non européens ni américains deviennent de plus en plus fréquents, ce qui est inadmissibles ni inacceptables pour l'Occident. On peut citer comme exemple la Turquie qui a entamé avec d'autres pays la diplomatie dite « zéro problème », ce qui lui a permis de se réconcilier avec ses adversaires d'antan, dont l'Iran et la Syrie. Le Président syrien Bachar el-Assad a mis au point en 2009 la « stratégie universelle » qui a pour but de réorganiser l'espace économique de plusieurs pays, dont principalement la Syrie, la Turquie et l'Iran, afin qu'ils puissent constituer en un centre commercial qui relie la Mer noire, la Méditerranée, le Golfe persique, la Mer arabe et la Mer caspienne. L'idée du Président syrien a été bien accueillie de plusieurs pays, dont la Turquie, l'Iran et la Russie, et celui-ci a en plus formulé le souhait de construire un pipeline et un chemin de fer partant de l'Inde, traversant la Chine te les pays de l'Asie centrale pour atteindre le Moyen-Orient, ce qui favorisera alors le développement économique du pays en l'unissant avec les deux ailes asiatiques.

On peut prévoir qu'avec la réalisation de cette idée, il serait alors non seulement facile de réorganiser la région du Moyen-Orient pour qu'elle devienne une nouvelle plaque tournante économique et politique, mais en plus elle permettra de réunir cette région à une partie des régions de l'Asie occidentale et de l'Asie centrale. Une fois l'établissement de ce nouveau réseau, l'Asie pourrait alors pour la première fois se détacher et se séparer sur le plan économique du cadre occidental et par la suite de ne plus être sur le plan politique sous le contrôle extérieur et de devenir ensuite un réseau économique réunissant réellement l'Est et l'Ouest. La nouvelle situation constituera certainement une sorte de défi pour le rôle dominant et prépondérant joué par les Etats-Unis et les pays européens et affaiblira ainsi leur position dominatrice dans la politique mondiale.

Il est de toute évidence que ces derniers (Etats-Unis, Europe) ne toléreront aucunement l'apparition de cette situation et, à cet effet, ils prendront toutes mesures nécessaires pour l'empêcher, pour lui faire obstacle et pour y mettre fin. Dans tous ce processus de développement, la Turquie constitue en réalité une victime dont les intérêts sont touchés, car, étant donné que l'ombre du passé existe toujours entre les pays arabes et l'Empire ottoman, ce n'est qu'en coopérant avec l'Iran et la Syrie qu'elle pourrait alors jouer un rôle plus active et plus positive dans les affaires régionales. C'est pourquoi l'actuelle nette séparation entre la Turquie et la Syrie est seulement une mesure politique temporaire permettant aux deux parties concernées de se tirer d'embarras momentanément et de ne pas subir une défaite totale.

(Auteur de cet article : Cheng Yawen, chercheur au Centre d'études de la sécurité non traditionnelle et du développement pacifique de l'Université du Zhejiang)

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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